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La Trypanosomiase Humaine Africaine (ou maladie du sommeil)
Définition
- Epidémiologie
Il faut considérer la lutte
contre la maladie du sommeil comme un problème spécifique,
aux conséquences tragiques sur le plan humain lorsqu'il n'est
pas résolu. L'Organisation
mondiale de la santé (OMS) estime que 55 millions de personnes
vivent dans des régions rurales exposées aux tsé-tsé, mouches
responsables de la maladie. Chaque année, 250 000 à 300 000
personnes sont touchées par la trypanosomiase africaine. En
l'absence de soins, la mort est inéluctable.
La trypanosomiase humaine africaine est une maladie parasitaire
sévissant à l'état endémique dans
certaines régions d'Afrique noire où l'affection
est strictement localisée (grossièrement entre
le 12ième degré de latitude nord et le 15ième
degré de latitude sud). Elle est due à des trypanosomes
du groupe Brucei, transmise par la piq ûre de
certaines mouches (glossines ou mouches tsé-tsé),
et caractérisée cliniquement par l'apparition
d'une méningo-encéphalite diffuse, d'évolution
spontanée toujours mortelle.
Biologie du Parasite
L'agent pathogène responsable
de la maladie est le Trypanosome du groupe Brucei lequel
est transmis à l'homme par une piq ûre d'insecte
en l'occurence la mouche tsé-tsé ou glossine
que l'on trouve uniquement en Afrique à proximité
des cours d'eau.
Il existe deux grandes formes
cliniques de trypanosomiase suivant l'espèce de l'agent
pathogène en cause :
- la trypanosomiase à
T. gambiense qui sévit en Afrique occidentale
et centrale, transmise par des glossines appartenant au
groupe Glossina palpalis et G.tachinoides et caractérisée
par une évolution générale lente, entrecoupée
parfois de rémissions.
- la trypanosomiase à
T. rhodesiense qui sévit en Afrique de l'est
(région des grands lacs), transmise par des glossines
appartenant au groupe G.morsitans, et se différenciant
de la précédente par son épidémiologie,
sa symptomatologie et son évolution généralement
rapide, d'un seul tenant.
Cycle parasitaire
Les parasites responsables de
la trypanosomiase sont ingérés par la mouche
lorsqu'elle se nourrit de sang sur un mammifère infecté.
Une fois ingérés par la mouche, les parasites
se multiplient passant alors par plusieurs stades de développement
dans l'intestin de l'insecte et dans les glandes salivaires.
Le cycle de développement à l'intérieur
de la mouche prend environ trois semaines.
Quand la mouche pique un autre
mammifère, des trypanosomes métacycliques sont
injectés et se multiplient dans le sang et le liquide
céphalorachidien.En effet, le
parasite Trypanosoma Brucei se loge dans le système
sanguin de la personne infectée et migre ensuite dans
le système lymphatique, le coeur puis le cerveau.
Chez les Hommes, on retrouve le plus souvent le trypanosome
T.b.gambiense.
Caractéristiques cliniques
L'infection
se produit en trois étapes :
- En premier lieu, un chancre
trypanosomal (lésion cutanéomuqueuse de
primoinvasion d'une affection microbienne, vénéneuse
ou tuberculeuse) peut se développer sur le site de
l'inoculation
- Ceci est suivi d'une étape
hémolymphatique avec des symptomes qui incluent
la fièvre, la lymphadénopathie et le prurit
- Une étape méningoencéphalique
où l'invasion du système nerveux peut causer
des maux de tête, de la somnolence, un comportement
anormal, et mène à la perte de la conscience
voire au coma.
Si la maladie n'est pas traitée,
elle peut causer la mort en quelques quelques mois voire quelques
semaines.
Diagnostic
La trypanosomiase peut être
diagnostiquée par des tests en laboratoires
sur le sang et le liquide céphalo-rachidien. On regarde
au microscope si l'on détecte des trypanosomes dans
le sang, les ganglions lymphatiques ou les ponctions de LCR.
Traitements
Le traitement est fonction de
l'espèce d'infection et de l'étape de l'infection.
Plusieurs médicaments, des antiprotozoaires flagellés,
sont disponibles :
- Pour traiter les stades
précoces de trypanosomiase humaine à T.B.gambiense
: Pentamidine, Suramine sodique. La Pentamidine (ou iséthionate)
est administrée par voie intramusculaire tous les
deux jours voir tous les jours pendant six semaines. La
Suramine sodique est administrée à raison
d'une injection intramusculaire hebdomadaire pendant six
semaines.
- Pour le traitement des stades
avancés de la maladie lorsque le système
nerveux est atteint dans les infections à T.b.gambiense
comme à T.b.rhodesiense : Mélarsoprol (ou
Arsobal). On l'administre par voie intraveineuse sous forme
de 3 séries de trois injections avec une période
de repos de 7 à 10 jours entre chaque série.
- Pour le traitement des stades
tardifs de trypanosomiase humaine à T.b.gambiense
: Eflornithine (ou Ornidyl)
Ce médicament n'est plus disponible aujourd'hui mais
un laboratoire américain a accepté de le produire
moyennant un triplement du prix. On l'administre en perfusions
quotidiennes à raison de 4 doses égales (toutes
les 6 heures) pendant 7 à 14 jours.
Bibliographie
Dictionnaire de Médecine
Flammarion / sous la direction de Serge Kernbaum, préface
de Jean-Pierre Grünfeld.- Paris : Flammarion, 1998.-1030p.-
(collection Médecine-Sciences).- ISBN 2-257-16399-0
Réseau d'études
des pharmacorésistances et du traitement de la trypanosomiase
humaine africaine : Rapport de la première réunion,
Genève, Suisse, 14 et 15 avril 1999.
Par l'Organisation Mondiale de la Santé, Département
Maladies Transmissibles, Surveillance et action.
Rapport disponible au format pdf à l'adresse ci-dessous.
Voir le document
Normes recommandées par
l'OMS pour la surveillance.
Par l'OMS, Division des maladies émergentes et autres
maladies transmissibles - Surveillance et lutte.
Texte disponible au format pdf à l'adresse ci-dessous.
Voir le document
African Trypanosomiasis
Définition de la maladie, l'agent infectieux, signes
et symptomes de la maladie, traitements. Site en anglais.
Voir le document
Trypanosomiasis, African
Description de l'agent causal, cycle parasitaire, distribution
géographique, caractéristiques cliniques, diagnostic
laboratoire, traitement. Site en anglais.
Voir le document
Programme destiné à
clarifier et résoucre le problème des trypanosomoses
africaines
Présentation du programme, la situation actuelle, la
recherche. Voir le document
L'Afrique centrale terrassée
par la maladie du sommeil
Article de Bethuel Kasamwa Tuseko et de Marie Agnès Leplaideur
paru au mois d'octobre 1997 dans le bulletin n°105 de
SYFIA.
Voir le document
Dossier réalisé
par Elisabeth Faure.
Octobre 1999.
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