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Le paracétamol
et la morphine : deux solutions thérapeutiques de première
intention dans les douleurs rhumatologiques
MEDEC,
13 mars 2002
Intervenant : le Professeur Richard TREVES
Rédaction : Dr Françoise
Girard
Le point sur 2 antalgiques
de catégorie différente a été fait par l'équipe du CHU de
Limoges.
Le paracétamol est l'antalgique de première intention
dans le traitement des douleurs rhumatologiques car c'est
un antalgique inoxydable.
Les recommandations de l'EULAR ont insisté sur l'utilisation
comme antalgique de première intention compte-tenu d'une efficacité
démontrée et d'une excellente tolérance. Son efficacité est
superposable à celle de l'ibuprofène et sa tolérance est bien
supérieure, induisant un rapport bénéfice/risque excellent.
Les interactions médicamenteuses sont rares et il n'existe
pas de contre-indication chez le polymédicamenté.
Par ailleurs, le paracétamol peut être, en deuxième intention,
associé à un AINS dans la phase aiguë et permet ainsi de baisser
leur posologie grâce aux effet synergiques antalgiques des
2 molécules. La dose optimale est de 4 gr par jour à raison
d'1 gr toutes les 6 heures.
La bonne prescription du paracétamol sous-entend une prescription
régulière effective toutes les 6 heures. L'effet antalgique
apparaît 30 minutes après la prise et seule la prise systématique
toutes les 6 heures permet d'obtenir une réponse thérapeutique
en plateau, évitant à la fois les oscillations de douleur
et les risques de surdosage.
La meilleure tolérance gastro-intestinale, apportée par les
COX 2 dans la gamme des AINS, ne signifie nullement leur plus
grande efficacité dans le contrôle de la douleur et à ce propos,
les experts de l'EULAR ont émis le souhait de voir réaliser
des études efficacité/tolérance.
La morphine en cure
courte dans les douleurs intenses en rhumatologie a son avantage
et remet en question les graduations de l'OMS préconisées
dans les cancers.
On remarque à tort que de nombreuses difficultés se sont dressées
contre l'usage de la morphine, alors que sa prescription précoce
avec une efficacité attendue pourrait permettre d'éviter le
passage à la chronicité, que l'amélioration de la qualité
de vie des patients s'en trouve accrue et que la maniabilité
des formes orales offre un confort de prescription et un soulagement
rapide de la douleur.
C'est donc la raison pour laquelle la morphine a sa place
dans les cures courtes. On appelle cure courte des cures de
7 jours, à raison de 10 à 30 mg 2 fois par jour en initiation,
une asymétrie posologique étant possible en fonction du type
de la douleur (20 mg le matin et 30 mg le soir pour une douleur
de type inflammatoire). Le sulfate de morphine est utilisable
en rhumatologie parce que son AMM l'y autorise.
D'autres opioïdes forts sont autorisés, comme la buprénorphine,
les chlorydrates de morphine injectables. Les opioïdes forts
n'ont pas d'AMM en dehors des indications en cancérologie.
On retrouve également d'autres indications de la morphine
en cure courte. Ce sont celles des radiculalgies aiguës intenses,
comme la sciatique, la cruralgie, la névralgie cervico-brachiale,
les tassements vertébraux, l'ostéoporose, les rhumatismes
abarticulaires... La fin du carnet à souche a considérablement
allégé les prescriptions de morphiniques. Il faut ne pas hésiter
à recourir à des prescriptions supplémentaires pour éviter
ces effets secondaires.
A noter que l'arrêt brutal de la prescription de morphine
après une durée de 7 jours est tout-à-fait possible, et l'on
ne retrouve ni syndrome de sevrage ni phénomène de rebond.
Les recommandations de Limoges proposent la prescription de
la morphine orale de manière prolongée pour soulager certaines
douleurs chroniques rhumatologiques. Une morphine en cure
courte permet donc d'apporter un soulagement rapide de la
douleur et donc bien une nouvelle opportunité pour les patients
d'être soulagés efficacement. Elle est désormais un antalgique
incontournable dans les douleurs intenses en rhumatologie.
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