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Réforme
de l'Internat Académie Nationale
de Médecine, La loi a mis fin au concours d'internat. Tous les étudiants ayant validé le deuxième cycle seront admis à accéder, dans les mêmes conditions, à des fonctions de responsabilité. Mais le titre d'" ancien interne " ne suffit pas. Pour garantir la qualité de la médecine de demain, il importe de veiller au contenu et au déroulement du troisième cycle en tenant compte de sa triple finalité :
Forte de l'expérience hospitalière et universitaire de ses membres, l'Académie nationale de médecine met en garde contre une réforme qui, pour être effectivement nécessaire en termes d'évolution et d'adaptation aux nouvelles exigences médicales, ne doit pas mettre en cause la qualité de notre système de soins en risquant de dévaloriser à terme l'ensemble de la profession médicale. Elle demande que le délai d'application prévu jusqu'en 2004 soit mis à profit pour organiser une véritable concertation. RAPPORT au nom de la Commission XIV (Enseignement et problèmes hospitalo-universitaires) Propositions pour le troisième cycle des études de médecine Louis HOLLENDER La loi de " modernisation sociale " qui vient d'être promulguée comporte un chapitre intitulé " réforme des études médicales du troisième cycle " qui assure un " Internat " à tous les étudiants, en particulier aux étudiants de médecine générale. L'Académie tient à rappeler quelques principes déjà exprimés dans le rapport du 16 mars 1999 et le communiqué du 19 juin 2001 : - toute formation médicale doit, à chaque étape, être vérifiée et évaluée ; - la qualité de la prévention et des soins dispensés aux malades, ainsi que leur adaptation permanente aux progrès de la médecine doivent être un objectif prioritaire de tout enseignement médical et constituent un droit pour chaque citoyen ; - les futurs médecins doivent acquérir un savoir théorique qu'il appartient aux facultés de médecine de délivrer, et un savoir pratique qui est essentiellement acquis dans des services hospitaliers reconnus qualifiants, lesquels constituent une véritable Ecole d'application de l'enseignement universitaire. ENTRéE EN TROISIèME CYCLE Un examen validant et classant devrait être organisé par chaque UFR en fin du deuxième cycle, sur un programme national, le jury devant inclure des enseignants d'une autre Faculté. Les étudiants ainsi classés effectueraient leur première année de troisième cycle dans des services correspondant aux grands groupes de disciplines : médecine et spécialités médicales, psychiatrie, chirurgie et spécialités chirurgicales, biologie. Pendant cette première année, l'étudiant devrait acquérir une formation générale et affirmer son orientation en suivant des enseignements spécifiques. Cette notion de sélection - orientation paraît en effet essentielle, car le choix définitif d'une spécialité ne saurait dépendre exclusivement du classement. Dès la deuxième année, l'étudiant entrerait dans la filière spécialisée correspondant à son choix et à ses aptitudes, y compris la médecine générale. Le nombre de places par filière étant établi dans chaque inter-région en fonction de la démographie régionale et des possibilités de formation. Bien entendu l'étudiant pourrait postuler dans deux inter-régions différentes au moment du choix définitif de la filière. Une telle organisation serait compatible avec les échanges inter-régionaux. La durée du troisième cycle serait variable suivant les filières, de trois ans pour la médecine générale, à quatre ou cinq ans pour les autres disciplines, y inclus la médecine interne. Un contrôle qualitatif des terrains de stage est nécessaire. Cette formation pourrait être suivie d'une période de deux ans de " post troisième cycle". ENSEIGNEMENT DU TROISIèME CYCLE Les modalités de cet enseignement devraient, pour chaque filière, tenir compte du nombre des étudiants du troisième cycle, de leur dispersion, et de leurs obligations hospitalières. Il est indispensable que la Faculté conserve la responsabilité entière dans la direction de cet enseignement, qui ne saurait manquer de faire appel à des enseignants dûment qualifiés par les collèges de spécialistes. La recherche doit également être présente dans cet enseignement du troisième cycle sous des formes diverses, notamment sous celle d'une année consacrée à la préparation d'un DEA pour les étudiants ayant opté pour une carrière hospitalo-universitaire. Des possibilités de réorientation des étudiants du troisième cycle qui, pour une raison quelconque, ne pourraient poursuivre leur carrière dans la spécialité d'origine devraient être prévues. VALIDATION DU TROISIèME CYCLE A la fin de son troisième cycle, l'étudiant validerait son cursus devant un jury dans lequel seraient présents à la fois, la Faculté, les maîtres de stages et les délégués des Collèges de Spécialité, ce qui ferait de ce contrôle indispensable, un véritable accès à une communauté professionnelle et répondrait aux exigences européennes de qualification. En cas d'échec, l'étudiant pourrait se représenter ultérieurement dans des conditions qui restent à préciser. L'Académie nationale de médecine, dont une des premières missions est de donner au Gouvernement son avis sur les grands problèmes de santé, tout en regrettant de ne pas avoir été consultée lors de la préparation de cette loi, reste à la disposition du Gouvernement quand débuteront les travaux concernant l'aménagement des dispositions nécessaires. L'Académie, saisie dans sa séance du mardi 19 mars 2002, a adopté ce rapport (deux abstentions).
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