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Campagne
d'information et de prévention des violences sexuelles
sur mineurs
Janvier
2002
Rédacteur : Dr Françoise Girard
Cette campagne qui sera lancée
le 24 janvier 2002 a pour objectifs de faire respecter le
droit fondamental de l'enfant, mobiliser la responsabilité
de chacun, lutter contre la loi du silence, informer sur la
loi et faire connaître les peines encourues. Elle repose
sur deux spots de 20 secondes d'appel à la vigilance
de chacun précisant les modalités à suivre
lorsque l'on est confronté au problème et sur
3 films d'une minute abordant des thèmes différents
dont l'objectif est de détecter les violences sexuelles
sur mineurs.
Cette campagne a été validée par des
professionnels et experts dont Boris Cyrulnik, Marcelline
Gabel et Marcel Rufo et sera diffusée sur l'ensemble
des chaines hertziennes et dans les principales salles de
cinéma à compter du 17 janvier prochain.
L'actuel état des lieux
fait apparaître une augmentation des agressions sexuelles
à hauteur de 100 aggressions sexuelles sur mineurs
par jour, ce qui fait du problème l'affaire d'un enfant
sur 10. On remarque que la grande majorité des agggressions
sexuelles concerne l'entourage proche des mineurs et en premier
lieu la famille (42% des aggressions et 56% des viols) suivi
par le milieu scolaire, puis éducatif.
L'enquête Enveff réalisée
à l'initiative de Nicole Perry fait apparaitre que
les femmes ayant subi des violences pendant leur enfance du
fait de conflits avec leurs parents seront à leur tour
victimes de violences 4 fois plus fréquement que les
autres à l'âge adulte. Cette même enquête
met en évidence que la moitié des femmes victimes
d'aggresssion en parlent, alors que plus des trois quarts
des femmes violées n'en ont jamais parlé avec
quiconque.
Un sondage Sofres réalisé
en aout 2001 met en évidence que 77% des français
sont très sensibilisés par la pédophilie
et les aggressions sexuelles, 64% par la violence à
l'école et 58% par la maltraitance. Les mesures de
lutte contre la pédophilie et les violences sexuelles
ont été jugées très utiles dans
83% des cas.
La loi du 17 juin 1998 relative
à la prévention et à la repression des
infractions sexuelles fait apparaitre des condamnations de
plus en plus sévères : 70% des condamnations
sont assorties de peines d'emprisonnement ferme (20 ans de
prison pour viol, 7 à 10 ans pour attouchements sexuels
et corruption). Un dispositif spécifique complète
ces sanctions par le biais d'interdictions d'exercice de fonction
publique, suppression de tout ou partie des droits civiques
ou encore interdiction d'activité professionnelle ou
bénévole impliquant un contact habituel avec
des mineurs. De plus, un amendement vient d'être voté
le 11 décembre dernier visant à renforcer l'efficacité
des interdictions des ventes aux mineurs de documents à
caractère pornographique, mais aussi punissant au même
titre que la vente d'enfant ou leur prostitution, le fait
de posséder des documents vidéo ou autre ayant
trait à la pédo-pornographie.
Enfin, la prostitution des
mineurs, qu'elle soit le fait de mineurs isolés ou
de mineurs vivant régulièrement en France est
une réalité mal connue mais en constante augmentation.
Le gouvernement souhaite actuellement adapter la législation
pour incriminer le fait de recourir à la prostitution
d'un mineur, mobiliser les différentes instances concernées
sur le dit problème, quantifier et qualifier le phénomène
de la prostituion des mineurs pour adapter des actions ciblées.
Les mesures législatives
reposent sur un amendement du 15 novembre 2001 sanctionnant
de 7 ans de prison et une amende de 150 000 euros le recours
à la prostitution d'un mineur. Par ailleurs, l'amélioration
de la protection des professionnels qui signalent des maltraitances
doit être une priorité, que ce soit dans le domaine
des travailleurs sociaux ou bien dans celui des médecins
amenés à voir des sévices subis par leurs
jeunes patients.
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