imgQuatre programmes de DBC (3ème partie)

img"Les agents de la pilule" du Zimbabwe assurent un meilleur accès

Harare (Zimbabwe) -- Sibonindaba Moyo circule à bicyclette sur les chemins de terre rouge, allant de village en village dans la région agricole de Goromonzi, près de Harare. Dans sa sacoche étanche, elle transporte des contraceptifs oraux et des préservatifs, destinés à être vendus aux femmes et aux hommes qu'elle croisera sur son chemin.

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Sibonindaba Moyo fait partie du réseau d'agents de DBC (distribution à base communautaire), plus de 700 cents au total, qui sont employés par le Conseil national de la planification familiale du Zimbabwe (ZNFPC). Tout en faisant ses tournées, elle discutera les avantages de la planification familiale avec des gens qui n'ont jamais eu recours à la contraception. Elle réapprovisionnera en pilules et en préservatifs les femmes et les hommes qui ont déjà fait l'expérience de la planification familiale, et elle aiguillera vers les dispensaires ses clients qui souhaitent utiliser d'autres méthodes. Voilà sa routine quand elle effectue "des consultations sous les arbres".

Au Zimbabwe, les agents de DBC forment une partie intégrale de leur communauté, ce qui encourage le recours à la planification familiale, de l'avis des responsables. "Les gens se sentent à l'aise quand ils ont affaire à l'un des leurs", dit Thandy Nhliziyo, directrice adjointe de la prestation des services au ZNFPC.

Le programme de planification familiale du Zimbabwe, qui passe pour être l'un des plus réussis d'Afrique, a été mis en route il y a près d'un demi-siècle. Au départ, les services étaient prodigués dans des dispensaires, mais vers le milieu des années 1970 les premiers agents de DBC, surnommés "les agents de la pilule", ont commencé à déployer des efforts pour accroître l'accès à la contraception.

Le taux de fécondité du Zimbabwe est passé de 6,6 naissances par femme vers la fin des années 1970 à 4,3 en 1994, et le taux de prévalence contraceptive est l'un des plus élevé d'Afrique -- 48 pour cent des femmes mariées en âge de procréer utilisent une méthode moderne. Ce phénomène tient en grande partie au programme de DBC, qui dessert près du quart des utilisateurs de la planification familiale du pays. Toutefois, bien que ce programme réussisse à atteindre beaucoup de clients, le taux de fécondité est considérablement plus élevé en milieu rural que dans les villes (4,9 naissances contre 3,1, respectivement). La pilule est la méthode la plus couramment utilisée (par 33 pour cent de toutes les femmes mariées).1

La plupart des agents de DBC sont des femmes. Elles sont choisies par les chefs de leur communauté, qui nomment trois candidates. Après avoir suivi une formation initiale à Harare, la finaliste continue sa formation en étant supervisée dans la communauté, et par la suite elle doit passer un examen écrit. Le ZNFPC encourage les agents de DBC à participer aux activités locales, par exemple aux réunions de clubs ou même simplement à aller laver leur linge à la rivière, avec les autres femmes. Leur présence montre qu'elles s'intéressent au bien-être de la communauté et c'est aussi un moyen de rappeler que la planification familiale est à la portée de la main, puisque les agents ont souvent avec elles leur sacoche qui contient des pilules, des préservatifs et des informations sur la planification familiale.

Zimbabwe
800 agents de DBC
  • Population : 11,5 millions
  • Relief : désert et savanne
  • Superficie : 390.000 km2

"Nous leur disons qu'elles doivent travailler de 8 heures du matin à 16 h 30, mais si quelqu'un vient les voir à 8 h du soir pour demander des préservatifs, ou un supplément de pilules en prévision d'un déplacement, elles ne peuvent répondre qu'elles ne travaillent plus après 16 h 30", dit Hope Monica Sibindi, responsable du ZNFPC en province.

Très souvent, l'agent de DBC est le premier lien, et parfois le seul, avec quelque type de soins de santé que ce soit pour les familles de la communauté. Outre des informations sur la planification familiale, les agents de DBC peuvent dispenser des analgésiques contre les maux de tête. Ils peuvent donner des informations sur le VIH et le sida -- expliquer en quoi cela consiste ainsi que les modes de transmission. Ils discutent l'allaitement avec les nouvelles mères, expliquent l'importance qu'il y a de se laver les mains pour prévenir les maladies, parlent du calendrier de vaccination des nourrissons et discutent des moyens de purifier l'eau.

Le programme de DBC du Zimbabwe est extrêmement organisé et structuré. Les superviseurs, qui sont normalement des agents expérimentés de DBC ayant suivi une formation supplémentaire, ont pour tâche d'encadrer entre 10 et 12 agents. Les superviseurs sont eux-mêmes encadrés par des infirmières.

Trois semaines par mois, un agent se déplace normalement sur tout son territoire. La quatrième semaine du mois est consacrée aux tâches administratives, notamment à la commande de fournitures contraceptives, à la formation et à la tenue des dossiers. Pendant la formation de groupe, les agents s'entraînent aux techniques de counseling en participant à des jeux de rôle.

Un programme pilote financé par la fondation Rockefeller vise à élargir les services en les mettant à la portée des jeunes adultes. Les sages-femmes traditionnelles et institutrices servent d'agents de DBC, dits "amies de la famille" et elles rendent visite aux jeunes gens à leur domicile pour discuter de la contraception et de la santé de la reproduction. Au départ, les parents étaient sceptiques, "mais maintenant ils font appel aux agents de DBC quand ils ont besoin d'aide", dit Sithokozile Simba, responsable de la prestation des services au ZNFPC.

Les gens, déclare Mme Sibindi, croient souvent que le fait de discuter de la contraception encourage les adolescents à l'activité sexuelle, alors qu'en fait l'éducation sexuelle retarde le moment du premier rapport, comme l'indiquent de nombreuses études. Elle ajoute : "Nous devons tenir compte des façons de satisfaire les besoins des jeunes sans offusquer la communauté. Le simple fait de parler sexualité avec les jeunes est découragé. Nous devons renforcer les compétences des agents de DBC pour qu'ils se montrent à la hauteur de la tâche à accomplir."

-- Barbara Barnett

Notes

  1. Zimbabwe Central Statistical Office, Macro International Inc. Zimbabwe Demographic and Health Survey 1994. Calverton, MD: Zimbabwe Central Statistical Office and Macro International Inc., 1995; Miller K, Miller R, Askew I, et al., eds. Clinic-based Family Planning and Reproductive Health Services in Africa: Findings from Situation Analysis Studies. New York: The Population Council and U.S. Agency for International Development, 1998.

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Network, Printemps 1999, Volume 19, Numéro 3 .
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© Copyright 1999, Family Health International (FHI)

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