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Nutrition
et prévention cardio-vasculaire : les enjeux à
connaître et les recettes
Colloque en Nutrition
MEDEC, Jeudi 14 mars 2002
Intervenants : Professeur Eric BRUCKERT, Docteur Philippe
GIRAL, Professeur Nicolas DANCHIN.
Rédaction : Dr Françoise
Girard
Le Programme National Nutrition-Santé
(PNNS), qui a été mis en place en 2001 sous l'égide du
Ministère de la Santé, représente un des plus grands programmes
de santé publique dans le domaine de la nutrition. Son rôle
a été de mettre en avant les inadaptations des apports alimentaires,
et d'évaluer leur déterminisme.
Il apparaît que les maladies cardio-vasculaires, les tumeurs
malignes, l'obésité, l'ostéoporose, le diabète, l'hypercholestérolémie
ont un co ût économique qui justifie la mise en place
d'actions par le PNNS, actions qui doivent promouvoir dans
l'alimentation les facteurs de protection et réduire l'exposition
aux facteurs de risque vis-à-vis des maladies chroniques et
ce au niveau des différents groupes.
Les objectifs, fixés pour les 5 ans à venir, visent :
- à réduire d'au moins 25 % le nombre des petits consommateurs
de fruits et légumes,
- diminuer de 25 % la population des sujets ayant des apports
calciques en dessous des apports nutritionnels conseillés,
- réduire la moyenne des apports lipidiques à moins de 35
% des apports énergétiques journaliers,
- augmenter la consommation de glucides afin qu'ils contribuent
à plus de 50 % aux apports énergétiques journaliers en favorisant
la consommation d'aliments sources comme l'amidon, en réduisant
la consommation des sucres simples et en augmentant de 50
% celle de fibres,
- réduire la consommation d'alcool qui ne devrait pas dépasser
20 g d'alcool/jour,
- augmenter l'activité physique dans les activités de vie
quotidienne par une amélioration de 25 % du pourcentage des
sujets faisant, par jour, l'équivalent d'au moins 1/2 h de
marche rapide par jour,
- réduire de 20 % la prévalence du surpoids et de l'obésité
et en s'intéressant particulièrement aux enfants.
Ces mesures ne s'appuient
d'aucune façon sur le mode de l'interdit, mais bien plus volontiers
sur celui de l'information pour la promotion de comportements
favorables à la santé.
Les actions prévues sont simples
: l'apparition du logo "PNNS", la mise à la disposition d'un
guide alimentaire, l'organisation de campagnes de communication,
la mise en place de mesures contribuant à éduquer le jeune
consommateur dès l'école, le développement de recommandations
pour la pratique clinique dans le domaine du dépistage, la
mise au point de synthèses actualisées sur les relations nutrition
et santé.
Actuellement, la mise en place du PNNS amène la France qui
souffrait d'une absence totale de politique nutritionnelle
à une situation de pointe tout-à-fait innovante dans le domaine
de la prévention nutritionnelle des maladies chroniques et
l'optimisation de l'état de santé. ( Voir le site)
Le Professeur BRUCKERT rappelle
que l'identification du LDL-cholestérol, comme facteur de
risque majeur, n'est pas à reprouver.
Le taux de LDL-cholestérol est devenu la cible thérapeutique
principale chez les sujets dyslipidémiques pour réduire le
risque de maladie cardio-vasculaire et actuellement. Les résultats
de l'étude HPS montrent que tous les patients à haut risque
relèvent d'une prise en charge thérapeutique par statine.
L'élévation de la triglycéridémie est une cible thérapeutique
moins importante, mais le dosage des particules remnantes,
plus athérogènes, devrait être amélioré dans les années à
venir.
Le taux de HDL-cholestérol sert essentiellement à situer
le risque d'un individu mais ne peut être une cible thérapeutique
en lui-même, bien que l'on remarque que les sujets, dont le
HDL est inférieur à 0,35 g/l, ont un risque cardio-vasculaire
triplé.
Les seuils d'intervention différents doivent être mis en place
en fonction des individus, tout en sachant qu'il existe une
relation très forte entre le risque vasculaire et le bénéfice
à attendre d'une baisse du LDL-cholestérol. En effet, le bénéfice
ne dépend qu'en partie du taux de cholestérol puisque une
grande étude ciblant les sujets hypoHDLémiques (étude AGCAPS-TexCAPS)
met en évidence que la baisse du LDL-cholestérol s'accompagne
d'une baisse de 37 % des événements cardio-vasculaires alors
que la cholestérolémie de la population traitée est proche
de la cholestérolémie de la population française adulte normale.
La notion de seuil vient donc de l'évaluation du rapport bénéfice
et risque au sens large. La notion de seuils d'intervention
et d'objectifs de traitement doivent être intégrés.
Il existe donc une indication à une hypolipidémie quant le
LDL-cholestérol reste supérieur à 220 mg/dl, quand le LDL-cholestérol
reste supérieur à 190 mg/dl et qu'il existe un facteur de
risque majeur quand le LDL-cholestérol reste supérieur à 160
mg/dl et qu'il existe deux facteurs de risque majeurs et enfin
chez tous les adultes dont le LDL-cholestérol reste supérieur
à 130 mg/dl et ayant présenté une coronaropathie ischémique
ou qui présentent 3 facteurs de risque.
Ces recommandations ne sont bien sûr que des indications et
ne doivent pas dispenser d'une certaine extrapolation. L'évaluation
du risque est malheureusement souvent grossière car tous les
paramètres ne sont pas intégrés, notamment le tabagisme sous-jacent.
Modifier les habitudes alimentaires pour influer sur le LDL-cholestérol
relève de la prévention par la nutrition et il apparaît que
les différences de morbimortalité cardio-vasculaires entre
pays ou régions sont liées à un mode de vie et à un environnement.
Il est évident que doit être intégré la notion de complémentarité
entre nutrution et médicament. Il est également prouvé par
le résultats des études nutritionnelles, que l'alimentation
modifie le métabolisme des lipides, que la modification des
lipides sanguins peut être obtenue par des mesures alimentaires
à la fois de type qualitatif et quantitatif, et qu'existe
une très probable synergie entre les acides gras oméga
3 et les effets antioxydants des flavonoïdes.
En effet, toutes les variables nutritionnelles se potentialisent
et vraisemblablement l'approche paranutritionnelle des dyslipidémies
est une voie d'avenir puisqu'on remarque qu'il existe un groupe
de substances hétérogènes intégrant les Phytostérols, le Soja
et l'Avoine qui sont aptes à faire diminuer les chiffres.
Il n'est donc pas inconcevable d'imaginer que certains patients
hypercholestérolémiques puissent utiliser des nutriments hypocholestérolémiants.
Il n'en reste pas moins que le traitement par Statine n'est
pas toujours bien toléré et l'intérêt des solutions alternatives,
mis en évidence dans l'étude Heart Protection Study, fait
apparaître le bénéfice de traitements hypolipidémiants par
le biais de régimes de type méditerranéen ainsi que l'intégration
de stérols végétaux dont l'apport paraît particulièrement
prometteur compte-tenu de leur rôle dans la diminution de
l'absorption intestinale de cholestérol alimentaire et du
cholestérol biliaire. Les résultats sont très homogènes sur
les taux de LDL-cholestérol alors que les taux de LDL-cholestérol
et de triglycérides sont restés stables et que la tolérance
a été excellente.
A partir des données de la littérature, il apparaît que l'utilisation
des stérols végétaux peut être bénéfique, non seulement en
prévention primaire mais également en prévention secondaire
car elle pourrait permettre d'atteindre avec plus de facilité
les taux sériques recommandés.
Cependant, la véritable validation de l'effet bénéfique des
stérols végétaux nécessitera d'authentiques études de morbi-mortalité.
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