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Sécurité
Sanitaire et santé Publique
Discours de Bernard Kouchner
Paris, le 12 février 2002
Rédacteur : Dr Françoise
Girard
Peut-être parce que la
sécurité sanitaire étant devenue une
exigence de tous les instants, Bernard Kouchner a rappellé
que la longévité
des Français était la plus importante d'Europe,
malgré de grandes disparités sociales qui maintiennent
encore, à ce jour 4 millions de personnes en dessous
du seuil de pauvreté. Les inégalités
de santé demeurent importantes et vraissemblablement
en rapport direct avec le faible niveau socio économique.
La démarche voulue, à venir, de notre ministre
est celle d'une démocratie sanitaire, mais celle-ci
impose une transparence de l'expertise et de ses mécanismes
fondamentaux.
Depuis quelques semaines, le
gouvernement français est en situation d'alerte permanente
vis à vis du risque de méningite en France.
En effet, malgré la période propice à
cette infection, son augmentation a été significative
(+12%) pendant le dernier trimestre 2001, amenant ainsi à
la mise en route d'une campagne de vaccination systématique
dans le Puy de Dôme, et ce, après avis du Comité
techique des vaccinations. C'est ainsi que 66 000 enfants
ont pu être vaccinés dans leurs écoles
et 14 000 par les médecins libéraux, vaccination
spécifique contre le méningocoque C. Les effets
secondaires ont été recencés, 6 enfants
ont d û être hospitalisés et 986 effets
secondaires ont été enregistrés. Les
associations anti vaccinations qui avaient assignés
les laboratoires Wyeth, producteurs de Meningitec ont été
déboutées.
Dans cet ordre d'idée, l' AFSSAPS est garante de l'évaluation
de l'efficacité et de l'innocuité des vaccins
dès lors qu'ils ont obtenus l'AMM et bien que fort
peu de vaccinations soient aujourd'hui obligatoires, il paraît
souhaitable de respecter les recommandations AFSSAPS et de
ne pas prendre à la lettre les différentes informations
non officielles circulant sur les vaccinations, ROR, entre
autres...
En matière d'Hépatite
C et d'hémodyalise, il faut rappeller que plusieurs
mécanismes de transmissions nosocomiales ont été
mis en évidence en dehors de celles liées aux
autres soins dont peut justifier l'état du patient.
La contamination du circuit sanguin du générateur
de dialyse, le partage d'objets entre patients de sérologies
différentes, la contamination des surfaces de l'environnement,
les mains du personnel soignant sont autant de causes de transmissions
virales.
Il est fondamental de déterminer l'origine de la contamination
par une analyse épidémiologique et une analyse
de la pratique des soins. En effet, en dialyse, les mesures
générales concernant les actes doivent être
appliquées, avec en plus, les recommandations spécifiques
concernant la désinfection des générateurs
d'hémodialyse et les risques de contamination du capteur
de pression veineuse du générateur de dialyse
par un reflux de sang, en cas de rupture du filtre isolateur.
Sont également en cours d'élaboration le bonnes
pratiques d'hygiène en dialyse et la réalisation
d'un guide d'aide à la gestion du risque infectieux
en dialyse.
La survenue de 22 cas d' infections récentes par le
VHC a justifié que l'ARH Languedoc Roussillon suspende
l'activité du service d'hémodialyse, après
que les patients aient été informés personnellement
et par écrit de la situation et de ses conséquences,
alors que leur prise en charge immédiate était
asurée par le CHR voisin de Montpellier.
Les investigations mises en place concernent l'investigation
épidémiologique des cas, l'évaluation
du respect des règles d'hygiène et l'expertise
des générateurs de dialyse. Les premiers résultats
résultant d'investigations coordonnées par la
DDASS de l' Hérault font d'ores et déjà
apparaître que les contaminations ne proviennent pas
d'un événement unique au cours de l'année
2001. Un inspection de l'IGAS est par ailleurs en cours.
Dans le domaine de la sécurisation
des produits de santé, deux volets méritent
d' être individualisés, la transmission de la
Maladie de Creutzfeld-Jakob par les produits sanguins et la
qualification biologique des greffons.
La sécurité des greffons vis à vis des
maladies transmissibles repose sur le concept général
de sécurité des produits biologiques (sélection
des donneurs actualisée, dépistage des maladies
transmissibles avant chaque don, exclusion des personnes présentant
des facteurs de risque de développement des ESST classiques,
réduction du risque si appliquable, bon usage des greffons
dans leurs conditions d'utilisation). De plus, les tests de
dépistage suivants sont obligatoires.
Pour les cellules souches hématopoiétiques,
il est obligatoire de rechercher l'antigène HBs et
anticorps anti-HBc, anticorps anti-VIH 1 et 2, anti VHC, anti-HTLV
Iet II, de doser les Alanine-amino-transférases, de
faire le sérodiagnostic de la syphilis et de rechercher
des anticorps anti-paludéens.
Pour les organes, la moelle osseuse et les cellules, il convient
de pratiquer le diagnostic des infections par les VIH, le
virus HTLV I, le virus de l'hépatite B, C, de la syphilis,
le CMV, l'Epstein-Barr, la toxoplasmose.
Pour les tissus, les diagnostics d'infection par les VIH,
le HTLV I, les virus des hépatites B et C, et la syphillis
sont systématiquement faits.
Le groupe d'expert en place
a examiné le bénéfice attendu de la mise
en oeuvre de nouveaux tests comme le dépistage des
antigènes et du génome du VIH et du VHC dans
la qualification biologique des greffons en complément
des tests déjà obligatoires, mais leurs conclusions
ont fait apparaitre que ces nouveaux tests risquaient de faire
perdre des greffons à tort compte tenu des limites
de certitude des tests, pour un bénéfice très
faible en terme d'infections évitées. Ces conclusions
ont été retenues par notre Ministre.
Depuis la publication du rapport
de décembre 2000, l'analyse des nouvelles données
faite en octobre 2001, n'a pas mis en évidence d'augmentation
significative de l'incidence de la v-MCJ, aussi l'estimation
du nombre de sujets possiblement contaminés ne semble
pas devoir être revue à la hausse. Il n'apparaît
pas de nouvelles données physiopathologiques, la transmission
semble correctement évaluée, tout comme la répartition
et l'infectiosité dans les différents tissus.
Il faut rappeller l'importance des mesures de réduction
du risque prises en France : l'information des prescripteurs
de produits sanguins dès janvier 2001 de la stricte
necessité de la prescription, la révision des
recommandations sur l'utilisation des produits sanguins labiles
{encore en cours d'élaboration (plasma et produits
érythrocytaires au 2 ème trimestre 2002, plaquettes
et granulocytes au 4 ème trimestre)}, l'exclusion du
don de sang des donneurs ayant séjourné 1 an
ou plus dans les îles britanniques entre 1980 et 1996,
l'extension de la leucoréduction à l'ensemble
des plasmas et l'amélioration des procédés
de préparation des médicaments dérivés
du sang de LFB avec notament mise à disposition de
facteur VIII nanofilté.
Rapports AFSSA :
Voir le site
et Voir le site
En terme d'alimentation, la
mise sur le marché d'OGM doit relever d'une
évaluation, notament en matière d'allergies
alimentaires. L'AFSSA considère que des essais de toxicité
sub chronique devraient être menés sur des animaux
en complément des essais de toxicité aiguë,
par le biais d'études dont la puissance statistique
serait suffisante et qui pourraient éventuellement
être étendus à l'homme, à condition
d'un respect des règles d'éthique. Les risques
éventuels liés aux résistances aux antibiotiques
méritent selon elle, une attention particulière.
Rapports AFSSA :
Voir le site
et Voir le site
Les allergies alimentaires ne
bénéficient pas actuellement de toute l'évaluation
souhaitable. Sa prévalence est estimée à
3,2% chez l'adulte et 8% chez l'enfant. Chez celui-ci, l'oeuf
est le premier responsable (34%), suivi de l'arachide(25%),
du lait de vache, du poisson, de la moutarde, puis de noix.
Chez l'adulte, ce sontles aliments du groupe "latex"
(kiwis, bananes, avocats dans 14% des cas) suivis par les
Rosacées (prunoïdes et pomoïdes, 13%), les
fruits secs (9%) et les Ombellifères (carotets, céleris,9%).
Il est particulièrement difficile de garantir les évictions
aux consommateurs sans une collaboration entre les différents
acteurs de santé publique, les industriels et les associations
de patients allergiques et ce dans la logique du Programme
National Nutrition Santé.
La prévention primaire repose sur des programmes de
recherche clinique fondamentale ou appliquée de manière
à inciter les industriels à réduire l'utilisation
des allergènes majeurs dans leurs produits alimentaires,
en développant la recherche de substances pouvant s'y
substituer, en informant mieux les consommateurs, en assurant
la promotion de l'allaitement maternel et en sensibilisant
les médecins généralistes à ce
sujet.
La prévention secondaire vise à permettre la
diminution de la fréquence des accidents allergiques
graves en établissant une liste des allergènes
majeurs rencontrés en France, en supprimant les noms
de catégories non informatifs, en restreignant l'usge
peu spécifique du "peut contenir", en supprimant
la notion de seuil, en établissant des listes de produits
susceptibles de contenir des allergènes et en mettant
en place un système "d'allergo-vigilance".
Enfin, la prévention tertiaire concerne la prise en
charge du malade allergique avec des améliorations
proposées dans le rapport de l'AFSSA (Voir le site
)
Le renforcement de la sécurité
sanitaire de l'eau de consommation repose sur le décret
du 20 décembre 2001 qui vise à l'édiction
de normes actualisées pour la qualité de l'eau
et en évaluant de nouveaux critères comme les
sous produits induits par le traitement des eaux ou encore
l'évaluation de leur radioactivité, l'instauration
d'un cadre de gestion des situations de non conformité
par rapport aux valeurs limites en collaboration avec l'AFSSA
: (Voir le site)
et en faisant que le contrôle de conformité des
eaux fournies par un réseau de distribution vise désormais
la qualité de l'eau aux points d'utilisation normale
par les consommateurs et non plus au niveau du réseau
public (norme plomb).
Enfin, le "plan greffe"
a permis une augmentation du recensement et du prélèvement
d'organes. Une dizaine de nouveaux centres de prélèvement
ont été autorisés (Pau, Foix, Rodez,
Auch, Albi, Argenteuil,Lagny, Pontoise, Auxerre, Thonon),
le recencement du nombre de personnes en état de mort
encéphalique a progressé de 20,3% en 4 ans et
les prélèvements de 7,4%, mais il persiste beaucoup
de donneurs potentiels trop âgés et encore 30%
d'opposition à celui-ci.
Les greffes cardiaques visent à diminuer, mais les
donneurs sont souvent trop âgés pour ce faire
et d'autre part, les indications changent en ce domaine, alors
que les greffes pulmonaires et cardio pulmonaires sont en
progression, les greffes hépatiques restent stables
et le taux de greffes de rein a progressé de 5% par
rapport à l'an passé et l'on compte beaucoup
sur la progression de celles à partir de donneurs vivant.
Sur le sujet, moyens humains et techniques ont été
considérablement renforcés ce qui explique vraissemblablement
la progression significative des chiffres.
Dossier caducee:
http://www.caducee.net/Conferences/insuffisance-renale.asp
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