PUB
PUB
actualité médicale

imgCancer du col de l'utérus : problématique de la prise en charge.

A propos de 40 cas observés à l'hôpital Sendwe de Lubumsbashi (3ème partie)

Tableau V : répartition des malades suivant le diagnostic clinique posé.

DIAGNOSTIC

Cancer du col stade Ia

Cancer du col stade Ib

Cancer du col stade II

Cancer du col stade III

Cancer du col stade IV

Total

EFFECTIFS

3

7

10

10

10

40

POURCENTAGE

7,5

17,5

25

25

25

100

PUB

Les cancers invasifs (Ib, II, III, IV) représentent 92.5% des cas. Les formes pré-cliniques ne représentent qu’un faible pourcentage de 7,5%. Nous en déduisons que la plupart de nos malades consultent tard lorsqu’il y a déjà des manifestations cliniques comme l’indique le tableau n°IV ou 50 % des patientes présentent une métrorragie de contact, 22% des hypogastralgies. Ce tableau dramatique contrastant par ailleurs avec les données actuelles de la situation en Occident notamment en France (6) doit nécessairement interpeller les pouvoirs publics afin de multiplier les efforts pour parvenir à dépister le cancer dans sa phase infra clinique.

Tableau VI : données relatives à l’état général des patientes.

ETAT GENERAL

Conservé

Altéré

EFFECTIFS

28

12

40

POURCENTAGE

70

30

100

Dans 70% des cas, les malades conservent leur état général ; le cancer du col n’a altéré l’état général que dans 30% des cas dans notre étude. Les principales causes semblent être l’anémie liée à la métrorragie et les métastases extra-pelviennes (pulmonane, cérébrales) notamment. Nous pensons que le fait que l’état général des malades est le plus souvent conservé justifie en partie les consultations tardives, mais il y a aussi et sûrement l’ignorance des malades qui minimisent les petites métrorragies de contact. Le rôle des féticheurs et autres guérisseurs traditionnels n’est pas à exclure dans ce drame.

Tableau VII : distribution des malades suivant le traitement effectué.

TRAITEMENT

Hystérectomie totale intrannexielle

Hystérectomie totale intrannexielle (wertheim)

Wertheim curage ganglionnaire

Abstention chirurgicale

Total

EFFECTIFS

2

9

7

22

40

POURCENTAGE

5

22

17,5

55

100

Plus de la moitié de nos patientes (55%) n’ont pas bénéficié du traitement chirurgical parce que vues à des stades tardifs (III et IV) comme l’indique le tableau n°V. Vous remarquerez que 2 malades sont passés au stade III en pré opératoire. C’est pourquoi nous avons un chiffre de 22 cas d’abstention chirurgicale au lieu de 20 (voir tableau V : stade III et stade IV). Toutes nos patientes des formes dites opérables (45% des cas) ont bénéficiée d’un chirurgie radicale alors qu’ailleurs le stade I a bénéficié d’une chirurgie plus tôt conservatrice nécessitant une expérience suffisante dans la chirurgie du col de l’utérus (conisation ou amputation du col).

Les formes non opérables (cancer du col aux stades III et IV) qui représentent plus de la moitié des malades de notre série n’ont pas bénéficié de la radiothérapie qui n’est pas disponible dans notre milieu ; et quand bien même ce traitement existerait, son coût serait trop élevé pour nos patientes et les résultats obtenus sont souvent dérisoires avec beaucoup de complications. (6).

Les complications observées

Dans notre série nous avons eu 3 types de complications post-opératoires :

- 4 fistules vésico-vaginales (10%)
- Une ouverture accidentelle de la vessie (2,5%)
- Une ligature et section des uretères (2,5%)

Les fistules vésico-vaginales sont une complication connue de la chirurgie du cancer du col de l’utérus. Nous la retrouvons dans 10% de cas dans notre série. Ceci est excessif comparativement aux résultats décrits par Guy Michel et collaborateurs (6).

Benson (1) affirme qu’avec l’usage d’un cathétérisme vésical prolongé (6 à 8 semaines), la fréquence des fistules urinaires est passée de 10% à moins de 3%. L’expérience du chirurgien et une bonne indication opératoire (stade du cancer) réduiraient le nombre de ces complications.

Conclusion

C’est dans un tableau dramatique que le cancer du col de l’utérus se présente chez nous, ne donnant pas la chance à 55% de nos patientes d’être soignées, étant donné qu’elles nous consultent à des stades dépassant nos possibilités thérapeutiques actuelles. Compte tenu de ce qui précède et du fait que nos malades sont de plus en plus jeunes comparativement aux données actuelles en Occident, nous pensons qu’il est impérieux d’envisager une politique sanitaire visant à la fois la prévention par la prise en charge de toutes les lésions bénignes du col et le dépistage à rendre systématique dès lors qu’une étude plus approfondie sera menée en vue de déterminer la population cible.

Références

1. BENSON R.C. : current obstetric and gynecologie diagnostic and treatment. Edition , Lange Medical publication Los Altos California, 1980

2. DARGENT D. : Prise en charge des cancers micro-invasifs du col utérin. Lettre du gynécologue n°221, Avril 1997. 3.

3. DUBUISSON J.B., CHAPRON, C. BOUQUET DE JOLINIERE J. : Coe lioscopie et cancerologie en gynécologie 4ième journées universitaires parisiennes de coclio-chirurgie, 1993.

4. PALMER R., de BRUX J. E.M.C. gynécologie 2è édition 1966.

5. MICHEL G. CASTAIGNE D. LUTON D. : Epidémiologie, anatomie pathologie, dépistage, diagnostic, évolution, pronostic, traitement. Revue du praticien (Paris) 1996, 46 605.

6. MICHEL. G., CASTAIGNE D., LUTTON D. : Epidémiologie, anatomie, pathologie, dépistage, diagnostic, évolution, pronostic, traitement. Revue du Praticien 1996, 46, p. 605

7. DE TURRIS H. HENRION R. : abrégé de gynécologie et d’obstétrique 2è édition MASSON 1973.

8.MICHEL G., CASTAIGNE D. , ZARCA D. Chirurgie des cancers de l’utérus E.M.C. 1990 41730.12.

9. LANSAC LE COMPTE P. : Gynécologie pour praticien Edition SIMEP Juillet 1984.

10.JACQUEMIER J., REYNES M. : cancer du col de l’utérus. Anatomie pathologie. Revue du praticien (Paris) 1993: 43 :13

11.MONSONEGO J. : Dysplasies du col utérin et papillomavirus humains. Paris Maloine, 1998.

12.MAUVAIS JARVIS P., TOURELLE R. ET COLL. , gynécologie, édition VIGOT, 1984.




Voir aussi
- Notre dossier caducee.net sur les papillomavirus
- Le dépistage du cancer du col, Dr Minier

 
img
img
 
PUB