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actualité médicale

Présentation du Plan quadriennal de lutte contre la douleur
Bernard Kouchner

Paris le 17 décembre 2001
Rédacteur : Dr Françoise Girard

Le nouveau programme d'actions de Bernard Kouchner aura trois grandes priorités : la douleur provoquée, la douleur de l'enfant et la migraine.

On peut remarquer que depuis1998 de nombreuses initiatives peuvent être recencées :

- l'élaboration de bonnes pratiques cliniques et thérapeutiques
- un effort de formation des professionnels de santé,
- la mise en place d'un module de soins palliatifs dans le 2 ème cycle des études médicales,
- la création de 96 structures de lutte contre la douleur,
- l'accès facilité aux antalgiques par la suppression du carnet à souche,
- la distribution importante de pompe et d'échelles visuelles analogiques,
- de larges campagnes d'information grand public.

Mais on doit regretter la mauvaise connaissance dans le public des structures antidouleur, la formation imparfaite des professionnels de santé et les délais souvent très longs des rendez vous dans les centres de prise en charge.

Le rapport de la Société Française de Santé Publique a permis de bien dégager les priorités à venir et en particulier dans le domaine de la douleur chronique rebelle. Dans ce chapitre, il convient de différencier la douleur aigue provoquée par des gestes de soins ou d'exploration (et qui peut rentrer dans le cadre de protocoles de prise en charge), la douleur de l'enfant (trop longtemps banalisée, alors que des moyens simples permettent d'en venir à bout), et, la migraine, pathologie douloureuse type concernant jusqu'à 15% de la population.

L'ambition du plan quadriennal anti douleur repose sur 5 axes clairement définis :

- Informer les malades et leur entourage des possibilités de prise en charge, quitte à accepter de plus grandes exigences de leur part. Deux mesures sont déjà en place, le contrat d'engagement antidouleur et une campagne d'information destinée aux enfants au travers des examens bucco dentaires obligatoires (la douleur dentaire étant souvent la première approche). Des états généraux de la douleur seront en place en 2002, afin d'identifier les besoins.

- Faciliter l'accès des personnes qui souffrent aux centres anti douleur en créant des consultations de prise en charge et en renforçant les structures de lutte contre la douleur à partir d'une enquête de besoins.
La migraine occupe une place toute particulière et sa prise en charge reposera sur différents axes : des documents grand public et professionnels, un centre national de ressource, un centre expérimental de référence sur la migraine de l'enfant et, enfin, l'identification de praticiens motivés par la prise en charge des migraineux. De plus, l'accès aux antalgiques sera facilité et les ordonnances sécurisées ; une réalité proche (2002). Une réflexion sur la simplification de prescription des opioïdes est également en cours.

L'amélioration de la formation des professionnels de santé est un passage incontournable et pourra reposer en grande partie sur le centre national de ressource de la douleur, avec pour mission la diffusion de l'information au travers d'une médiathèque, la valorisation des initiatives de lutte anti douleur, l'apport d'une logistique aux professionnels et, la mise en place d'études de recherche clinique en médecine praticienne.

L'engagement des établissements de santé dans cette démarche d'amélioration passera au travers de ce centre de ressource, mais aussi par des guides méthodologiques et les réseaux de soins cancérologie. Une modification du référentiel d'accréditation de l' Anaes sur l'organisation de la prise en charge de la douleur est en cours. L'agrément du réseau "Douleur 77" est en cours.

Enfin, le rôle des paramédicaux dans cette prise en charge de la douleur est fondamental. De par leur proximité de la douleur, qu'ils ont l'aptitude à évaluer, de par leur aptitude à adapter les traitements aux besoins, voire à appliquer les prescriptions les plus directives et les plus exigeantes. Leur activité transversale est une activité clé en terme d'évaluation ou de formation et justifie la création de 125 postes d'infirmiers référents douleur, mais également la revalorisation des actes professionnels inhérents à ce secteur.

La douleur ne peut être, à ce jour, acceptable. Les progrès en cours doivent se poursuivre, c'est là un souci culturel....

 
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