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Plan santé
mentale "L'usager au centre d'un dispositif à rénover"
Bernard Kouchner,
Paris le 14 novembre
2001
Rédacteur : Dr F. Girard
L'OMS a fait de l'année 2001 l'année de la santé mentale (une
personne sur 4 souffre de troubles mentaux, tous pays confondus),
l'Union européenne en a fait une priorité depuis 2 ans et
les groupes de travail français ont également identifié la
santé mentale comme un objectif de santé publique. Force est
de constater qu'une image négative et stigmatisée est attachée
à ce type de pathologie, que la sectorisation psychiatrique
ne répond ni aux besoins régionaux, ni aux objectifs définis,
que la recherche fondamentale est peu active et que l'enseignement
reste orienté sur une pratique hospitalière.
La réforme à prévoir a défini
un plan d'actions reposant sur une huitaine d'objectifs:
- la lutte contre l'image attachée
aux maladies mentales par le biais de campagnes
d'information. Le but essentiel est de modifier la représentation
de la maladie mentale par le biais d'un partenariat actif
entre spécialistes de santé mentale et somaticiens, mais aussi
dans le grand public. La formation et l'information des médecins
généralistes aura un rôle particulièrement important.
- le renforcement
des droits des malades atteints de troubles mentaux
en révisant la loi de juin 90 et respectant les droits des
malades atteints de troubles mentaux. Les malades devront
pouvoir être des acteurs de la prise en charge de leur santé
et le rôle des associations représentatives des usagers doit
être promu. L'augmentation significative des hospitalisations
sans consentement justifie une modification des conditions
de soins qui lui sont attachées par des prises en charge différentes,
des hospitalisations plus courtes, des soins volontiers ambulatoires,
l'établissement d'une charte nationale des droits et devoirs
des usagers, un renforcement de leurs droits, avec pour objectif
fondamental, l'engagement personnel du malade dans sa prise
en charge thérapeutique.
- l'amélioration
des pratiques professionnelles par des évaluations de pratiques
et de formations des professionnels.
Elle repose sur l'évolution du rôle des intervenants en santé
mentale, la prévention doit être renforcée, y compris chez
les adultes, les divers modes de prise en charge doivent pouvoir
bénéficier d'un accès facilité, il faut tenter de limiter
les effets négatifs de la baisse démographique et de l'inégale
répartition géographique des spécialistes compétents et assurer
une prise en charge de la souffrance psychique par des prises
en charges sociales ( centres de soins primaires, formation
des paramédicaux, renforcement des équipes pluridisciplinaires).
- le développement
de partenariats entre tous les acteurs de santé mentale,
que ce soit au niveau des institutionnels ministériels, locaux
ou encore les acteurs de terrain que sont les personnels médico-sociaux.
Il apparaît, en effet, que les troubles en age scolaire sont
mal identifiés et que l'on déplore à la fois une mauvaise
coordination psychopédagogique, et une faible sensibilisation
à la crise suicidaire. Il est également prévu, grâce à la
collaboration avec le Ministère de la Justice, de faire une
priorité de la santé mentale en milieu carcéral. Elle se fera
à partir des préconisations d'un groupe de travail et reposera
sur une meilleure offre de soins ambulatoire, une possibilité
d'hospitalisation en secteur sécurisé, un recentrage des SMPR
et une poursuite programmée des soins après la sortie. Des
contrats pluriannuels de santé mentale, à l'échelon local
impliqueront les DRH, les préfets et les élus locaux.
- la poursuite
des programmes de prévention ciblés
repose sur le développement de la prévention du suicide dans
le cadre de la stratégie nationale d'actions face au suicide
( favoriser la prévention, mieux connaître les circonstances
des suicides pour limiter l'accès aux moyens létaux, améliorer
la pris en charge des personnes en mal d'être, mieux connaître
la situation épidémiologique, proposer aux mineurs en grande
difficulté un cadre de prise en charge adéquat à la spécificité
de leurs troubles, améliorer la prise en charge des personnes
en situation de précarité ou d'exclusion, mais aussi améliorer
le repérage précoce et le traitement de la dépression).
- l'amplification
du développement de démarches d'insertion sociale et professionnelle
pour les plus jeunes dépend d'une meilleure évaluation de
leurs besoins par le biais de missions d'études et des modifications
législatives.
- l'organisation
d'une offre de soin d'un nouveau type :
rénovation de la planification ( conseils locaux de santé
mentale, suppression des schémas départementaux), réorganisation
de l'offre de soins psychiatriques et adaptation de l'offre
aux besoins ( développement de la prévention, mise en réseaux,
relocalisation des unités d'hospitalisation, renforcement
des alternatives à l'hospitalisation, ouverture d e centres
d'accueil intersectoriels à 72 heures, capables d'offrir des
réponses spécifiques.
- la stimulation
de la mise en place d'un pôle de recherche fondamentale, épidémiologique
et clinique repose
sur trois orientations essentielles : le développement de
l'articulation pratique quotidienne - neurosciences fondamentales,
l'amplification de la recherche épidémiologique et la mise
en place d'une recherche thérapeutique capable de définir
les meilleures stratégies de prise en charge. La collaboration
avec l'Inserm est un élément important de ce dernier volet.
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