Le
risque athérogène (infarctus) (2ème partie)Sommaire : Mécanisme de dépôt du cholestérol Evaluation du risque athérogène Origine des pathologies athérogènes PUB Mécanisme
de dépôt du cholestérola) La paroi vasculaire La structure de la paroi artérielle de la couche la plus interne à la couche la plus externe comprend :
Au cours de la vie, un certain nombre de mécanismes vont créer des brèches dans la paroi artérielle, en particulier dans les zones de bifurcation :
Ces brèches vont permettre le passage dans la paroi artérielle de lipoprotéines de petite taille: HDL (6 à 14 nm de diamètre) et LDL (15 à 25 nm). Par contre, les VLDL (30 à 70 nm) et les chylomicrons (100 à 1000 nm) ne peuvent s'infiltrer. Si la concentration plasmatique en LDL est trop élevée, il se produit une accumulation importante de lipoprotéines dans la paroi artérielle. Cette élévation de concentration peut être due à un défaut de catabolisme des LDL. Ce défaut pourrait âtre secondaire à une anomalie de l'APO B d'origine génétique ou à une diminution du nombre de récepteurs hépatiques du fait d'un apport trop important de cholestérol et de lipides saturés dans l'alimentation. Au contact des différentes
cellules présentes au niveau de ces parois, les LDL sont
alors oxydées, reconnues par des récepteurs spécifiques situés
sur les macrophages et internalisées dans les cellules qui
vont se charger en cholestérol et progressivement se transformer
en cellules Cette oxydation est soit enzymatique soit radicalaire. Elle ne concerne que les acides gras insaturés. Oxydation radicalaire : Un radical libre est une espèce
neutre ou chargée qui possède un électron célibataire.
Ces radicaux libres sont les produits réactions physiologiques. Mais ces espèces instables sont un danger pour l'intégrité des cellules, d'où l'existence d'un système de défense pour les neutraliser au fur et à mesure de leur formation. Au cours du vieillissement, ce système de protection devient moins efficace : il y a un excès de radicaux libres dans les cellules et en particulier dans les cellules de la paroi artérielle . Les radicaux libres vont agir
avec les acides gras insaturés des LDL et de la membrane plasmique
selon le processus de péroxydation. Cette péroxydation aboutit
d'une part à l'établissement de liaisons parasites
protéines-lipides, d'autre part à des désordres membranaires
entraînant des modifications de perméabilité et de fluidité
de ces dernières. Les lipides des LDL peuvent
aussi être oxydés par une lipo-oxygénase: la cholestérol-oxydase
est une flavoprotéine transformant le cholestérol (5-cholestène
3 bêta ol) en cholesténone (4-cholestène 3 one) par une oxydation
de la fonction alcool du carbone 3 suivie d'une isomérisation
de la double liaison (5-6) vers la position (4-5). L'action
de la cholestérol-oxydase sur le cholestérol génère à la fois
la cholesténone et le péroxyde d'hydrogène. Le cholestérol
libre des LDL, contrairement au cholestérol libre des membranes
peut âtre facilement oxydé par la cholestérol-oxydase . Après internalisation des LDL oxydées, la cholesténone intracellulaire exerce une action inhibitrice sur la synthèse du cholestérol, induisant par un phénomène de rétrocontrôle une augmentation de la production de récepteurs membranaires aux LDL oxydées et donc une augmentation d'incorporation de ces lipoprotéines oxydées. A un stade où l'oxydation des lipoprotéines est encore modérée, les lipoprotéines induisent la synthèse, dans les cellules endothéliales, de molécules mobilisatrices (facteurs chémotactiques) qui attirent les monocytes circulants. Cas derniers adhèrent alors aux cellules endothéliales, puis passent entre deux cellules endothéliales pour atteindre le sous endothélium où ils se différencient en macrophages. L'augmentation du nombre et du volume de ces cellules spumeuses réduit le diamètre des artères : La plaque d'athérome est l'endroit où se dépose le cholestérol. A ce niveau , l'artère voit son diamètre se réduire et le tissu fibreux est envahi par le calcaire. Il en résulte un épaississement et un durcissement de la paroi artérielle qui rend la circulation plus difficile et augmente le travail du cœur. Nous avons également vu que les membranes des cellules épithéliales étaient lésées par la lipidopéroxydation. Il s'ensuit une lyse cellulaire qui met à nu le sous endothélium. Il va y avoir formation d'un thrombus selon le processus suivant : La formation de ce thrombus est favorisée par le ralentissent de la circulation dû à la diminution du diamètre des artères. En effet, il y a une accumulation de cellules sanguines et en particulier de plaquettes au niveau de la plaque d'athérome. La Lp(a) est une lipoprotéine particulière. Selon le critère taille et composition lipidique elle ressemble aux LDL. Elle s'en distingue cependant par une composition en sucres qui lui est tout à fait particulière, à savoir un enrichissement très important en hexoses et en acide sialique. Elle renferme de l'APO B100 ainsi qu'une protéine qui lui est spécifique, l'APO (a). Cette APO (a) est reliée à l'APO B100 par l'intermédiaire d'un pont disulfure. La Lp(a) présente une grande analogie avec le plasminogène: Le plasminogène est formé par une succession de 5 kringles appelés K1, K2, K3, K4 et K5. Un kringle est une structure en boucle. Cette structure est définie par la présence de 3 ponts disulfures intramoléculaires permettant le maintient de cette structure en cercles. Le site protéasique en position C terminale permet le passage du plasminogène à la plasmine, par l'intermédiaire de l'activateur tissulaire au plasminogène . Pour l'APO (a), la structure est formée d'un enchaînement de 37 copies du kringle 4. Les kringles 1, 2 et 3 sont absentes. Une copie du kringle K5 est terminée par un site protéasique différent de celui du plasminogène avec présence d'une sérine à la place d'une arginine la rendant résistante vis à vis de l'activateur tissulaire au plasminogène. La liaison disulfure entre l'APO (a) et l'APO B100 se fait par l'intermédiaire de deux cystéines au 36eme Kringle. Le nombre de copies du K4 est
variable (de 13 à 37) d'où l'existence d'isoformes de masse
moléculaire très différentes (entre 300 000 et 800 000 daltons).
On distingue 6 isoformes : Rôle de la Lp(a) Beaucoup de preuves épidémiologiques
montrent que la Lp(a) est une lipoprotéine pro-athérogène
et cela pour 4 raisons:
Les HDL sont un mélange
de deux types de particules lipoprotéiques: celles qui
contiennent les APO AI et AII (Lp AI:AII) synthétisées par
le foie, et celles qui contiennent l'APO AI mais pas l'APO
AII (Lp AI) et formées dans l ' intestin et le foie. La Lp
AI possède une enzyme, la lécithine cholestérol acyl transférase
(LCAT), activée par l’APO A1 et l’APO AIV. Les Lp AI et Lp AI:AII transportent ensuite le cholestérol vers le foie, seul organe où il pourra être catabolisé et éliminé par la bile dans les intestins.
évaluation
du risque athérogène
Pour chaque test biologique sont comparés moyenne et écart-type relatifs aux deux populations. L' importance du chevauchement de ces deux distributions, exprimé en pourcentage, permet d'évaluer l’intérêt de chaque test: Plus le chevauchement est important, moins le paramètre biologique est significatif. Inversement, un faible chevauchement conduit à la notion de paramètre hautement significatif ou discriminant. On remarque que le caractère le plus discriminant est le dosage de l'APO B. Toutefois, l'aspect du sérum, le dosage du cholestérol total et des triglycérides restent des tests de base pour l'exploration lipidique et gardent tout leur intérêt. Par contre, l'évaluation du risque athérogène nécessite d 'autres tests :
Par sa fonction, l'APO B est un marqueur des lipoprotéines concernées par le risque athérogène et les APO A sont des marqueurs des lipoprotéines antiathérogènes. Il est donc intéressant de faire un rapport B/A pour évaluer le risque athérogène. Toutefois, il faut faire attention à toute augmentation de l'APO B qui n'est pas obligatoirement une augmentation des LDL mais une augmentation des VLDL: les ‘hyperLDLémies’ et les ‘hyperVLDLémies’ ne se traitent pas de la même manière. Les triglycérides ne participent pas directement à l'athérogénèse mais une forte triglycéridémie rend le sérum opalescent et plus visqueux, ce qui ralentit le flux sanguin. Le thrombus peut donc se former plus facilement.
Origine des pathologies
athérogènes
Nous avons déjà vu que seule
une concentration élevée en cholestérol LDL corrélée à une
alimentation riche en triglycérides suffisait à déclencher
le processus de l'athérogénèse. En effet, le foie n'est plus
en mesure d'éliminer l'excès de cholestérol. Celui-ci se dépose
donc dans la paroi artérielle. Mais il existe également des
hyperlipémies athérogènes d ' origine génétique. Physiopathologie : On considère que l'hypercholestérolémie
familiale résulte d'une déficience de récepteurs cellulaires
LDL se matérialisant soit par l'absence de ces récepteurs
(récepteurs "négatifs" chez certains homozygotes),
soit par la non-reconnaissance de ces récepteurs (récepteurs
« déficients"). La physiopathologie de cette
maladie est mal connue. Il y a une accumulation d'IDL résultant d'un blocage enzymatique intravasculaire empêchant le passage des VLDL aux LDL. Le diagnostic de certitude repose sur le rapport cholestérol VLDL/triglycérides. Si ce rapport est inférieur à 0,30 et s'il y a en APO EIII, on peut diagnostiquer une hyperlipémie de type III. Par David Puech
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