La rareté croissante de zones de cultures appropriées représente
une difficulté supplémentaire pour la culture du cacao. L'augmentation
de la production du cacao, qui est passée de 1,5 millions
de tonnes en 1984 à 2,7 millions de tonnes en 1998, est presque
entièrement due à une extension des zones de production, mais
la productivité au mètre carré est restée faible. Les nouvelles
zones de production ont été pour la plupart aménagées en défrichant
des forêts, qui deviennent de plus en plus clairsemées. Dans
le même temps, de nombreuses exploitations plus anciennes
ne disposent plus que d'arbres âgés, au faible rendement et
qu'il conviendrait de remplacer.
Résistance
intégrée
Les organismes de recherche et les industriels utilisateurs
de cacao recherchent des solutions à ces problèmes. Le maintien
attendu de la prédominance des petites exploitations rend
impossible l'introduction d'améliorations technologiques qui
reposent sur une importante augmentation des investissements
financiers, d'autant plus lorsque la tendance des prix du
cacao est à la baisse. En vue de surmonter les difficultés
que rencontrent les producteurs de cacao, l'introduction et
l'utilisation de variétés plus productives résistant aux parasites
et aux maladies est, de ce fait, l'une des innovations les
plus efficaces, les moins chères et les moins agressives pour
l'environnement. Le cacaotier présentant une auto-résistance
à la plupart des maladies et parasites n'existe pas encore.
Néanmoins, les plants actuellement cultivés disposent généralement
d'un fort potentiel génétique de résistance.
Travail
d'équipe
Il existe plusieurs programmes internationaux dont l'objectif
est de développer des méthodes de production de cacao améliorées
et plus prometteuses. Des organismes de recherche en France,
au Royaume-Uni et aux Etats-Unis visent un but commun tout
en se spécialisant chacun dans des aspects spécifiques.
Au cours des dernières années, de nouvelles techniques ont
été développées, qui sont susceptibles d'apporter à terme
une contribution importante à la création de variétés améliorées
assurant de meilleurs rendements. Des collections de plants
de cacao, telle que celle qui existe à Trinidad, ont été constituées
et, depuis la fin des années 1970, des efforts systématiques
ont été faits pour en analyser le matériel génétique, principalement
par l'observation de ses caractères morphologiques.
Le développement de la technologie du marqueur ADN a révolutionné
cette pratique, en permettant de mieux comprendre la diversité
génétique de ces collections. A côté de cette compréhension
de la biodiversité, ces techniques peuvent également être
utilisées pour identifier les caractéristiques des arbres
qui présentent une résistance accrue aux maladies. A titre
d'exemple, un projet de collaboration entre des instituts
de recherche en France et dans des pays producteurs se propose
d'identifier les espèces qui présentent une résistance accrue
à la putréfaction de la cosse de Phytophtora (PPR), importante
maladie fongique du cacao. Ces arbres peuvent être utilisés
dans des programmes de reproduction traditionnels ou multipliés
par clonage, pour fournir aux agriculteurs des plants au rendement
meilleur et leur assurer un avenir plus prometteur.
L'intégration de tous ces nouveaux développements dans un
programme de reproduction moderne représentera une contribution
majeure à l'amélioration de la production du cacao.
"EUFIC, Le Conseil Européen de l'Information Alimentaire",
Mai 1998