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La thrombose veineuse profonde
des membres inférieurs
Rédacteurs:
Dr Françoise Girard et Ludovic Baene, mai 2002
Définition
- Physiopathologie - Epidémiologie
Etiologies
Diagnostic
Traitement
Pour en savoir plus
Définition
- Physiopathologie - Epidémiologie
La thrombose
veineuse profonde (TVP) peut être définie
comme la formation d'un processus thrombotique organisé
(associant fibrine, globules blancs et plaquettes) ou thrombus,
dans la lumière veineuse.
La majorité des thrombi se forme dans les zones de
bas débit sanguin que sont les réseaux veineux
suraux.
Pour la localisation de
la TVP on définit quatre étages de la jambe.
- Etage 1 : veines de la jambe,
32% de localisation,
- Etage 2 : étage 1
et veine poplitée, 17%,
- Etage 3 : étage 1 et 2 et
veine fémorale, au-dessous de l’aine, 23%,
- Etage 4 : étage 1, 2, 3
et veines pelviennes, 28%.
La
triade de Virschow énonce les 3 conditions nécessaires
à la formation d'une thrombose veineuse profonde:
- la stase veineuse est favorisée
par : l'immobilisation, la compression , l'hyperviscosité
ou la dilatation sanguine,
- l'altération pariétale
par : traumtismes locaux, cathéther,
- les modifications du sang
circulant par l'augmentation des facteurs de coagulation
ou la diminution de ceux de la fibrinolyse = deux systèmes
en équilibre constant mis en jeu: l'hypercoagulabilité sanguine
du fait de l'activation de la thrombinoformation (et/ou
de l'inhibition inefficace de cette thrombinoformation par
les protéines C, S, et l'ATIII), et le système fibrinolytique.
Le thrombus apparait dans
un nid valvulaire puis s'étend en amont et surtout
en aval entrainant un risque important d'EP. Ensuite le thrombus
va adhérer à la paroi et obstruer complètement la lumière
vasculaire entraînant un syndrome obstructif responsable des
phénomènes douloureux et des oedèmes. Le réseau veineux superficiel
permet de supléer. L'évolution se fait ensuite vers
une recanalisation plus ou moins complète et le développement
d'une circulation veineuse collatérale.
La lyse du caillot est physiologique,
mais son dépassement entraîne l'extension en
aval par un thrombus non adhérent, potentiellement
capable de migrer vers le poumon. La TVP des membres inférieurs
est indissociable de sa complication immédiate : l'embolie
pulmonaire (EP). On parle dans ces cas là de maladie
thromboembolique veineuse (MTE). Il existe une complication
secondaire, le syndrome post-phlébitique.
Elle survient souvent sur un terrain prédisposant mais les
cas inexpliqués sont nombreux. Le caillot sanguin est constitué
de fibrine (protéine insoluble) associée à des globules blancs
et des plaquettes.
La TVP est une pathologie fréquente (250 000/an) et est responsable
de 10 000 décès/an par EP. Aux Etats-Unis, on estime à
600 000 le nombre de MTE avec 30% de décès et
en France 50 000 à 100 000 cas entrainant 10% de décès.
Etiologies
Classiquement, quatre étiologies
peuvent être retenues :
- chirurgicale
: tout geste chirurgical est capable de générer
une thrombose d'autant plus volontiers que sa durée
sera longue, la pathologie sous jacente cancéreuse
ou que le geste sera orthopédique (50% de TVP en
chirurgie orthopédique d'urgence, contre 10% en chrirugie
digestive réglée),
- médicale
: les cardiopathies, les tumeurs malignes (que ce soit par
compression ou par modification des facteurs de coagulation),
les maladies systémiques (LEAD, Behçet, RCH,
PR, les thérapeutiques antioestrogéniques
ou les oestroprogestatifs, les gestes iatrogènes
comme les poses de cathéters centraux ou périphériques,
les syndromes de Cockett ou du défilé thoraco-brachial),
- obstétricale
: les risques de
thromboses sont multipliés par 6 mais l'incidence
reste faible.
- anomalies
de l'hémostase :
le bilan de coagultion pratiqué avant la mise en
route du traitement anti coagulant peut mettre en évidence
un déficit en antithrombine III, en protéine
C, en protéine S, une résistance à
la protéine C activée RCPA (facteur V de Leiden),
ou encore la présence d'anticorps anti phospholipides.
Diagnostic
La douleur spontanée
ou provoquée n'est présente que dans 60% des
cas, alors que l'oedème, blanc, ne prenant pas le godet,
accompagné d'une douleur à la dorsiflexion du
pied est bien plus fréquent. Il arrive de voir une
dilatation de la circulation collatérale, en raison
de la suppléance dont elle a la charge.
.Parmi les signes généraux, on peut retrouver
une tachycardie ou un fébricule.
Le diagnostic positif
respose sur l'examen de première intention que doit
être l'echodoppler pulsé couleur qui représente
le gold standard, dans des mains expérimentées.
Sa sensibilité est de 98% et sa spécificité
de 97% pour les TVP symptomatiques. Le diagnostic se fait
sur l'incompressibilité veineuse et la mise en évidence
du thrombus dont l'échogénicité varie
dans le temps.
Le scanner peut compléter l'echodoppler au niveau des
veines iliaques ou caves parfois difficiles à voir
en échographie, et permet le diagnostic des thromboses
des veines pelviennes.
La phlébographie permet une confirmation diagnostique
de grande fiabilité, mais on lui reproche son caractère
agressif, l'injection d'iode et son co ût (4 fois celui
de l'echodoppler - Ke 40= 76, 80 euros).
La pléthysmographie n'a plus d'indications.
Le dosage des D-dimères permet, dès lors qu'ils
sont inférieurs à 500 µg/l, d'éliminer
avec une probabilité proche de 100%, le diagnostic
de TVP. Leur positivité doit être approchée
avec modération car d'autres causes sont retrouvées
(inflammation, cancers, grossesse, traumatismes, etc.).
Les diagnostics différentiels reposent sur les moyens
diagnostics cités, ce sont les kystes poplités
rompus ou non, les hématomes, les déchirures
musculaires, les sciatalgies tronquées, etc.
Il existe de nombreux cas asymptomatiques justifiant un autre
diagnostic que celui clinique. De plus de nombreuses affections
des membres inférieurs peuvent mimer la douleur d'une TVP
comme par exemple un kyste synovial poplité, un épanchement
synovial, une déchirure musculaire, une tendinite, un lymphoedème.
Résumé
des techniques possibles
d'examen :
- écho-doppler couleur (visualisation
directe du vaisseau, de la thrombose et du flux à son niveau)
- pléthysmographie et la scintigraphie
au fibrinogène marqué
- phlébographie
- bilan biologique et D-dimères
(produits de dégradation de la fibrine, témoignant de l'existence
d'une fibrinolyse physiologique active; le test ELISA est
sensible de 92 à 100%, un taux bas de D-dimères écarte
un processus thrombotique)
Traitements
Le traitement thrombolytique
permet une dissolution rapide du caillot, sans influence cependant
sur les complications de la maladie.
Le traitement à la phase aigüe repose sur l'héparinothérapie.
Les HBPM ont une efficacité équivalente à
celle de l'héparine non fractionnée, elles sont
plus stables et mieux absorbées. Leur posologie est
de 100 UI/kg/ matin et soir et certaines d'entre elles (Fraxodi®
et Innohep®) peuvent être actives à une seule
injection par jour. Les risques de thrombopénies obligent
à un dosage plaquettaire bihebdomadaire.
Le relais par un traitement AVK se fera rapidement et permettra
l'interruption des HBPM dès lors que l'INR sera comprise
entre 2 et 3.
Ce traitement sera maintenu en fonction de la hauteur de la
thrombose et du contexte entre 1 et 6 mois. Les trhomboses
récidivantes peuvent obliger à des traitements
prolongés.
Les filtres cave gardent des indications extrêmement
limitées à ce jour, essentiellement dans les
contre indications absolues à l'héparine ou
aux AVK.
La contention est indispensable dès le diagnostic car
elle limite les risques de survenue d'un syndrome post phlébitique
et sera le plus souvent conseillée à vie. Le
décubitus strict reste la règle sauf pour les
thromboses sous poplitées.
Enfin, on doit insister sur le traitement préventif
qui doit être institué dès lors que les
patients se trouvent dans les situations "à risques"
que l'on connait.
Il associe un lever précoce, une mobilisation rapide
, le respect des règles hygiéno-diététiques
veineuses et la mise sous HBPM à doses préventives,
selon des protocoles et des recommandations clairement établis.
» Pour
en savoir plus:
Généralités
et référentiels
Thromboses veineuses profondes
Généralités, physiopathologie, étiologies,
clinique, examens complémentaires, complications,
traitement. Fiche réalisée par le Dr. Jean-Marc
Schleich du département de cardiologie et maladies vasculaires
du CHU de Rennes. Mise à jour septembre 1998.
http://www.med.univ-rennes1.fr/etud/cardio/thromboses_veineuses_profondes.htm
Thrombose veineuse profonde des membres inférieurs
Introduction, épidémiologie, histoire naturelle,
diagnostic positif, diagnostic différentiel, diagnostic
étiologique, traitement. Fiche réalisée
par J.L. Bosson de la faculté de médecine
de Grenoble. Mise à jour novembre 1997.
Voir le document
Insuffisance veineuse chronique des membres inferieurs
Recommandations et références médicales parues dans le
Concours Médical, supplément au n° 42 du 14
décembre 1996. Edité par l'Anaes.
Voir le document
Phlebologie.com
Allez dans la rubrique résumé d'articles
de 1970 à 2002 puis dans la sous-rubrique sélection
d'articles complets : vous accédez à un
moteur de recherche permettant d'obtenir des articles
parues dans la revue phlébologie. Le site possède
aussi des cas d'étude.
Voir le document
Planète ANGIO
Créé par l'Association de Formation Continue
en Angiologie, le site se veut un espace complet du domaine
de l'angiologie française : les sociétés
savantes, les associations, les urgences, le web, les
images de cas cliniques. De nombreuses rubriques restent
encore en construction.
Voir le document
Union internationale d'angiologie
Société savante publiant International Angiology
et possédant en autre un groupe de travail de surveillance
des nouveaux médicaments anticoagulants et antithrombotiques.
Voir le document
Diagnostic
et traitement
Analyse décisionnelle dans la maladie thrombo-embolique
veineuse
Présentation d'études avec techniques statistiques
et arbres décisionnels. Exposé en format
PDF réalisé par Bruno Tribout, médecine
vasculaire, CHU d'Amiens. Collège de médecine d'urgence
de Picardie, 2000.
Voir le document
Diagnostic ultrasonographique des thromboses veineuses
profondes
Edgar Sanabria, Service Médecine Nucléaire, Centre Hospitalier
de Valence. Article au format PDF, Médecine Nucléaire
- Imagerie fonctionnelle et métabolique - 2001 - vol.25
- n°8.
Voir le document
Quantification échographique des thromboses veineuses
profondes des membres inférieurs
Publié par la revue Statistique Médicale En Ligne.
Auteurs : J.L. Bosson, M. Riachi, O. Pichot, E Michoud,
P.H. Carpentier, A. Franco. 1995.
Voir le document
Thrombophlébite et cancer : évaluation de la rentabilité
diagnostique de l'échographie abdominale systématique
à la phase aiguë d'une thrombose veineuse profonde
Résumé de l'article paru dans le Journal
des maladies cardio-vasculaires. Auteurs : N. Cailleux,
I. Marie, E. Primard, F. Lecomte, J. Henry, J.P. Louvel,
A. Janvresse, H. Lévesque, H. Courtois du CHU de Rouen,
1997.
Voir le document
Groupe de Travail sur la Thrombose du Canada
Le Groupe de Travail sur la Thrombose canadien propose
d'accéder à ses publications, notamment
les lignes directrices pratiques concernant le traitement
de la thrombophlébite profonde.
Voir le document
Substitution hormonale et thromboses : leçons de ces
cinq dernières années
Article de la revue suisse Médecine et Hygiène
sur l’hormonothérapie de substitution et les risques de
thromboses. S. Regazzoni F. Luzuy F. Boehlen Y. Dimitrova
P. de Moerloose, 2002.
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Recherche
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sur le sujet :
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Circulation
Les articles portant sur le sujet publiés dans
Circulation, la revue de l'American Heart Association.
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