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L'hémochromatose
génétique (2ème partie)
Sommaire :
Définition
Physiopathologie
de la maladie
Caractéristiques
génétiques associées à l'hémochromatose
Manifestations
cliniques de l'hémochromatose
Diagnostic de l'hémochromatose
Traitement de l'hémochromatose
Pour
en savoir plus
Diagnostic
de l'hémochromatose
La démarche
diagnostique classique à partir du phénotype
-
coefficient de saturation de la transferrine (CST)
Il correspond au rapport du fer sérique sur la capacité
totale de fixation de la transferrine. Si le CST est élevé
c'est à dire supérieur à 60 % chez l'homme
et à 50 % chez la femme, on demande la ferritinémie
qui reflète les réserves tissulaires en fer.
Au delà d'une certain seuil (valeurs normales : entre
30 et 300 g par litre chez la femme non ménopausée
et 400 g par litre chez l'homme et la femme ménopausée),
on peut suspecter une surcharge en fer.
-
la ponction biopsie hépatique
Elle est en général pratiquée lorsque,
après avoir éliminé les autres causes
de surcharge en fer, le test génétique ne confirme
pas le diagnostic malgré une forte suspicion. Elle
permet de rechercher la surcharge hépatique en fer
mais surtout de porter le diagnostic d'hémochromatose
génétique en dosant le fer intrahépatique.
Une première méthode d'évaluation des
réserves en fer a été l'utilisation de
la réaction de Perls sur pièces de biopsies.
Actuellement, cette méthode est supplantée par
la mesure de l'index de charge hépatique en fer rapporté
à l'âge. Cet index est obtenu par le rapport
de la concentration hépatique en fer sur l'âge
du patient.
-
la méthode des saignées quantitatives
Elle permet de quantifier l'excès de fer mobilisable
au moment du diagnostic. En effet, le nombre total des saignées
nécessaires pour ramener à la normale la ferritine
sérique et le fer sérique permet de quantifier
la surcharge en fer.
Nouvelle
étape de la démarche diagnostique : le test
génétique HFE
-
le test génétique supplante la ponction biopsie
de foie dans la démarche diagnostique en raison
de sa simplicité, de sa fiabilité et de son
caractère atraumatique.
- il permet de rechercher les mutations génétiques
C282Y et H63D. Pour celà, plusieurs méthodes
de biologie moléculaire existent. Elles utilisent toutes
la technique PCR (polymerase Chain Reaction).
- le génotype C282Y homozygote (une mutation
sur chaque chromosome) signe quasiment le diagnostic positif
car il est fréquent dans l'hémochromatose
(en moyenne 80 %) et rare dans la population
générale (moins de 1 %). Les autres génotypes
ne permettent pas d'orienter formellement le diagnostic étiologique.
- le test HFE doit toujours être un examen de seconde
intention car l'information qu'il procure dépend
du phénotype
> si l'hémochromatose
est déjà connue, le test sert uniquement
à orienter un éventuel conseil génétique
pour les apparentés
> si l'affection est symptomatique
(CST et ferritine élevés), le test a un intérêt
diagnostique
> si elle est asymptomatique
(ferritine normale, CST normal ou élevé),
le test ne sert qu'à prédire le risque
de survenue de la maladie
Diagnostic
différentiel
Lors
de la démarche diagnostique, de nombreux diagnostics
différentiels doivent être évoqués.
En effet, la surcharge en fer peut être secondaire à
:
- une maladie chronique du foie
- une hépatosidérose d'origine cirrhotique
- une hépatosidérose dysmétabolique
- une dysmyélopoïèse
- une porphyrie cutanée tardive
- une acéruloplasminémie héréditaire
- un excès d'apport exogène en fer : dysérythropoïèses
congénitales sévères (thalassémie...),
les anémies réfractaires, les insuffisances
médullaires, les maladies hémolytiques congénitales
(drépanocytose...)
- une hyperabsorption intestinale de fer
Traitement
de l'hémochromatose
Les ponctions
veineuses itératives
-
Les saignées sont le traitement principal de l'hémochromatose
génétique.
- Elles visent à réduire puis stabiliser
les réserves en fer à leur strict minimum.
Elles permettent ainsi de compenser l'excès d'entrée
lié à l'hyperabsorption digestive constitutionnelle.
- Le traitement symptomatique par saignées est toujours
indiqué dès lors que la ferritine dépasse
le seuil de normalité (en général,
300 ng/ml chez la femme et 400ng/ml chez l'homme).
- Les saignées sont d'abord effectuées à
rythme hebdomadaire puis espacées au rythme de une
tous les 1 à 3 mois.
- Le volume soustrait dépend de plusieurs facteurs
: corpulence, tolérance (clinique et biologique), état
physiologique (pathologie associée, vieillissement).
Il est en général de 200 à 350 millilitres
chez la femme et de 300 à 450 millilitres chez
l'homme.
-
Les saignées sont efficaces si le taux de la ferritinémie
décroît progressivement, parfois après
une augmentation passagère.
- Les saignées permettent de faire régresser
certains signes cliniques comme la mélanodermie,
l'hépatomégalie, la cardiopathie et l'asthénie.
Les autres complications sont irréversibles : arthropathies,
diabète, hypogonadisme, cirrhose.
Les chélateurs
du fer
Ils
sont exceptionnellement utilisés. Ils peuvent être
associés aux saignées ou bien se substituer
à elles quand celles-ci sont impossibles (capital veineux
inaccessible...).
Les traitements
associés
Ils
correspondent :
- à la prise en charge spécifique des complications
liées à la maladie
- à l'éviction des facteurs de risque hépatotoxiques
- à l'éviction des apports médicamenteux
en fer et en vitamine C. En effet, quand la maladie se
complique d'atteinte hépatique, pancréatique
ou cardiaque, certains médicaments sont à éviter.
Ce sont les digitaliques (troubles du rythme), les corticoïdes
(effet diabétogène), les androgènes (risque
hépatique). Quant à la vitamine C, elle augmente
l'absorption intestinale du fer.
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