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actualité médicale
img Le syndrome du canal carpien - SCC (1ère partie)
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img Introduction

Introduction

Le syndrome du canal carpien (SCC) est la pathologie la plus connue et la plus répandue des troubles musculo-squelettiques ou TMC (douleurs dorsales, inflammation des poignets, des coudes ou des genoux...)

En France, la plupart des TMC sont reconnues comme maladies professionnelles.
Avec près de 9000 cas en 1998, soit 70% du total des maladies professionnelles reconnues, et une progression de l'ordre de 20% par an, les TMS constituent une question majeure de santé au travail en France. (Anact)

Définition

Le canal carpien est une région intérieure de la main (talon de la main) et du poignet, le plancher concave ou en gouttière est formé par les os du poignet, le toit ou couvercle est formé par un ligament ou membrane, le ligament annulaire antérieur du carpe.
A l'intérieur de ce canal passent les tendons fléchisseurs et le nerf médian.

Le syndrome du canal carpien correspond à une compression du nerf médian, nerf de la main donnant la sensibilité au pouce index majeur et partie de l'annulaire et nerf moteur des muscles du pouce (éminence thénar).

Cette compression est souvent associée à un mouvement répétitif de la main, dans le cadre du travail ou par la pratique d'un sport ou d'un loisir, mais il peut aussi résulter d’une utilisation normale de la main.
La main dominante est la plus souvent atteinte.

Epidémiologie

On a remarqué une prédominance féminine après 50 ans mal expliquée (rôle de modifications hormonales avec infiltration des tissus mous ?).

Sinon il n'existe aucune estimation fiable du nombre de cas, mais les études réalisées sur la fréquence du syndrome du canal carpien dans certains métiers sont de plus en plus nombreuses à indiquer que ce trouble est assez répandu.

Quelques chiffres :

- Dans une études, 614 des 982 caissiers de supermarché interrogés ont signalé des symptômes compatibles avec le syndrome du canal carpien.

- Chez DuPont Inc., aux Etats-Unis, sur les 535 accidents du travail dénombrés durant les deux dernières années, 81% étaient liés de près ou de loin au SCC. Une étude récente menée au sein de cette même entreprise a révélé que l'écrasante majorité des salariés avait tendance à taper trop fort sur les touches du clavier.

Etiologie

- Causes rhumatologiques (Ténosynovite des fléchisseurs et/ou synovite du carpe...)
- Causes traumatiques (fracture...)
- Anomalies congénitales (corps musculaire du fléchisseur commun superficiel ou du petit palmaire trop volumineux ou trop long, descendant au poignet: non rare chez le travailleur manuel)
- Causes tumorales (neurofibromes, lipomes,...)
- Causes métaboliques ou endocriniennes (hypothyroïdie, diabète...)
- Formes idiopathiques (fréquentes, ...)
- Dialyses rénales au long cours (amylose)
- D’autres conditions de santé sont aussi considérées comme des facteurs du syndrome du canal carpien, entres autres le diabète sucré, la polyarthrite, l'arthrite rhumatoïde, le tabagisme, les problèmes circulatoires, la grossesse, la ménopause, l’obésité, l'hypothyroïdie, l'alcoolisme.

Les causes attribuables au travail :

Les causes attribuables au travail, chez les travailleurs manuels, semblent importants, de l’ordre de 55% et 76% respectivement chez les femmes et les hommes opérés (Rossignol M et al, 1997).

Les gestes professionnels incriminés sont :
- L’ hyperextension du poignet,
- L’hyperflexion du poignet associée à la flexion des doigts,
- La compression par appui sur le talon de la main (directe ou par un manche d’outil).

Les professions les plus exposées sont:
Les charpentiers maçons, les scieurs et coupeurs, les polisseurs-meuleurs, les travailleurs à la chaîne, les emballeurs, les femmes de chambre, le personnel d’entretien, les travailleurs sur clavier (caisse, ordinateur), les musiciens, les employés dans l’industrie agroalimentaire, les bouchers.
Notamment on a beaucoup parlé, à un moment donné, de l’épidémie des claviers. Il s’agissait d’une augmentation de plaintes de type "canal carpien" chez des personnes tapant sur des claviers d'ordinateurs.

Après une intervention chirurgicale, le médecin du travail doit faciliter le reclassement et demander un allègement de la charge de travail au niveau des poignets.
Il s’agit d’une maladie reprise sur la liste des maladies professionnelles au n° 1.606.51

Symptômes et signes cliniques

Quelques symptômes du syndrome du canal carpien :

- Picotement et engourdissement de la main et des doigts
- Parésthésies qui siègent de façon caractéristique au niveau de la face palmaire des trois premiers doigts de la main, mais peuvent atteindre toute la main et même irradier au niveau de la face antérieure de l'avant bras
- La recrudescence nocturne de ces douleurs est habituelle
- Certains gestes calment la douleur, en agitant la main ou en la laissant pendre en dehors du lit
- Des troubles vasomoteurs sont fréquents, avec hypersudation ou œdème de la main
- Les formes bilatérales sont fréquentes avec alors, nette prédominance d'un côté
- Dans des cas plus extrêmes, le bout des doigts peut même devenir sec, car les nerfs responsables de la transpiration de la main passent près du nerf médian et sont aussi compressés
- De plus, si la situation perdure, il peut y avoir une perte de la masse musculaire du pouce

Non traité, le syndrome du canal carpien peut causer de graves inconforts, des douleurs intenses et prolongées, voire la perte de l'usage d'une main, pouvant aller jusqu'à nécessiter une intervention chirurgicale.

Diagnostic

Le diagnostic se fait par l'examen clinique, aidé parfois par l'électromyographie.
Stade I : L'examen peut être normal, limitant alors la symptomatologie aux phénomènes subjectifs.
Stade II : Il peut montrer l’existence de troubles sensitifs objectifs dans le territoire du médian, et particulièrement au niveau de la pulpe des trois premiers doigts.
Stade III : Il peut révéler la présence de troubles moteurs au niveau de l'opposant du pouce, avec volontiers une amyotrophie de l'éminence thénar.

Dans tous les cas, il faut rechercher un signe de Tinel au niveau de la face antérieure du carpe ainsi qu'une voussure, souvent douloureuse à la pression, à la face antérieure du poignet.
Le diagnostic peut être confirmé par un EMG qui met en évidence un allongement de la latence motrice distale du nerf médian, alors que la vitesse de conduction motrice entre le coude et le poignet est normale.
Quand cela est possible, l'étude des vitesses de conduction sensitive montre également un ralentissement significatif.

Traitements

Au stade I, purement sensitif subjectif, il est possible de se contenter des petits moyens médicaux : (immobilisation de la main et du poignet par attelle au minimum la nuit avec prescription d'antalgiques et d’anti-inflammatoires), mais leur action est le plus souvent très transitoire.
Dans le cas particulier de la grossesse le syndrome régresse habituellement et spontanément après l'accouchement ou le "retour de couches".

Quand le stade I est dépassé, il faut alors recourir alors aux infiltrations locales de corticoïdes.
La première est le plus souvent efficace et ce parfois de manière prolongée.
La deuxième est moins efficace et de plus brève durée.
Il n'est guère raisonnable de réaliser plus de trois infiltrations.
En cas d'echec ou de récidive : indication chirurgicale.

La chirurgie (section complète du ligament annulaire antérieur du carpe +/- neurolyse en fonction des constatations opératoires) dont la bénignité et l'efficacité sont remarquables (80%) à condition que la souffrance du nerf n'ait pas été prolongée par la continuation inutile d'un traitement médical peu ou pas efficace. Elle se fait de façon classique ou sous endoscopie.
Aux stades II et III, avec troubles sensitifs et à fortiori moteurs objectifs, l'indication opératoire est formelle.

Rédacteur : Florence Campagne
Octobre 2000

 
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