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actualité médicale

"Plan national pour préserver l'efficacité des antibiotiques"

Discours de Bernard Kouchner,
20 novembre 2001, Paris
Rédacteur : Dr F. Girard

Devant la fréquence croissante des résistances aux antibiotiques (50% de pneumocoques à la pénicilline et 20% de staphylocoques à la Méticilline), de l'arrivée sur le marché de nouvelles classes thérapeutiques, il convient de faire le point sur les causes de cette situation française préoccupante, mais aussi de trouver des moyens pour remédier aux 30% de prescriptions inutiles et à la transmission inter humaine de bactéries multirésistantes responsables de la situation actuelle.

Depuis 4 ans la réflexion menée sur le sujet a permis
- l'établissement de recommandations par l'ANAES :
Le bon usage des antibiotiques à l'hôpital : recommandations pour maîtriser le développement de la résistance bactérienne
- l'élaboration de recommandations de bonnes pratiques par l'AFSSAPS
Etude de la prescription et de la consommation des antibiotiques en ambulatoire
mais aussi de propositions d'experts sous l'égide du Pr Drucker.

C'est la raison pour laquelle est aujourd'hui présenté un programme pluriannuel 2001-2005 apportant des propositions concrètes autour de 7 axes et à partir duquel sera élaboré une politique nationale pour préserver l'efficacité des antibiotiques.

Tout d'abord, il conviendra de mieux informer sur l'usage des antibiotiques en sensibilisant les médecins et le public sur l'usage raisonné des antibiotiques, notamment chez les jeunes enfants, tout en expliquant les raisons de non prescription, par le biais de plaquettes, qui pourront servir de base à une discussion.

Mais aussi d'aider les professionnels dans leur prescriptions par la distribution de strepto test permettant de différencier angines virales et angines bactériennes et ce devant le franc succès rencontré par les praticiens "tests" bourguignons. Le financement de ce test sera assuré par le FNPEIS à hauteur de 50 MF.

L'amélioration du bon usage des antibiotiques à l'hôpital est un sujet difficile tant les situations cliniques sont complexes et les prescripteurs multiples, générant ainsi 30 à 50% de prescriptions inappropriées. Une prochaine circulaire de la DHOS devrait mettre en place une commission des antibiotiques, élaborer des référentiels propres à chaque établissement, désigner un expert et mettre en place un contrôle de dispensation des antibiotiques, le tout grâce une dotation en personnel adaptée (10 MF).

Les échanges d'information ville-hôpital
induisent des interactions nombreuses (malades entrants pour des pathologies infectieuses et ceux sortants avec des infections nosocomiales) il apparaît fondamental que les médecins généralistes bénéficient d'un accès facilité aux conseils thérapeutiques par le biais de réponses téléphoniques, de référentiels loco-régionaux et la diffusion d'informations épidémiologiques, et ce sur le principe du volontariat (1,5 MF).

Les actions de formation ont un rôle fondamental sur des sujets comme les enjeux de l'antibiorésistance, les répercussions en terme de santé publique, les enjeux collectifs et individuels et très vraisemblablement la réforme des études médiales va contribuer à une meilleure sensibilisation des étudiants et à une meilleure formation initiale. La FMC devra, de son coté, intégrer le bon usage des antibiotiques comme thématique prioritaire, par le biais d'un programme pluriannuel de formation.

L'amélioration de la surveillance conjointe de la consommation des antibiotiques et de la résistance aux antibiotiques repose sur la surveillance de la résistance des infections communautaires, des infections acquises à l'hôpital, sur la mise en place de procédures d'alerte pour l'émergence de nouvelles résistances, une coordination de la surveillance de la résistance en médecine humaine avec celle réalisée en santé animale, une meilleure approche de la consommation antibiotique aussi bien en ville qu'à l'hôpital et une amélioration de la coopération européenne sur le sujet. Ce sont les raisons pour lesquelles les CNR vont se trouver renforcés, ainsi que le RAISIN et le partenariat InVS-ONERBA. Le réseau sentinelle LABVILLE va permettre le partage d'information sur les résistances infectieuses communautaires au travers de 70 laboratoires de ville.

Enfin, l'amélioration de la coordination nationale des actions est une pierre angulaire du système, elle fait intervenir les actions de l'Etat, de la CNAM, de l'ANAES, de l'AFSSAPS, de certains hôpitaux,, de certaines URML et Sociétés Savantes. Un comité devra veiller à la bonne application du plan national d'actions, à la coordination des programmes, des décisions et actions des différentes agences et comités nationaux, mais évaluer l'impact du plan sur la consommation antibiotique et les résistances émergentes.

 
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