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Besoins
et apports alimentaires en acides gras essentiels
Philippe GUESNET,
Nutrition et sécurité alimentaire
Les acides gras
constituent de 35 à 45 % des apports énergétiques
de la ration alimentaire de l’Homme, et sont répartis
en 3 grandes familles métaboliquement distinctes (acides
gras saturés, acides gras monoinsaturés et acides
gras polyinsaturés ou essentiels).
Les acides
gras polyinsaturés (ou AGPI) sont des acides gras
indispensables car non synthétisables par notre organisme.
Introduit en 1929, le concept d’"essentialité"
de certains acides gras ne fut admis pour l’Homme qu’au début
des années 60 après que des symptômes
spécifiques (désséchement, épaississement
de la peau, desquamation) furent décrits chez l’enfant
nouveau-né ne recevant aucune graisse alimentaire.
Tout au long de notre vie, notre alimentation doit donc nous
apporter régulièrement ces acides gras dits
" essentiels ".
On sait maintenant
que ces acides gras se répartissent en deux familles
distinctes et concurrentes, la famille de l’acide linoléique
et celle de l’acide alpha-linolénique. Une fois
absorbés, ces acides gras sont oxydés pour fournir
de l’énergie ou bien sont incorporés dans les
lipides des membranes de toutes nos cellules. Certains d’entre
eux sont retrouvés en quantité particulièrement
importante dans les membranes excitables du système
nerveux central (cerveau, rétine) où ils y contrôlent
certaines fonctions telles que la vision. D’autres sont des
précurseurs de molécules à action de
type " hormonal " et régulent des fonctions aussi élémentaires
que la reproduction, la coagulation sanguine, l’inflammation,
...
Autant de rôles
clés qui font qu’un apport alimentaire suffisant
et équilibré en acides gras essentiels est un
élément d’importance primordiale pour notre
santé. A l’heure actuelle, les recommandations
nutritionnelles ne concernent encore que les acides gras essentiels
précurseurs.
Nos besoins
varient au cours de la vie :
• de l’enfance
à la vieillesse, l’apport alimentaire conseillé
est de 3 % des calories totales ingérées pour
l’acide linoléique et de 0,5 % pour l’acide alpha-linolénique,
ce qui correspond à des apports quotidiens de 7-10
g et de 1,5 g respectivement. Le rapport acide linoléique/acide
alpha-linolénique doit se situer dans la fourchette
5-10, afin d’éviter toute concurrence métabolique
entre ces deux acides gras. Les enquêtes alimentaires
menées en France soulignent souvent une consommation
en acide alpha-linolénique en dessous de ces recommandations
;
• chez la
personne âgée, les besoins sont difficilement
exprimables en pourcentage de l’apport calorique alimentaire
du fait de la grande disparité individuelle de la quantité
d’aliments ingérés : il apparaît que ces
besoins sont couverts lorsque le régime apporte
6 g/jour d’acide
linoléique et 1 g/jour d’acide alpha-linolénique.
Dans notre alimentation,
les huiles végétales constituent la forme
majoritaire d’apport en acides gras essentiels (> 40 %).
Bien connaître leur composition est donc la meilleure
façon pour équilibrer les apports alimentaires
en ces acides gras.
Trois huiles
végétales se distinguent par leur richesse à
la fois en acide linoléique et en acide alpha-linolénique.
Ce sont les huiles de colza, de noix et de soja que
l’on conseille pour l’assaisonnement mais qui sont inutilisables
en friture en raison de leur instabilité à la
chaleur.
A l’opposé,
les huiles de tournesol, d’arachide et de palme
sont totalement dépourvues d’acide alpha-linolénique,
mais peuvent être utilisées en friture.
Enfin, l’huile
d’olive est moyennement riche en acides gras essentiels
mais les deux familles restent dans un rapport que les nutritionnistes
recommandent.
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