Du point de vue de la santé publique, une
augmentation du nombre de personnes pratiquant une activité
physique (en particulier chez les sédentaires) serait un atout
considérable pour enrayer la croissance de l'épidémie d'obésité.
Comme pour tous les autres facteurs de mode
de vie - consommation de tabac ou régimes alimentaires- parvenir
à un changement en profondeur suppose une connaissance des
attitudes et des perceptions du public. Dans une récente étude
portant sur 15 339 personnes dans l'ensemble de l'Europe (environ
1000 adultes de chaque état membre), l'Institut Européen d'Etudes
Alimentaires a évalué l'attitude des personnes interrogées
vis-à-vis de l'activité physique, du poids et de la santé
en les questionnant sur l'intensité de leur pratique d'une
d'activité physique, sur leur poids et sur leur taille (les
personnes interrogées répondaient elles-mêmes à toutes les
questions).
Il est plus facile de perdre du poids en associant
modification des habitudes alimentaires et augmentation de
l'activité physique. On estime que l'activité physique est
plus efficace dans la prévention des surcharges pondérales
et de l'obésité que dans leur traitement. Cependant, les conclusions
de cette étude laissent penser que pour le public, la nourriture
joue un rôle largement plus important que l'activité physique
dans la prévention de la prise de poids. De la même façon,
lorsque la question est posée de classer par ordre d'importance
les facteurs qui ont une influence sur la santé, l'alimentation
est citée avant l'activité physique.
Le grand public semble également penser que
la consommation de tabac et le stress ont une plus grande
influence sur la santé que l'activité physique. En outre,
un quart des personnes interrogées estimaient que, même si
l'activité physique permet de perdre du poids, ils n'en tiraient
eux-mêmes en pratique aucun avantage. Ces conclusions laissent
penser qu'il est nécessaire de sensibiliser le public aux
bienfaits qu'apportent la combinaison d'une activité physique
et d'une surveillance du poids.
Cette dernière étude sur " les attitudes du
public vis-à-vis de l'activité physique " contraste quelque
peu avec les conclusions d'une enquête précédente sur les
attitudes du public à l'égard de la nourriture, de l'alimentation
et de la santé. Cette étude montrait en effet que le public
européen était généralement conscient de ce qui définit une
alimentation saine (selon leurs propres critères d'une alimentation
saine) et il a la perception que le choix des aliments a une
grande importance. Malgré cela, 69 % d'entre eux estimaient
qu'il ne leur était pas nécessaire de modifier leur régime
alimentaire, considérant qu'ils étaient déjà en suffisamment
bonne santé.
Quelques conclusions d'une étude IEFS sur
l'activité physique illustrent la grande diversité géographique
des attitudes vis-à-vis de l'activité physique et de la pratique
réelle d'une activité physique. Pour les Finlandais, l'activité
physique est le facteur qui revêt la plus grande importance,
alors que les Grecs la place en septième position. Cette attitude
positive à l'égard de l'activité physique trouve son reflet
dans le fait que 92 % des Finlandais exercent une activité
physique, contre 60 % des Grecs. Le niveau élevé de sensibilité
aux bienfaits de l'activité physique sur la santé ainsi que
les forts taux de pratiques d'une activité physique en Finlande
reflètent bien les récents efforts concertés visant à encourager
les Finlandais à pratiquer une activité physique.
Malgré d'énormes écarts dans les attitudes
et les niveaux de pratique d'une activité physique en Grèce
et en Finlande, une proportion similaire de personnes dans
ces deux pays estiment que leur niveau d'activité physique
est suffisant. Par rapport aux Finlandais, les Grecs paraissent
un peu optimistes.
L'optimisme exagéré et l'attitude de contentement
à l'égard du régime alimentaire et de l'activité physique
représentent l'une des plus grosses difficultés à surmonter
pour les personnes qui ont la charge d'enrayer la progression
de l'obésité. Néanmoins, les données finlandaises de cette
étude laissent penser que cette difficulté peut être résolue
et que les efforts de promotion déployés pour améliorer le
régime alimentaire et augmenter l'activité physique semblent
avoir atteint leur but. Cette situation est encourageante
pour les personnes engagées dans des actions promotionnelles
similaires dans le reste de l'Europe.
Les informations de cette étude, les obstacles,
les avantages et l'attitude plus favorable du public à l'égard
de l'activité physique permettront de développer des stratégies
plus ciblées visant des sous-groupes spécifiques de la population
en prenant en compte les facteurs socio-démographiques et
géographiques.