Le plan BIOTOX

Intervention de Bernard Kouchner
Paris, le 5 octobre 2001
Rédacteur : Dr F. Girard

Bernard Kouchner a rappelé que le plan BIOTOX avait fait l'objet d'un travail interministériel sur le risque biologique depuis 1999, mais que les événements du 21 septembre avaient poussé le gouvernement à renforcer les différentes ressources disponibles au sein des départements ministériels de l' Intérieur,de la Défense et de la Santé et à en organiser la confrontation.

En ce qui concerne la prévention, les lieux de stockage, notamment ceux issus de la production pharmaceutique, vont bénéficier d'une sécurisation majorée dans le cadre du plan Vigipirate renforcé. Les arrêtés parus au JO de la semaine dernière définisent des circuits de sécurisation de production, de détention et de circulation des produits biologiques ou infectieux à risques ( peste, charbon, brucellose, variole, poxvirus, agents des fièvres hémorragiques, clostridium botulinium, toxines botuliques, entérotoxines B du staphylo, saxitoxines, ricine, toxine diphtérique).
Toujours dans le cadre de Vigipirate renforcé, les circuits d'alimentation en eau potable bénéficient de mesure de sécurisation.

En ce qui concerne l'alerte, le dispositif de surveillance repose sur les compétences de l'InVS, lui-même basé sur le système national de signalement obligatoire de certaines maladies infectieuses et sur les informations des laboratoires de microbiologie et toxicologie. Le signalement est le fait de la déclaration immédiate de toute maladie pouvant justifier une intervention sanitaire nationale ou locale. Le charbon va prochainement être rattaché à cette liste de maladies obligatoires. Les services déconcentrés des ministères et les établissements de santé viennent de recevoir des courriers récapitulatifs par lesquels il leur est demandé de signaler la survenue de symptomes anormaux, survenant dans le cadre de pathologies connues, et pouvant constituer des signaux d'alerte. La veille microbiologique est dévolue aux laboratoires hospitaliers, auxquels peuvent s'adjoindre en cas de besoin deux laboratoires militaires ( garde 24h/24) et à 11 centres nationaux de référence sur les maladies infectieuses.

En cas de crise, le dispositif d'intervention est prêt, des hôpitaux de référence, avec unités de décontamination, ont été désignés par zones, leurs SAMU ont été informés au Ministère des protocoles d'intervention à appliquer et les plans blancs hospitaliers ont été mis à jour, tout comme les plans de secours sur lesquels repose la collaboration hospitalière des civils et des militaires. Les responsables hospitaliers et les professionnels de santé ont été informés des conduites à tenir. Des services cliniques et des laboratoires de microbiologie ont été désignés comme référents. Le bon respect des mesures d'hygiène, de gestion des prélèvements et d'isolement septique est indispensable et suffisant à la prévention du risque de transmission des agents infectieux possiblement rencontrés.

Une augmentation du parc de matériel de réanimation et de première urgence a été décidée de manière impérative, au vu des besoins recencés à New York. Enfin, la disponibilité réelle des médicaments et vaccins a été évaluée par l'Afssaps, les grossistes sont en cours de contrôle et la disponibilité rapide d'antibiotiques en cours d'évaluation auprès des grandes firmes pharmaceutiques. Ainsi, les mesures de base sont en place, mais il convient plus que jamais, de poursuivre les recherches en cours sur les vaccins et antidotes spécifiques.

Voir aussi les dossiers santé sur la variole et l'anthrax :
http://www.caducee.net/DossierSpecialises/infection/variole.asp

http://www.caducee.net/DossierSpecialises/infection/anthrax.asp

 
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