A propos de l';interaction entre la biotechnologie et l'environnement,
le Dr. Ammann déclare : "Les nouvelles méthodes agricoles
contribuent de manière importante au développement écologique
de la terre. Le simple fait que ces méthodes réduisent considérablement
l'utilisation de pesticides chimiques et d'herbicides représente
un avantage important. Pour le moment, ces méthodes ne s'appliquent
qu'aux régions de monoculture de l'Amérique du Nord qui sont
immenses : les réductions s';y comptent en millions de litres".
"La preuve n'a pas encore été faite que l'on puisse espérer
les mêmes avantages de régions plus petites tournées vers
la polyculture. Mais ce n'est pas en rejetant d'emblée toute
idée d'OGM (organisme génétiquement modifié) qu'on le saura.
La recherche privée et publique doit s'efforcer de développer
pleinement le potentiel économique de la biotechnologie. Ce
qui englobe l'adaptation de certains types de récoltes aux
conditions sociologiques et écologiques propres à nos régions.
Aujourd'hui, on entend parler d'une antinomie entre la biotechnologie
et le l';agriculture biologique, alors qu'ils font tous deux
partie d'une seule et même solution. La biotechnologie peut
aider le fermage organique et elle peut faciliter la gestion
des ressources en eau en réduisant notamment l'utilisation
de pesticides".
Restons-en
aux faits
Pour ce qui est des risques, le Dr. Ammann insiste qu' "ils
existent dans tous les domaines de la vie. Inutile de rêver
d'un risque zéro dans ce domaine come dans les autres. Il
y a certes des inconvénients, car certains insectes utiles
souffrent des méthodes biotechnologiques. Mais il n';existe
aucun danger véritable. De plus, les pesticides actuels sont
nettement plus nocifs. Ils détruisent 60% des insectes utiles,
soit trois fois plus que la biotechnologie moderne".
"Les méthodes traditionnelles ont entraîné des caractéristiques
indésirables pour certaines plantes. Maintenant que la biotechnologie
est sous les projecteurs, ce phenomène fait l'objet d'un débat.
Toute technologie nouvelle suscite la crainte. La biotechnologie
n'y échappe pas. Pourtant, de nombreux tests scientifiques
montrent de manière indiscutable que les peurs collectives
sont le plus souvent sans fondement".
Pour
une meilleure production alimentaire
"Je suis sûr que la biotechnologie moderne va nous permettre
de produire dans de meilleures conditions", continue le Dr.
Ammann. "Le maïs Bt est un exemple. La modification génétique,
qui va permettre de produire un soja plus écologique, en est
un autre. Les huiles aux qualités nutritionnelles améliorées
en sont un troisième. Les progrès de la biotechnologie sont
constants et vont entraîner une amélioration progressive des
méthodes de production".
Une
meilleure coopération
Le Dr. Ammann pense que l'Europe doit faire preuve de davantage
d'ouverture à l'égard de la biotechnologie des récoltes. "Le
maïs Bt est maintenant accepté" constate-t-il. "Il en va de
même pour le soja. Le colza suivra bientôt. Il est probable
que les méthodes biotechnologiques vont progressivement s'appliquer
à la majorité des récoltes. Pourtant, les Etats-Unis ont approuvé
la modification génétique pour beaucoup plus de récoltes que
l'Europe. Si ces récoltes ou leur dérivés sont importés en
Europe, des questions d'autorisation doivent être résolues".
"En général, il nous faudrait accélérer le processus d'harmonisation,
en Europe et dans le reste du monde. Si l'on parvient à harmoniser
les brevets à l';échelle planétaire dans d';autres domaines,
pourquoi pas dans celui de la biotechnologie ? L'important
est d'introduire une notion de procédures d'évaluation du
risque et d';inciter les producteurs à prendre l'engagement
de fournir des informations claires".
"Il est dommage que pour certains, biotechnologie et développement
durable soient contradictoires. Mes études m'ont en fait convaincu
du contraire : la biotechnologie a son rôle à jouer, et ce
rôle est important".
"EUFIC, Le Conseil Européen de l'Information Alimentaire", Mars
1998