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Programme
d'actions, de prévention et de prise en charge de l'asthme
Congrès annuel de la Société de Pneumologie de Langue Française,
28 janvier 2002
Bernard KOUCHNER présente le programme d'actions, de
prévention et de prise en charge de l'asthme
Rédacteur : Dr Françoise Girard
Priorité actuelle de
santé publique, l'asthme touche aujourd'hui près
de 3,5 millions de personnes et sa prévalence est en
constante augmentation. Les facteurs déclenchants doivent
être identifiés, l'information améliorée,
tout comme la prise en charge.
L'état des lieux
de la maladie met en avant plusieurs "évidences"
:
- il s'agit d'une maladie chronique qui nécessite un
diagnostic et une évaluation précoce, une organisation
rationnelle des soins et une autonomisation des patients.
- la prévalence est évaluée entre 5 et
7% chez l'adulte et 10 à 15% chez les adolescents,
elle est en constante augmentation et le nombre de décès
est porté à 2000 par an.
- l'atopie est un des principaux facteurs de risque, 95% des
asthmes de l'enfant sont atopiques et ce pourcentage diminue
avec l'âge.
- les facteurs déclenchants sont identifiés
: allergènes, virus, tabagisme (actif et passif), pollution
chimique, effort, stress, hormones, influences psychologiques.
- les étiologies professionnelles sont évaluées
entre 10 et 15%, sous déclarées. Elles sont
dues, le plus souvent, aux farines et aux isocyanates chez
les hommes, au latex et aux persulfates alcalins, chez la
femme.
- les actions collectives sont difficiles à mettre
en place compte tenu du caractère multifactoriel de
cette pathologie
- les recommandations mériteraient des éclaircissements
(la plupart sont disponibles sur le site de l'Anaes / rubrique
publications : Voir le site).
- les recommandations de bonnes pratiques sont
irrégulièrement respectées.
- la gestion des urgences n'est pas optimale, les hospitalisations
trop rares et les corticoïdes sous precrits.
- les évaluations font encore défaut en matières
de dépenses et gestion de la maladie.
- les réseaux Asthme sont en plein développement
et devraient permettre à la fois l'amélioration
des soins et la réduction des dépenses.
- les dépenses médicales et sociales de l'asthme
sont en 2001 évaluées à 1,5 milliards
d'euros.
5 objectifs de prise en
charge et de prévention ont donc été
choisis par Bernard Kouchner.
¤ le développement de l'information sur l'asthme
:
Il s'avère qu'aujourd'hui que les asthmatiques
sont encore mal informés sur leur maladie, qu'ils s'impliquent
peu dans leur prise en charge et que leur observance est mauvaise.
Il a donc été décidé de mettre
en place un numéro vert : asthmes et allergies infos
services : 0 800 19 20 21, un portail internet est également
mis en ligne : Voir le site
et une campagne de lutte contre le tabagisme passif va se
mettre en place à partir des conclusions du rapport
Dautzenberg. La protection des jeunes contre le tabac va se
faire dans les établissements scolaires, les lieux
de travail vont bénéficier de mesures anti tabac,
tout comme les lieux publics.
L'amélioration de l'étiquettage des denrées
alimentaires est indispensable pour améliorer l'information
des personnes allergiques et tout comme une labélisation
des produits permettant de lutter contre les acariens et moisissures
est incontournable.
La promotion du métier de conseiller en environnement
intérieur devrait permettre de prévenir les
risques liés à l'habitat dans les activités
publiques et privées et offrir aux personnes asthmatiques
une aide pour supprimer l'exposition aux facteurs asthmogènes
dans leur environnement intérieur.
¤ l'amélioraton de la qualité des
soins :
La prise en charge de l'asthme aigu grave n'est pas optimale,
notament les services d'urgences qui gèrent de manière
inadaptée ces malades en limitant les hospitalisations,
surout si l'on tient compte du fait que seules les prises
en charge rapides sont garantes de résolutions efficaces.
Par ailleurs, on remarque que l'observance au traitement de
fond est faible. Il convient donc que des protocoles de prise
en charge des asthmes aigus graves soient mis en place dans
les services d'urgence, que les expériences ponctuelles
réussies soient diffusées (Samu Caen) et que
l'on dispense une éducation thérapeutique prioritaire
aux patients ayant fait une crise aigue.
L'amélioration du suivi de ces patients est indispensable
car il apparait aujourd'hui une insuffisance d' évaluation
avec défaut quantitatif d'épreuves fonctionelles
( 60% des enfants et 45% des adultes n'ont jamais bénéficié
d'épreuves fonctionnelles). L'impulsion donnée
aux réseaux asthme devrait permettre l'élaboration
de recommandations sur le suivi optimal d'un patient par l'Anaes
et les Sociétés Savantes, la sensibilisation
des médecins généralistes, la mobilisation
des services de PMI et l'élaboration d'un guide de
recommandations pour les industriels.
Il apparait que la fréquence des asthmes (ou de
leurs équivalents) non dignostiqués en âge
scolaire est importante et qu'il en découle des traitements
non appropriés, des retards staturo-pondéraux,
un absentéisme scolaire et une mauvaise qualité
de vie. Il convient donc d'aider à ce dépistage
lors du bilan de santé de la 6 ème année.
Une aide à l'intégration de l'enfant asthmatique,
ou plus généralement atteint d'une maladie chronique
va être apportée par une nouvelle circulaire
interministérielle.
¤ le développement de l'éducation
thérapeutique :
Son objectif est d'aider le patient et son entourage à
comprendre sa maladie, de manière à mieux l'assumer,
en respectant les protocoles thérapeutiques prescrits,
diminuant ainsi les hospitalisations en urgence, ce d'autant
que l'on remarque actuellement de grandes inégalités
territoriales dans ce domaine.
La démarche éducative doit être une démarche
construite, étagée et renouvellée. C'est
la raison pour laquelle il est necessaire de débloquer
des moyens en personnel, d'élaborer par le biais de
l'Anaes des recommandations circonstanciées, notament
pour les enfants, et toujours dans le même esprit, d'élaborer
des documents destinés aux patients eux-mêmes.
¤ la meilleure prise en charge et prévention
des asthmes professionnels :
L'incidence de l'asthme est importante dans les pays industrialisés,
les retombées socio-économiques en sont importantes
et le pronostic des asthmes professionnels est mauvais. Autant
de raisons de mettre en place des unités spécifiques,
dédiées à cette sous pathologie, en systématisant
l'offre de prise en charge dans les CHRU, en renforçant
les capacités de prise en charge et en étendant
le suivi épidémiologique de ce type de pathologie.
Des actions de sensibilisation des pneumologues sont en cours,
une étude de besoins a été instaurée,
différentes saisines de l'AFSSAPS ont été
réalisées et des recueils de données
sur les asthmes professionnels sont en cours.
¤ la mise en place et le développement de
la veille sur l'asthme et ses facteurs de risque :
Differents organismes ont mené des études sur
l'asthme et ses facteurs de risque, l'INSERM, le CREDES, la
CNAMTS, l'INSEE, le CSTB....mais le portrait de la situation
de la maladie asthmatique demeure fragmentaire. Il est indispensable
de développer un système de recueil de données
permettant de surveiller l'asthme et ses facteurs de risque,
d'où la mise en place en 2002 d'un comité de
pilotage multidisciplinaire de surveillance. Il sera alors
possible d'identifier les lacunes et de proposer des lignes
directrices qui seront alors publiées.
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