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La migraine
Dossier rédigé
par Elisabeth Faure,
avril 2000
Dernière mise à jour : juillet 2002
Sommaire :
Définition
Epidémiologie
Physiopathologie
Signes cliniques
Diagnostic
Traitement
Pour en savoir plus
Définition
Littéralement, migraine
signifie hémicrânie.
En fait, sous le terme de migraine, on désigne à
l'heure actuelle un syndrome particulier fait de crises céphalalgiques
pulsatiles d'origine vasomotrice, spontanément résolutives,
accompagnées souvent de vomissements et de troubles
du comportement (asthénie) dont l'étiologie
est inconnue et qui survient souvent sur un terrain particulier
(dyspeptique, anxieux, obsessionnel) ou qui affecte un caractère
familial.
(Source : Dictionnaire de Médecine
Flammarion)
Depuis 1998, la société
internationale spécialisée a établi des
critères diagnostiques très précis de
définition de la migraine permettant au médecin
d'avoir un véritable cadre clinique.
Epidémiologie
En dix ans, le nombre de migraineux
a augmenté de 56 % chez les femmes et de 34 % chez
les hommes. L'incidence annuelle est en effet passée
de 600 à 1 000 nouveaux cas pour 100 000 personnes.
Cette hausse est plus marquée chez les jeunes femmes
(20 - 29 ans).
En France, une expertise de l'INSERM datant de 1998
attestait que plus de 6 millions de français souffraient
de troubles migraineux soit entre 10 et 15 % de la population.
Les femmes sont trois fois plus atteintes que les hommes.
La prévalence à l'âge adulte est de 18
% chez les femmes et de 6 % chez les hommes.
Les enfants sont également concernés : entre
5 et 8 % seraient touchés sans préférence
de sexe. Moins de 10 % avaient reçu un diagnostic correct
de la part des médecins consultés. Ces résultats
sont issus de la première étude épidémiologique
française réalisée sur la migraine de
l'enfant par l'unité douleur de l'Hôpital d'enfants
Armand Trousseau. Cette étude a porté sur
1810 enfants âgés de 6 à 10 ans. Elle
a été rendue publique le 3 décembre 1999
lors de la 7ème journée UNESCO 'La douleur de
l'enfant : Quelles réponses ?".
Physiopathologie
de la migraine
Mécanisme
de la migraine
La migraine se caractérise
par la survenue récurrente de crises pouvant être
précédées ou non de manifestations neurologiques
appelées "aura" qui seraient dues
à un dérèglement transitoire du cortex
cérébral. Au cours de cet aura, les neurones
de certaines zones se dépolarisent puis leur activité
électrique disparaît alors qu'une réduction
du débit sanguin local de 20 à 30 % se produit.
Cette phase n'est pas douloureuse. Certains patients la ressentent
sous forme de phénomènes visuels.
La céphalée migraineuse c'est-à-dire
la douleur s'explique par un processus à la fois vasculaire
et neurologique : il y'a une vasodilatation des vaisseaux
laquelle est induite par une stimulation nerveuse. Le
mécanisme de cette phase est pas connu dans le détail.
Les étapes seraient les suivantes :
- Des facteurs déclenchants
vont provoquer des stimulations sur l'hypothalamus à
l'origine de la crise migraineuse.
- Le nerf trijumeau (innervation d'une grande partie de la
face) est alors stimulé.
- A ce moment là, les terminaisons nerveuses du nerf
libèrent des neuropeptides vaso-actifs dans la paroi
des vaisseaux méningés.
- Ces neuropeptides sont responsables d'une vasodilatation
douloureuse.
- Cette douleur est attribuée à l'inflammation
des parois et le nerf trijumeau transmet aux centres nerveux
les messages douloureux.
Actuellement, la recherche
se penche sur la génétique. En effet, une forme
de migraine, la migraine hémiplégique familiale,
se transmet sur le mode autosomique dominant. Elle est liée
à un dysfonctionnement du gène situé
sur le bras court du chromosome 19. Ce gène n'est pas
le seul responsable de la migraine mais des études
sont en cours.
Les facteurs
déclenchants
- Facteurs psychologiques
: stress, anxiété...
- Facteurs alimentaires : le chocolat, l'alcool, le
je ûne, la dimunition de la consommation de café
chez les grands consommateurs...
Il existe certainement d'autres facteurs alimentaires déclenchants
propres à la personne migraineuse. A elle de surveiller
quels sont les aliments qui peuvent déclencher une
crise.
- Facteurs hormonaux : les
phénomènes hormonaux jouent un rôle majeur
chez la femme. Les crises migraineuses sont souvent plus fréquentes
avant ou pendant les règles. Elles disparaissent souvent
pendant la grossesse. Dans 70 % des cas, les crises cessent
après la ménopause.
- Autres facteurs déclenchants : le manque de
sommeil mais aussi l'excès, la lumière (luminosité
excessive), un effort physique intense...
Signes
cliniques de la migraine
Pendant l'aura
Seulement certains patients perçoivent leur aura. En
général, il s'agit d'anomalies visuelles : amputations
du champ visuel, impression de luminosité ou de scintillement,
distorsions d'images. Dans les auras sensitives, on peut ressentir
des fourmillements unilatéraux souvent du membre supérieur
et du visage. L'aura dure en général pendant
une demi-heure à une heure.
Pendant la phase douloureuse
Non traitée, elle peut durer de 4 à 72 heures.
Il s'agit d'une douleur céphalique intense.
Eléments caractéristiques de la douleur par
rapport aux maux de tête :
- une tendance à l"unilatéralité",
- une douleur de type pulsatile.
L'aggravation de la douleur :
- par des efforts minimes ou des mouvements de tête,
contraignant souvent le patient à se coucher,
- par la lumière (photophobie) et le bruit,
- l'association de la douleur à des nausées
ou des vomissements.
La fréquence des crises
varie d'un individu à l'autre. Le plus souvent, elle
se situe entre une et quatre crises par mois surant moins
de 24 heures en général.
Diagnostic
de la migraine
Manifestations
clinique
(Voir
aussi chapitre
précédent).
Les critères de diagnostiques
sont exclusivement cliniques à partir des caractéristiques
de la douleur et des signes accompagnateurs de l'International
Headache Society (IHS).
Critères diagnostiques
de la migraine sans aura selon l'IHS
A - Au moins cinq crises répondant
aux critères B et D
B - Crises de céphalées durant de 4 à
72 heures sans traitement
C - Céphalées ayant au moins deux des caractéristiques
suivantes :
> unilatéralité,
> pulsatilité,
> intensité modérée ou sévère,
> aggravation par les activités physiques de routine,
telles que montée ou descente des escaliers.
D - Durant les céphalées,
au moins l'un des caractères suivants :
> nausées et/ou vomissements,
> photophobie et phonophobie.
Diagnostic
différentiel
- La céphalée
de tension est le diagnostic différentiel le plus
fréquent. Pourtant la céphalée de tension
a des caractéristiques opposées à la
migraine : douleur diffuse, bilatérale, non pulsative,
à type de serrement, ne s'aggravant pas à l'effort
et d'intensité légère à modérée.
Le problème est que les deux céphalées
sont souvent intriquées. En effet, les migraineux ont
plus souvent des céphalées de tension que les
autres individus.
- Le patient peut avoir une céphalée secondaire
(tumeur, hématome sous-dural...). Une céphalée
récente d'installation brutale doit inquiéter
et faire demander un scanner.
- La migraine transformée peut être considérée
comme un troisième diagnostic différentiel.
Elle concernerait 10 à 20 % des millions de migraineux
en France. Le tableau est généralement celui
d'une céphalée chronique quotidienne caractérisée
8 fois sur 10 par un abus d'antalgiques.
- La quatrième situation est la céphalée
d'origine cervicale. 2/3 des migraineux souffrent de la
région occipitale et de la nuque.
Traitement
de la migraine
Plus de 8 français sur
dix prennent un médicament sans avis médical
et le mal de tête arrive en tête des symptômes
qui motivent cette automédication (64 % des cas). On
estime que 76,5 % des migraineux soit environ 4 millions et
demi se soignent eux-mêmes.
Les moyens thérapeutiques actuellement disponibles
permettent de contrôler 7 à 8 crises sur dix
et de diminuer de façon significative leur fréquence
chez deux sujets sur trois.
Le traitement de la migraine passe par trois étapes
:
- le contrôle
et donc l'identification des facteurs déclenchants
- le traitement de la crise migraineuse qui permet de limiter
le retentissement ponctuel d'une crise. Ce traitement fait
appel aux antalgiques ou aux anti-inflammatoires non stéroïdiens
mais aussi à des vasoconstricteurs (les dérivés
de l'ergot de seigle, la nouvelle classe thérapeutique
des triptans) s'opposant à la vasodilatation des vaisseaux
méningés, responsable de la douleur migraineuse
- un traitement de fond adapté qui agit en élevant
le seuil de déclenchement des crises permettant ainsi
d'en diminuer la fréquence. Ce traitement de fond fait
appel entre autres aux dérivés de l'ergot de
seigle, aux bêta-bloquants, aux antisérotoninergiques,
à certains antidépresseurs
Le traitement
de la crise migraineuse
Médicaments non spécifiques
: les antalgiques
- le paracétamol : il doit être utilisé
en première intention car suffit à calmer une
crise mineure ou débutante. A forte dose, ce médicament
a une grave toxicité pour le foie.
- l'aspirine et les anti-inflammatoires non stéroïdiens,
- les opiacés mineurs et les associations : les principaux
opiacés mineurs utilisés en France sont la codéine,
le dextropropoxyphène et le tramadol,
- la noramidopyrine.
Médicaments spécifiques
- les dérivés de l'ergot de seigle : l'ergot
de seigle, le tartrate d'ergotamine à la posologie
par voie orale de 1 à 2 mg par jour, la dihydroergotamine
administrée par voie sous-cutanée, intra-musculaire,
intraveineuse ou en spray nasal à la dose de 1 à
2 mg par jour au maximum.
- les triptans sont spécifiques des récepteurs
vasculaires impliqués dans la crise migraineuse : le
sumatriptan est disponible sous forme injectable. Des produits
plus récents comme le zolmitriptan, naratriptan...soulagent
en deux heures 50 à 70 % des crises migraineuses.
Médicaments adjuvants
- la caféine a une efficacité antimigraineuse
modeste mais démontrée,
- les tranquilisants,
- les antiémétiques.
Il faut associer au traitement
de la crise migraineuse un traitement de fond pour éviter
toute accoutumance obligeant le patient à augmenter
et répéter les prises : un cercle vicieux qui
entretien la douleur.
Le traitement
de fond
Son but est de réduire
la fréquence et l'intensité des crises. I
Moyens non médicamenteux
: acupuncture, relaxation, bio feed back...
Moyens médicamenteux
- Les dérivés de l'ergot de seigle : ils
luttent contre la dilatation vasculaire en cause dans la céphalée
migraineuse. Le produit le plus utilisé est la dihydroergotamine
aux doses orales quotidiennes de 10 mg par jour.
- Les bêta-bloquants : ils agissent sur les récepteurs
vasculaires de certaines hormones comme les catécholamines.
Leurs effets sont végétatifs (baisse de la fréquence
cardiaque, baisse de la pression artérielle...). Ces
médicaments ont de nombreuses contre-indications et
nécessitent donc un examen clinique approfondi.
- Les antisérotoninergiques : le pizotifène
(famille des antidépresseurs : les tricycliques) s'utilise
à la posologie habituelle chez l'adulte de 1,5 mg par
jour ; l'oxétorone à la posologie chez l'adulte
de 60 à 120 mg par jour.
- La flunarizine : antagoniste calcique utilisé à
la posologie de 5 à 10 mg par jour.
- L'indoramine : il agit sur plusieurs médiateurs impliqués
dans la crise migraineuse. Posologie usuelle : deux comprimés
à 25 mg par jour.
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Pour en savoir plus
Dossiers
de fond
La migraine
Dossier de fond
sur la migraine de la fondation pour la recherche médicale.
La migraine : une maladie différente mais sous-estimée,
la migraine : une affection réellement handicapante,
comment se manifeste la migraine ? Comment la diagnostique-t-on
? Quels sont les facteurs qui favorisent les crises
? Quelles sont les hypothèses sur l'origine de la migraine
? Que sait-on sur la génétique de la migraine ? Comment
traite-t-on la migraine ? Les triptans : nouveaux médicaments,
Quel est le coût socio-économique de la migraine ?
http://www.frm.org/Scientifique/Sujetsfond/migraine/cadmigra.htm
Migraine
Consultation du corpus médical - Dossier de Jean
Pellat, 1998.
Diagnostic, épidémiologie, formes cliniques
particulières, diagnostic différentiel,
physiopathologie, traitement. Voir le document
Les migraines
Définition - facteurs étiologiques, sémiologie
des accés migraineux, traitement.
Dossier de F. Mauguière.
http://cri-cirs-wnts.univ-lyon1.fr/Polycopies/Neurologie/Neurologie-3.html#V
Les migraines et céphalées
Physiopathologie de la migraine, les critères
internationaux de la migraine, la migraine commune,
la migraine avec Aura, la migraine basilaire, la migraine
de l'enfant, la migraine de la personne âgée,
les explorations, le traitement, la migraine périmenstruelle,
les céphalées par abus de traitement.
Dossier du site de médecine générale
Esculape
Voir le document
La migraine
Migraine ou mal de tête ? Pourquoi la migraine
? Symptômes, Toubib or not toubib ? Premier palier
dans le traitement de la crise.
Dossier de Carole Nachar, pharmacienne clinicienne -
Pharmapoche, activités pharmaceutiques, 1998. Voir le document
Conseils pour prévenir
la migraine
Lutter contre l'apparition de migraine. Sur le site
des laboratoires Schwarz Pharma.
Voir le document
Expertise collective
Inserm sur la migraine
16 décembre 1998.
Voir
le dossier de presse
Voir le document
La migraine : de quoi
s'agit-il ?
Documents d'informations à l'usage des patients.
Par la formation médicale continue des médecins généralistes,
indépendante de l'industrie pharmaceutique, décembre
2000.
Voir le document
The latest medical
news and information for patients or friends/parents
of patients diagnosed with migraine
Site d'informations médicales générales
sur la migraine : actualités médicales,
informations sur la migraine, groupes de discussion
et newsgroups, autres sites. (en anglais)
Voir le document
Diagnostic
Diagnostic de la migraine
Les critères de l'IHS (International Headache Society).
http://www.esculape.com/neurologie/migraineihs.html
Traitement
Le traitement de la
maladie migraineuse
Dossier écrit par les Dr M. Lantéri-Minet du
service de neurologie du Centre hospitalo-universitaire
de Nice et le Dr J.A Desmeules du département de pharmacologie
clinique et consultation de la douleur de l'hôpital
cantonal universitaire de Genève. Les conditions d'un
traitement plus rationel : physiopathologie de la maladie
migraineuse, études thérapeutiques au cours de
la maladie migraineuse - Les moyens médicamenteux d'un
traitement plus rationnel : les moyens médicamenteux
du traitement de l'accès migraineux, les moyens médicamenteux
du traitement de fond - Les indications d'un traitement
plus rationnel : la prise en charge thérapeutique du
sujet migraineux, les indications du traitement de l’accès
migraineux, les indications du traitement de fond de
la maladie migraineuse, certaines indications particulières
- Bibliographie.
http://www.medcannes.asso.fr/2migr.html
Pharmacologie de la
migraine
Dossier du Pr Hervé Allain, laboratoire de pharmacologie
expérimentale et clinique de Rennes, mis à
jour le 15 juin 1999. Données générales,
physiopathologie, facteurs de déclenchement,
les médicaments de la crise, les médicaments
du traitement de fond, bibliographie.
Voir le document
Traitement de la crise
de migraine : Nouveautés ?
Introduction - Le traitement de la migraine - Efficacité
- Tolérance - Les produits - Traitement de fond.
Par G. Mick, M. Navez, Centre de la douleur de Saint-Etienne.
Dernière mise à jour : 30-janv-02.
Voir le document
Migraine : stratégie
du traitement
Voir le document
Clinique
- Fondation - Association - Ligue
Clinique de la migraine
des hausses et basses Laurentides
Présentation de la clinique, du centre médical
de La Noblesse (Québec) : pourquoi une clinique
de la migraine ? A qui s'adresse une clinique de la
migraine ? Les céphalées, quelques données,
souffrez-vous de migraines ? Autres services et informations,
liens vers sites traitant de la migraine.
Voir le document
Clinique de migraine
de Montréal
Le site de la cliniqe de migraine de montréal est destiné
prioritairement aux patients souffrants de céphalées
: présentation de la clinique, les céphalées,
les traitements, les liens.
Voir le document
Fondation québecoise
de la migraine et des céphalées
La Fondation québécoise de la migraine et des céphalées
est un organisme sans but lucratif qui a pour mission
de venir en aide aux victimes de migraine et autres
céphalées, de sensibiliser le public à leur cause, de
promouvoir leurs droits, et de favoriser la recherche
médicale. Informations sur la migraine, statistiques,
services et programmes de la fondation.
Voir le document
SOS Migraine
Par l'Association France migraine (AFM). La maladie,
les traitements, un questionnaire de diagnostic.
Voir le document
La Ligue Belge Contre
Les Céphalées
Jeune organisation qui a été créée en 1995, sous l'impulsion
de la Belgian Migraine Society (association de médecins
et plus particulièrement de neurologues). Son objectif
principal est l'entraide entre patients. En outre, elle
vise également à faire connaître au grand public les
problèmes de migraines et de céphalées en général.
Voir le document
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