| Calcul
alimentaire
de Catherine
JUSTE et Isabelle CATALA, Ecologie et physiologie du système
digestif
La présence
d’un ou de plusieurs calculs riches en cholestérol
dans la vésicule biliaire est l’une des premières
causes d’hospitalisation et de consultation dans notre pays.
Cette anomalie, encore appelée lithiase biliaire
cholestérolique, touche près de 4 millions
de Français et
160 000 nouveaux cas sont recensés chaque année.
Plusieurs facteurs
exposent un individu au risque de calculs biliaires :
- l’âge (la prévalence
de la maladie augmente avec l’âge),
- le sexe (les femmes sont
plus exposées que les hommes),
- l’état hormonal (les
contraceptifs oraux, l’oestrogénothérapie
et les grossesses accélèrent la formation
de calculs),
- l’obésité,
- les maladies ou résections
de l’intestin grêle,
- l’hypertriglycéridémie,
- certains médicaments,
- mais aussi des facteurs génétiques
(on recense des familles et des ethnies à risque)
et surtout les habitudes alimentaires et leurs excès.
La stratégie
thérapeutique varie selon les cas. Devant une lithiase
asymptomatique (découverte par échographie abdominale
prescrite pour tout autre cause), l’attitude expectative est
généralement adoptée.
En revanche,
lorsque la lithiase occasionne des douleurs abdominales, l’ablation
de la vésicule biliaire est généralement
proposée. Lorsque l’intervention chirurgicale est refusée
par le patient ou en cas de risque opératoire majeur,
d’autres traitements peuvent être envisagés :
dissolution des calculs par ingestion d’acides biliaires ou
encore fragmentation des calculs par lithotritie extracorporelle.
Toutefois l’efficacité
de ces traitements varie en fonction de la taille, du nombre,
de la nature des calculs et de la motricité de la vésicule
biliaire. De plus, ces traitements sont longs, les récidives
sont fréquentes (de l’ordre de 10 à 15 % par
an) et les effets secondaires non nuls.
Le but des
travaux réalisés à l’INRA de Jouy-en-Josas
est de rechercher une alimentation qui prévienne le
développement de calculs biliaires cholestéroliques
chez l’Homme.
Différents
protocoles alimentaires sont donc testés, dans un premier
temps, chez l’animal d’expérience - porc notamment.
On mesure l’apparition des premiers signes de la maladie :
modification de la composition de la bile et précipitation
du cholestérol biliaire sous forme de cristaux de cholestérol
monohydrate, constituants essentiels des futurs calculs biliaires.
Les protocoles alimentaires favorables chez l’animal sont
ensuite transposés chez des volontaires humains (en
association avec les hôpitaux de Paris) et l’on vérifie
leur impact positif comparativement au régime habituellement
consommé par ces volontaires.
Les résultats,
obtenus récemment, mettent en évidence l’intérêt
d’une augmentation de la part des protéines
végétales dans la prévention de la lithiase
biliaire cholestérolique.
Afin d’adresser
ces recommandations nutritionnelles aux individus qui présentent
un risque majeur de calculs biliaires, l’INRA cherche également
le moyen de repérer ces " individus à risque
" au sein de la population. Des travaux récents suggèrent
que l’apolipoprotéine E circulante (facilement
dosable à partir d’une simple prise de sang) pourrait
constituer un marqueur intéressant du risque de lithiase
biliaire cholestérolique.
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