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Les
agents anticancéreux
Rédaction
: Ludovic Baene,
avril 2002
Sommaire
:
Définition
Conditions d'application
Classification des agents anticancéreux
Effets secondaires
Pour en savoir plus
Définition
La chimiothérapie fait partie
des méthodes de lutte anti-cancéreuse, au même
titre que la chirurgie et la radiothérapie. Il s'agit
d'un traitement général, diffusé dans tout l'organisme,
qui a pour objectif de détruire les cellules malignes issues
de la tumeur d'origine.
La chimiothérapie comprend les agents anti-infectieux et les
traitements antinéoplasiques. Ces substances chimiques se
distinguent d'autres également utilisées contre les cancers,
qui sont proches de produits physiologiques, comme les hormones
(hormonothérapie) ou comme les cytokines (immunothérapie).
Elles agissent sur la reproduction et la division des cellules,
entraînant leur mort. Leur cytotoxicité les fait
s'attaquer à toutes les cellules de l'organisme en
cours de division et provoque donc de nombreux effets secondaires
au traitement.
En association avec la chirurgie
ou la radiothérapie, la probabilité de guérison augmente.
Conditions
d'application
La chimiothérapie
s'envisage pour 4 actions thérapeutiques
:
- curative (cancer du testicule, leucémies et tumeurs
d'enfants, maladies de Hodgkin, choriocarcinome placentaire),
- adjuvante (après le stade appelé "phase
locale" correspondant au début de l'invasion tumorale,
elle fait donc suite à un traitement locorégional),
- néoadjuvante (avant la "phase locale"),
- palliative.
Le choix entre les différents protocoles
établis est très large. Il dépendra de
:
- type et nature de la tumeur,
- localisation de la tumeur,
- atteinte ou non d'un autre organe,
- résultats des prises de sang et des examens complémentaires,
- efficacité et synergie des agents anticancéreux,
Il est très fréquent que l'on associe plusieurs
médicaments cytotoxiques pour un traitement, on parle alors
de polychimiothérapie. Le but est d'agir sur plusieurs étapes
du cycle cellulaire en même temps.
L'administration s'effectue le plus souvent par voie intraveineuse
en perfusion de durée variable. Certains médicaments peuvent
être donnés par voie intramusculaire ou par voie orale.
L'action porte sur les cellules malignes avant chirurgie ou
après chirurgie exérèse. Grâce à la diffusion, elle doit anéantir
les cellules en transit et donc lutter contre l'apparition
ou la présence de métastases.
La prescription se fait par cycle dont la durée, le rythme
et le nombre est variable suivant chaque cas. L'intervalle
libre entre les chimiothérapies permet une récupération des
tissus sains.
Un examen clinique et biologique du patient est nécessaire
avant chaque cure.
Exemple : cancer du sein
Un cycle tous les 21 jours :
- 5-fluorouracil 500 mg/m2 le jour n°1
- cyclophosphamide 500mg/m2 le jour n°1
- adriamycine 50mg/m2 le jour n°1
Classification
des agents anticancéreux
La classification des agents
anticancéreux se fait suivant leur mécanisme
d'action sur le cycle cellulaire et leur appartenance à
des familles chimiques.
Médicaments altérant
l'ADN :
- agents alkylants = chlométhine
- agents intercalants = daunorubicine (la pluplart sont des
antibiotiques)
- inhibiteurs de la topoisomérase I et II = irinotécan,
étoposide
- intermédaires électrophiles = dérivés
du platine (cisplatine, carboplatine, oxaliplatine)
Antimétabolites
:
- 5-fluoro-uracile
- mercaptopurine
Inhibiteurs enzymatiques
:
- de la thymidylate synthase = raltitrexed
- de la ribonucléide diphosphate réductase =
hydroxyurée
- de la dihydrofolate réductase = méthotréxate
Cytokines :
- interféron alpha
Altération du fuseau mitotique
:
- vinblastine, vincristine, vindésine, navelbine (alcaloïdes
de la pervenche)
- paclitaxel (taxanes)
Pharmacologie
des anticancéreux : classification, mode d'action,
principaux effets indésirables
Danièle Bentué-Ferrer, 2001-2002.
Ce fichier Power Point présente de façon détaillée
les différents mécanismes biochimiques d'action
des agents anticancéreux.
Effets
secondaires
La chimiothérapie s'attaque
à toutes les cellules de l'organisme en cours de division.
Le traitement agit en particulier sur les cellules cancéreuses
qui se divisent plus vite que les cellules normales. Cependant,
celles-ci ne sont pas épargnées et cela provoque des effets
secondaires. Ces effets indésirables sont variables et inconstants
selon les patients.
Toxicité
hématologique
-
Neutropénie
Les agents cytotoxiques peuvent entraîner une neutropénie
(chiffre absolu de polynucléaires neutrophiles inférieur à
1500 par millimètre cube) réversible, non cumulative et dépendante
de la dose. Elle survient en règle générale entre le huitième
et le quatorzième jour suivant l’administration de la chimiothérapie.
Sa durée, sa profondeur et son nadir (chiffre le plus bas
observé) dépendent des doses et du type de chimiothérapie
utilisé, mais aussi des antécédents d’irradiation et de l’ancienneté
de la pathologie cancéreuse (traitement en phase initiale
ou en rechute). Elle est considérée comme sévère (aplasie)
quand le chiffre absolu de polynucléaires neutrophiles est
inférieur à 500 éléments par millimètre cube.
En cas d'aplasie ou de neutropénie prolongée,
le risque infectieux du à des bactéries endogènes
est important.
-
Thrombopénie
Avec un nombre de plaquettes inférieur à 15000/mm3
il y a un risque majeur d'hémorragie avec comme solution
une transfusion plaquettaire.
-
Anémie
Elle est fréquente surtout après plusieurs cures
(surtout celles aux dérivés du platine). Une
transfusion s'effectue si l'hémoglobinémie est
inférieure à 8g/100ml.
- Pancytopénie
Toxicité
digestive
-
Nausées et vomissements
Précoces ou tardives, les nausées sont très
fréquentes et même systématiques avec
: cisplatine, carboplatine, doxorubicine, cyclophosphamide.
Elles dépendent du profil du patient, de la délivrance
du médicament en continu ou pas. Il faut administrer
des antiémétiques comme les Anti-5HT3 ou les
benzamides.
-
Mucite
La gravité des mucites dépend des cytotoxiques
utilisés. En l'absence d'une bonne prévention
(correspondant à une très bonne hygiène
bucco-dentaire), le traitement symptomatique passe par des
antalgiques et un antifongique.
-
Epigastralgies et diarrhée
Due au traitement médicamenteux, l'origine de la diarrhée
peut aussi être infectieuse. Traitement : imodium ou
hydratation parentérale.
Toxicité
sur les phanères
-
Alopécie
Perte de cheveux réversible mais à fort impact
psychologique. Un dispositif consistant en un casque réfrigérant
est le seul moyen préventif.
-
Erythrodermie, onychopathie
D'une manière générale chaque médicament
peut amener une toxicité propre suivant sa nature (exemple
: anthracyclines responsables d'une myocardiopathie dégénérative)
ou sa localisation (exemple : toxicité gonadique par
les agents alkylants pour une chimiothérapie pelvienne).
Pour
en savoir plus
Généralités
Principes
et indications de la chimiothérapie, de l'hormonothérapie,
de l'immunothérapie et des traitements non spécifiques en
cancérologie
Polycopiés de l'Université de médecine
de Lyon 1. Gilles FREYER - Véronique TRILLET- LENOIR, 1998.
Voir le document
Pharmacologie moléculaire
et cellulaire
Page des publications de l'Institut Gustave Roussy, notamment
sur les inhibiteurs de la topoisomérase.
Voir le document
Pharmacologie des Anticancéreux
Chimiothérapie anticancéreuse : stratégies & bases pharmacologiques.
Pharmacologie des Anticancéreux : mécanismes d'action, indications
et effets secondaires. Cours en ligne réalisé
par le Dr J. Ciccolini du laboratoire de Toxicocinétique &
Pharmacocinétique de la faculté de pharmacie de Marseille.
Voir le document
Médicaments anticancéreux
L'UFR de médecine de Grenoble fournit une présentation
des différents types d'agents anticancéreux
avec : nom de la molécule, nom des spécialités,
cinétique, effets, indications, contre-indications.
Voir le document
Recherche
Pharmacologie
clinique et expérimentale des médicaments anticancéreux
Unité de recherche de l'Institut Claudius Regaud, Centre
Régional de Lutte contre le Cancer de la Région Midi-Pyrénées.
Présentation, thèmes de recherche, publications.
Voir le document
Groupe de Pharmacologie des Médicaments
Anticancéreux et de Génétique Tumorale
Unité de recherche situé dans les locaux de
l'Institut Bergonié, Centre Régional de Lutte contre
le Cancer de Bordeaux et du Sud-Ouest. Présentation,
thèmes de recherche, publications.
Voir le document
Traitement
Traitement
systémique adjuvant du cancer du sein avec envahissement ganglionnaire
Sur le site de la Canadian Medical Association, un exemple
au format PDF téléchargeable de guide de pratique
clinique pour la prise en charge et le traitement du cancer
du sein. Mark Levine, Carol Sawka et David M. Bowman, pour
le Comité directeur des guides de pratique clinique pour la
prise en charge et le traitement du cancer du sein (Initiative
canadienne sur le cancer du sein de Santé Canada). 2001.
Voir le document
Action Cancer
Ontario Initiative sur les lignes directrices en matière de
pratique
Des groupes de travaux de différentes
provinces canadiennes ont établi un ensemble de guides
: "Lignes directrices sur les soins de cancérologie".
Ces guides, dont de nombreux concernent la chimiothérapie,
sont accessibles via cette page et classés dans un
tableau par groupes de pathologie. Exemple : "Chimiothérapie
après extraction chirurgicale complète d’un cancer du côlon
de stade II". Ao ût 2001.
Voir le document
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