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Plan alcool
Conférence de presse de Bernard
Kouchner - Paris
le 27 septembre 2001
Rédacteur
: Dr F. Girard
Bien
que difficile à aborder dans notre pays, la consommation
d'alcool est une priorité de santé publique
qui oblige les pouvoirs publics à une stratégie
adaptée et sur laquelle se sont penchés de nombreux
acteurs, dont L. Abenhaïm, Directeur général
de la Santé, N. Maestracci, présidente de la
MILDT, B. Roussille, Déléguée générale
du CFES et la CNAMTS.
L'alcool
doit être abordé dans le cadre d'une approche
de prévention commune à celle des produits psychoactifs
comme les drogues, le tabac ou des médicaments détournés
de leur bon usage.
La consommation d'alcool diminue certes régulièrement
depuis 50 ans, mais demeure à l'origine de nombreux
décès : 23 000 si l'on s'en tient aux chiffres
des certificats de décès, et 45 000 si l'on
intègre les accidents de la route, des accidents du
travail et les maladies induites. Ces données souffrent
malheureusement d'imprécision, mais placent néanmoins
l'alcool comme seconde cause de mortalité évitable
après le tabac.
Cette mortalité est maximale entre 30 et 40 ans et
sa répartition est variable selon le sexe, la catégorie
sociale et la région de vie. Les femmes consomment
moins d'alcool, mais leur seuil de tolérancee est plus
bas, la consommation des hommes augmente avec l'age, mais
on remarque que la bière remplace peu à peu
le vin rouge.
Les français sont les plus gros consommateurs mondiaux
d'alcool et on évalue à 5 millions leur nombre.
Leur risque sanitaire est majoré en matière
de pathologies cancéreuses, d'affections digestives,
de maladies cardiovasculaires, de troubles mentaux et de traumatismes.
De plus, cet alcoolisme induit des violences de tous types,
crimes, délits, violences conjugales ou intra familiales
et amène à la prise de risques d'autre type
( risques sexuels, insécurité routière,
autres drogues...).
Il
apparaît donc comme évident de reprendre une
politique de prévention pour réduire globalement
la consommation, tout en ciblant les differentes populations
de buveurs. Cette démarche repose sur 5 objectifs
prioritaires :
- diminuer la consommation d'alcool pour réduire les
risques
- agir
sur l'insécurité routière
- prévenir le développement des usages nocifs
et de la dépendance
- développer l'accessibilité des modes de prise
en charge médicale et sociale
- améliorer la qualité et la précision
du dispositif de suivi des usages et consommations.
Le projet s'appuiera sur le rapport "stratégie
d'action" élaboré par la DGS, notamment
en matière de lutte contre l'insécurité
routière et l'application de textes relatifs à
la vente d'alcool aux moins de 16 ans.
Dans
un premier temps des dispositions pratiques vont être
rapidement mises en place.
La dépendance alcoolique n'intervenant qu'au bout de
plusieurs années, aussi est-il important de mettre
en place des dispositifs d'évaluation précoce
de ce fléau chez les généralistes, en
le traitant comme un facteur de risque supplémentaire,
ce en quoi le rapport du Pr Raynaud sera certainement un outil
référent.
La prise en charge aux urgences devra repérer le problème
d'alcool et instaurer une colaboration avec les équipes
de liaison en alcoologie ou addictologie.
Enfin, la communication publique devra être ciblée
et sérieusement intensifiée avec des efforts
en direction des plus jeunes. Les messages banalisés
devront être remplacés par des directives simples
et claires, informant sans aucune ambiguité.
Le numéro vert 113 est à disposition
de tous et un site internet permettra une communication interactive,
des spots télévisés seront diffusés
du 1 er octobre au 15 novembre, un guide pratique permettant
la mie au point sur la consommtion d'alcool sera à
disposition, ainsi qu'un dépliant informatif sur les
notions d'unités de consommation.
Les unités de conditionnement des alcools seront modifiées
et les programmes de prévention reposeront sur un cahier
des charges et une évaluation de l'efficacité
des mesures appliquées. Toutes ces mesures s'intègrent
dans le projet de loi relatif aux droits des malades prochainement
présenté au Parlement .
Au total,
la loi Evin doit revenir dans l'air du temps, et s'il revient
aux dirigeants d'identifier les risques, d'en informer les
citoyens, surtout les plus fragilisés, la santé
individuelle est une affaire personnelle et chacun doit apprendre
à gérer son risque.
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