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Equation
nutrition 20 - 24 décembre 2001
Edito
Santé News
Zoom
Bibliographie
Edito
Eh…
dites, oh !
C'est parfois
agaçant la nutrition…
… tant
il est évident que notre alimentation est importante pour
nous garder en bonne santé.
De
plus en plus d'études scientifiques, sérieuses, randomisées,
"statistiquement significatives", s'accumulent pour
démontrer que notre façon de manger conditionne notre santé,
même dès le plus jeune âge… Ainsi, il suffirait de manger
des fruits et des légumes au sortir du sein maternel, pour
avoir plus d'aptitudes à découvrir de nouvelles saveurs et
enrichir sa palette alimentaire au cours de sa vie future.
Des fruits et des légumes
qui, rappelons le, sont sans doute les aliments les plus protecteurs
contre un grand nombre de cancers (dont celui de l'estomac,
comme le soulignent ce mois ci des auteurs Japonais).
Et qui sont aussi
de puissants détoxifiants. Nous qui, à l'Aprifel, prônons
la diversité - et pas seulement végétale ! - ne pouvons que
nous en réjouir.
Les fruits
et les légumes sont, pour reprendre une formule marketing,
une source de bienfaits… Une évidence ?
Plus : un vrai "consensus". Et les consensus
sont suffisamment rares en nutrition pour qu'on les souligne,
comme le rappelait récemment Pierre Louisot devant l'Académie
de l'Agriculture. Au point qu'on affiche aujourd'hui des aubergines
et des courgettes sur les Abribus pour convaincre les citadins
qu'il y a urgence à consommer davantage de fruits et de légumes.
Il y aura toujours
des esprits avisés pour nous dire que nous ne sommes pas végétariens
(qui en doute ?), que la qualité n'est plus ce qu'elle était
(est-ce si sûr ?), que les fruits et les légumes sont
parfois déconseillés à certains allergiques (c'est tellement
rare…), que la vitamine C des haricots verts fond comme neige
au soleil sur les étals des supermarchés et dans la casserole
des ménagères… et que "au moins 5" ce n'est pas
10 !
ça vous inquiète
? Nous, franchement pas.
Dr Thierry
Gibault
Santé
news
Mange
tes carottes mon "petit poulet"
Pr Léon Perlemuter
Université
Paris XII
Les bases
de la diversification
Habituellement,
on conseille d'abord de compléter le lait par un produit farineux,
comme des céréales cuites, puis on introduit progressivement
d'autres aliments solides, tels la purée de fruits, les légumes
et les viandes.
La plupart des
auteurs considère que l'ordre dans lequel les aliments sont
introduits n'a aucune importance. D'autres affirment que l'administration
de légumes puis de fruits est logique pour que le goût sucré
n'interfère pas avec l'acceptation des légumes. En réalité
rien n'était jusqu'à présent vérifié de façon scientifique.
C'est peut-être chose faite aujourd'hui…
La carotte
et le poulet : un couple enviable !
Voici une remarquable
étude, conduite par des nutritionnistes de Philadelphie, -
dont les habitants se targuent du label de "capitale
gastronomique" des Etats-Unis. Cette étude est destinée
à évaluer la meilleure manière de sevrer les enfants afin
de varier leur alimentation.
L'idée avancée
est que l'acceptation de nouveaux aliments solides pendant
la période du sevrage est meilleure si les enfants ont déjà
eu l'expérience de mets à saveur, odeur (flaveur) et texture
variées.
Ainsi, l'introduction
d'un légume nouveau (ici, la purée de carotte) et d'un aliment nouveau (ici,
la purée de poulet) seraient largement facilitée.
De
l'ordre dans les carottes
Les
auteurs testent en réalité 3 hypothèses :
les
enfants ayant absorbé
auparavant des carottes ou des légumes variés accepteraient
mieux l'introduction de purée de carottes (légume nouveau),
les enfants ayant
auparavant absorbé carottes et légumes accepteraient mieux
l'introduction de purée de carottes que ceux ayant eu des
pommes de terre, ceux
qui ont déjà absorbé des fruits et légumes ne rejetteraient
pas les carottes comme ceux qui n'ont pas eu cette expérience.
L'absence
de hasard fait bien les choses
Pour l'étude, les
auteurs ont recruté 8 garçons et 8 filles répartis en 3 groupes
comparables : âgés de 4,5 ± 0,2 mois pesant 7,3 ± 0,2 kg, en bonne santé.
Les mamans ont
accepté le principe de nourrir leurs enfants pendant 12 jours,
à la maison en leur donnant des aliments infantiles sous forme
de petits pots.
Elle ont reçu aussi
: biberons, cuillers et... masques, pour éviter d'influencer
les bébés au cours des repas par leurs mimiques maternelles.
L'étude a été
divisée en 2 périodes successives
période
1
groupe 1 :
purée de carottes
groupe 2 :
purée de pommes de terre
groupe 3 :
purée de pois, pommes de terre, mélange varié
période
2
Evaluation
de l'acceptation de la carotte et du poulet. Les mesures sont
faites à la fois sur les quantités absorbées, mais aussi sur
la vitesse d'absorption du repas et une évaluation sur échelle
par la mère.
Pour les
bébés : les fruits et les légumes d'abord !
Les résultats sont
tout à fait étonnants : les enfants qui ont été d'abord nourris
par des carottes ou des légumes mélangés, absorbent ensuite
beaucoup plus facilement les carottes ou un nouvel aliment
(ici de la purée de poulet) que les enfants du groupe 2 nourris
aux pommes de terre !
Au terme de cette
étude minutieuse et très imaginative, les auteurs concluent
que les enfants ayant eu des expériences alimentaires de flaveurs
variées, comme par exemple l'absorption précoce de fruits
et légumes, acceptent beaucoup mieux l'introduction de nouveaux
aliments. Et si vous en parliez à vos jeunes mères de patientes
?
Zoom
Nutrition
et sécurité alimentaire : même combat !
Pour
le nutritionniste, la qualité de l'alimentation représente
la fraction non énergétique des aliments (micronutriments
et microconstituants). Pour le spécialiste de la sécurité
alimentaire (comme pour le commun des mortels d'ailleurs),
la qualité c'est la présence ou non de contaminants…
Le vaste
monde des xénobiotiques
Un même vocable
pour 2 approches : n' y-a-t-il pas, au delà des mots, une
communauté d'intérêt de ces 2 réalités ? Les contaminants
(pesticides, résidus hormonaux, benzo(a)pyrène, amines hétérocycliques,
mycotoxines…), appartenant au vaste monde des xénobiotiques
(substances étrangères à la vie de l'organisme), qu'ils soient
naturels ou non (la plante elle-même fabrique de nombreux
pesticides), sont potentiellement toxiques. Bien sûr toutes
les mesures en amont (producteur) et en aval (consommateur)
susceptibles de les réduire, sont à priori utiles. En outre,
la diminution des pesticides peut accroître la teneur en micro-nutriments
et en micro-constituants des végétaux. Certaines de ces substances,
sous des formes variées (amines hétérocycliques…) ont toujours
existé, d'autres sont nouvelles.
Des défenses
efficaces
L'organisme a mis
en place des mécanismes naturels de protection contre ces
molécules qui peuvent être impliquées dans la survenue de
certains cancers. Lorsque la voie d'administration est orale,
la première barrière est représentée par le système digestif,
avec ses lignes de défenses physiques : le mucus et le pH
de l'estomac, l'épithélium du grêle, la flore intestinale
saprophyte au niveau colique. La seconde barrière est représentée
par le foie, qui a un rôle majeur de détoxification bénéfique
et/ou d'élimination (après glycuro conjugaison notamment).
La dernière étape est représentée par les mécanismes de lutte
contre les dommages de mutagenicité grâce à des processus
de réparation de l'ADN. Le tissu adipeux peut également intervenir
(surtout en cas d'administration percutanée ou respiratoire
court-circuitant le foie) en stockant des substances liposolubles
comme certains pesticides. D'où un effet protecteur de l'excès
de masse grasse et, à l'inverse, un effet délétère de l'amaigrissement.
Des facteurs
de protection classiques
Les facteurs nutritionnels
et, globalement, la qualité de notre alimentation, exercent
des effets protecteurs de mieux en mieux établis. Certains
sont largement connus : la vitamine C dans l'inhibition de
la transformation des nitrites en nitrosamines ; les fibres,
comme piégeur de substances cancérogènes, réduisant le contact
et le temps de contact avec la muqueuse colique, associé à
leur rôle symbiotique de prébiotiques (substrats pour la microflore
colique) ; les micro-nutriments et micro-constituants ayant
un effet anti-oxydant, soit direct, soit en tant que constituant
d'enzymes, comme la glutathion peroxydase séléno-dépendante.
Les nouveaux
candidats protecteurs
Il faut souligner
le rôle, moins connu mais sans doute majeur, de nombreux micro-constituants
végétaux dans les étapes de détoxification, d'activation,
d'élimination hépatique et de réparation génomique.
Parmi les candidats
: glucosinolates, isothiocyanates et composés indoles des
choux ; sulfides et thiols de l'ail, de l'oignon et des crucifères
; polyphénols (en particulier quercitine et composés phénoliques
des végétaux) ; chlorophylle…
Les secrets
de la détoxification
La détoxification
comporte deux phases :
La
phase I inclut des réactions d'oxydation, de réduction
ou d'hydrolyse conduisant à des xénobiotiques plus hydrophiles.
Elle est assurée par 2 groupes d'enzymes : cytochrome P450
et groupe des flavines monoxygénases à coenzymes flaviniques,
moins importantes.
La
phase II correspond à un mécanisme de détoxification via
des réactions de conjugaison, rendant les métabolites de la
phase I plus polaires et solubles, et plus facilement éliminables.
Les enzymes de cette phase sont des glutathions transférases
et des isoenzymes de l'UDP glycuronyl transférase. Cette glycuro
conjugaison permet l'inactivation et l'élimination des hormones
sexuelles absorbées par voie orale et explique l'absence d'effet
des résidus d'hormones naturelles ingérées.
Ce n'est pas
tout. On a montré que les indoles et isothyocyanates augmentent
l'activité des enzymes de la phase I et de la phase II, que
la quercétine inhibe l'expression des protéines et de l'ARN
des enzymes du CYP1AI induite par le benzopyrène, et que l'expression
génétique et l'activité des cytochromes sont modulées par
de nombreux micro-constituants nutritionnels : diminution
par les flavonoïdes, isothiocyanates, indoles, terpènes, augmentation
par les caroténoïdes.
Fort de ces
notions ardues, on comprend comment une alimentation variée
et équilibrée, riche en fruits et légumes sources de vitamines
et de phyto-microconstituants, mais aussi riche en sélénium
et zinc constitutifs de nombreux enzymes, contribue à diminuer
les effets des xénobiotiques.
Dr Jean-Michel
Lecerf (Institut Pasteur
de Lille)
D'après
-
VAN POPPEL G, VERHOEVEN DTH, VERHAGEN H, GOLDBOHM - Brassica
vegetables and cancer prevention. Epidemiology and mechanisms
-
Advances in Nutrition and Cancer 2. ZAPPIA Edit, KLUWER ACADEMIC,
PLENUM PUBLISHERS, New-York, 1999, 159-168
-
CHYANG KANG Z, TSAI SJ, LEE H - Quercitin inhibits benzo(a)pyrene-induced
DNA adducts in human Hep G2 cells by altering cytochrome
P-450 1A1
gene expression - Nutr. Cancer 1999, 35, 175-9
- MARTIN A - Les
risques d'origine alimentaire - Cah Nutr Diet 2001, 36, 296-300
Actualité
scientifique
Des légumes
crus et du tofu contre le cancer de l'estomac
Dr Thierry
Gibault d'après un article original deXin-En Huang, Kazno
Tajima, Shinkan TokudomeDepartment of Public Health, Nagoya
City University Medical School 1 Kawasumi, Mizuho-ku, Nagoya
467-8601 Japan
Si les habitudes
alimentaires pourraient être une des causes principales du
cancer de l'estomac (1-3), on a actuellement peu de connaissances
sur leur importance dans le pronostic du cancer de l'estomac.
Afin de répondre à cette question, d'un grand intérêt pour
les oncologistes, une analyse pronostique a été effectuée
au moyen de données fournies par le Aichi Cancer Center
esearch Institute and Hospital.
L'analyse consistait
à étudier des renseignements recueillis, de janvier 1988 à
décembre 1994, sur 877 patients (578 hommes et 299
femmes) ayant un cancer de l'estomac. Ces éléments portaient
sur les habitudes alimentaires des patients, le grade histologique
et le stade clinique des tumeurs ainsi que les résultats du
suivi. La survie de tous les patients a été suivie jusqu'en
décembre 1998 et le taux
de survie a été évalué au moyen de la méthode Kaplan-Meier.
L'analyse des hasards proportionnels (calculés après avoir
rassemblé des renseignements, tels que l'âge, le sexe, le
grade histologique et le stade clinique de la maladie) a été
utilisée pour évaluer l'effet de chaque aliment sur l'évolution
fatale du cancer.
Une réduction
importante de la mortalité
Les résultats liés
à la consommation de légumes crus (0,74; IC à 95
% = 0,56-0,98), de tofou (0,65; IC à 95 % = 0,42-0,99) et
de chair de poulet (0,61; IC à 95 % = 0,39-0,95) plus de trois
fois par semaine ont montré une diminution importante du risque
de mortalité dû à un cancer de l'estomac.Après avoir soigneusement
examiné les possibles biais et facteurs de confusion (4),
les principaux résultats suggèrent que la consommation fréquente
de légumes crus et de tofu est bénéfique, tandis que le tabagisme
est associé à un pronostic négatif pour le cancer de l'estomac.
Des micronutriments
aux effets multiples dans les légumes
Premiers mécanismes
pour expliquer ces résultats : les micro-nutriments (caroténoïdes,
vitamine C, fibres alimentaires, vitamine E, sélénium)
présents en abondance dans les légumes crus. Les systèmes
expérimentaux contenant ces micro-nutriments semblent capables
de réduire les lésions de l'ADN et la mutagénèse (5). En plus
de leurs effets anticancéreux directs, ces micro-nutriments
renforcent les fonctions immunologiques : les caroténoïdes
provoquent une augmentation de la prolifération des lymphocytes
T et B et une amélioration de la communication intercellulaire
(6). Une immunocompétence accrue diminuerait ainsi la probabilité
de complications et de décès causés par des agents infectieux.
Secrets
du soja ? Les isoflavones
Mais la conclusion
la plus intéressante de cette étude est que la consommation
fréquente de tofu diminue les risques de cancer de l'estomac.
Des études suggèrent que le nombre relativement bas de cancers
du sein, du côlon et de la prostate, en Chine et au Japon,
résulte d'une consommation fréquente de produits à base de
soja (7). Des travaux japonais (2) et coréens (8) ont montré
que la consommation de tofou diminuait les risques de cancer
de l'estomac.
Une explication
biologique possible de ces résultats est que les produits
à base de soja constituent un apport alimentaire incomparable
d'isoflavones, comme la génistéine. En plus de leur action
anti-métastatique, les isoflavones provoquent une inhibition
spécifique des topo isomérases de l'ADN (9) et des tyrosine-kinase
(10). Ces composés régulent également le cycle cellulaire
(11), inhibent la prolifération cellulaire (12), ont une action
anti-angiogénique (13) et favorisent l'apoptose (14). In vivo,
des expériences récentes réalisées sur des souris, ont montré
qu'un supplément alimentaire en protéines isolées de soja
diminuait la prolifération des métastases pulmonaires de cellules
B16BL6 et inhibait la croissance de tumeurs pulmonaires (15).
Ainsi, une modification
des habitudes de vie pourrait améliorer la survie de patients
ayant un cancer de l'estomac. Cette conclusion devrait être
prise en compte dans notre pratique clinique.
Références
1/
Tajima K, Tominaga S. Dietary habits and gastro-intestinal
cancers: a comparative case-control study of stomach and large
intestinal cancers in Nagoya, Japan. Jpn.J.
Cancer Res 76,706-16,1985.
2/
Inoue M, Tajima K, Hirose K, Kuroishi T, Gao CM. Life-style
and subsite of gastric cancer - joint effect of smoking and
drinking habits. Int. J. Cancer 56,494-9, 1994.
3/
Huang XE, Tajima K, Hamajima N, Xiang J, Inoue M, et al. Comparison
of lifestyle and risk factors among Japanese with and without
gastric cancer family history.
Int. J. Cancer 86, 421-4, 2000.
4/ Huang XE,
Tajima K, Hamajima N, Kodera Y, Yamamura Y, et al. Effects
of dietary, drinking and smoking habits on the prognosis of
gastric cancer. Nutr Cancer 38, 30-6, 2000.
5/
Schorah CJ., Micronutrients. vitamins, and cancer risk. Vitam
Horm 57, 1-23,1999.
6/
Bendich A. Carotenoids and the immune response. J.Nutr. 119,112-5,1989.
7/
Messina MJ, Persky V, Setchell KD, Barnes S. Soy intake and
cancer risk : a
review of the in vitro and in vivo data. Nutr Cancer 21,113-31,1994.
8/
Ahn YO. Diet and stomach cancer in Korea. Int. J. Cancer Suppl
10,7-9,1997.
9/
Feller SM, Wong TW. Identification and characterization of
a cytosolic protein tyrosine
kinase of HeLa cells. Biochemistry 31,3044-51,1992.
10/
Okura A, Arakawa H, Oka H, Yoshinai T, Monden,Y. Effects of
genistein on topoisomerase
activity and on the growth of [Val 12.ha-ras-transformed NIH
3T3
cells. Biochem Biophys Res Commun 157,183-9,1988.
11/
Kroemer G, Petit P, Zamzami N, Vayssiere JL, Mignotte B. The
biochemistry of programmed cell death. FASEB J 9,1277-87,1995.
12/
Peterson G, Barnes S. Isoflavones inhibit the growth of human
prostate cancer cell lines without inhibiting epidermal growth
factor receptor autophosphorylation. Prostate 22, 335-45,1993.
13/
Fotsis T, Pepper M, Adlercreutz H, Fleischamann G, Hase T,
Montesano R,et al. Genistein, a dietary-derived inhibitor
of in vitro angiogenesis. Proc Natl Acad Sci USA 90, 2690-94,1993.
14/
Hoffman B, Liebermann DA. Molecular
controls of apoptosis: differentiation/growth arrest primary
response genes, proto-oncogenes, and tumor suppressor genes
as positive and negative modulators. Oncogene 9,1807-12,1994.
15/
Yan L, Yee JA, McGuire MH, Graef GL. Effect of dietary supplementation
of soybeans on experimental metastasis of melanoma cells in
mice. Nutr Cancer 29,1-6,1997.
Le
regard de la diététicienne
Certains
végétaux frais sont-ils plus particulièrement adaptés aux
besoins
des enfants ?
Les enfants,
à partir de 2-3 ans peuvent parfaitement consommer l'ensemble
des fruits et légumes frais que l'on trouve sur le marché.
On peut cependant
conseiller :
Pour les
fruits
Les
fruits les moins acidulés : poire, banane, cerise, prune,
pêche, melon, abricots seront consommés toujours bien
mûrs. Ils correspondent parfaitement aux goûts de l'enfant
(saveur douce et texture assez molle) et sont le plus souvent
très appréciés.
La pomme, plus
croquante, sera donnée, avant 3 ans, émincée finement ou cuite
en compote. Pour les enfants de 4 à 8 ans, il est préférable
de choisir des pommes de petit calibre, à chair fondante,
(Reinette, Gala, Golden, par exemple).
Les fruits acidulés
(orange, pomelo, kiwi, ananas, fraise, …) peuvent être consommés
sans problème par les enfants, s'ils les apprécient. Certains
enfants ressentent, en revanche, très fortement la composante
acide du fruit. Elle peut leur être désagréable : il ne faut
bien sûr pas les forcer et proposer à nouveau le fruit quelque
temps plus tard.
Les oléagineux
consommés entiers sont fortement déconseillés jusqu'à l'âge
de 3-4 ans
: ils peuvent provoquer un étouffement.
Pour les
légumes
Certains légumes
provoquent des désagréments digestifs : fermentation, stimulation
du transit. Ces petits troubles prennent souvent plus d'ampleur
chez l'enfant. Pour en limiter les effets, il suffit de limiter
la quantité consommée du légume incriminé (chou, haricot en
grains frais, artichaut, salsifis, …). On l'associera, au
cours du même repas, à un autre légume mieux toléré (carotte,
courgette, …) ou à un féculent (pomme de terre, riz, pâtes,
…).
Les crudités stimulent
également le transit : elles doivent impérativement, chez
l'enfant, alterner avec les légumes frais cuits, qui sont
moins irritants.
Questions
? Réponses
Chez l'enfant,
consommer du potage ou manger des légumes, est-ce équivalent
?
Certains enfants
consomment très peu de légumes : le potage est alors une façon
de répondre à leur besoin en eau, minéraux et fibres attendries
par la cuisson.
Une assiettée de
potage de légumes maison contient environ 150 g de légumes
variés (en général 4 ou 5 différents), ce qui est loin d'être
négligeable. Cependant, soupes et potages ne peuvent remplacer
les crudités, sources essentielles de vitamine C.
Il sera donc impératif
de compléter le repas par un fruit cru, si l'enfant n'apprécie
aucun légume cru.
Véronique
Liégeois - Diététicienne
Bibliographie
Antioxydants
: Pensez aux kiwis !
Les antioxydants
contenus dans les fruits et les légumes ont des effets bénéfiques
sur la santé humaine et en particulier sur les dommages que
causent les radicaux oxydants à l'ADN.
Le kiwi a été
pris en exemple par une équipe du Royaume Uni pour en apporter
la preuve in vivo et in vitro. Les auteurs ont fait consommer
500 ml de kiwis homogénéisés, chaque jour, à des volontaires
pendant une semaine, alors que des témoins buvaient le même
volume d'eau, sans changer leurs habitudes alimentaires. La
semaine suivante les témoins devenaient volontaires et vice
versa. Le plasma et les lymphocytes étaient prélevés et isolés
à différents temps de l'expérience. La mesure des modifications
par cassures de l'ADN et le degré d'oxydation des bases mesurés
après contact des lymphocytes avec de l'eau oxygénée. Le dosage
des antioxydants dans le plasma a été réalisé : vitamines
C, D, alpha et gamma tocophérols, rétinol, bêta carotène,
bêta cryptoxanthine, lycopène, lutéine / zéaxanthine et phytofluène.
Les mêmes tests ont été réalisés avec une préparation de kiwis
pour les tests in vitro. Sur cette préparation ont été également
recherchés la quercétine, le kaemférol et l'isorhamnétine
ainsi que l'activité de la catalase.
L'effet de
supplémentation en kiwis a montré une augmentation de la vitamine
C plasmatique, avec un pic après 3 heures et un retour à la
normale après 24 heures. Il n'y a pas de modifications dans
le groupe témoin.
L'ADN du groupe
testé était protégé de façon majeure, dans les lymphocytes,
contre l'oxydation et les cassures à 3 heures, 8 heures et
24 heures avec un minimum de dommages 8 heures après la consommation.
Pour les tests
in vitro, les résultats sont superposables.
Les antioxydants
retrouvés sont prioritairement la vitamine C, mais aussi les
alpha et gamma tocophérols, le bêta carotène,
La
lutéine / zéaxanthine et la bêta cryptoxanthine, alors que
le rétinol, le lycopène, l'alpha carotène, la quercétine et
le kaemférol ne sont pas détectables.
L'action du
jus de kiwis montre une diminution de 54% des cassures de
l'ADN, alors qu'aux mêmes concentrations, la vitamine C seule
n'amène qu'une bénéfice de 24%.
La diversité
a du bon.
Kiwifruit
protects against oxidative dna damage in human cells and in
vitro (01-171)
Collins
BH, Horska A, Hotten PM et al Nutrition and Cancer 39:1 Juan
2001
Les fruits
et légumes : des anti-inflammatoires
L'administration
d'aspirine et connue pour réduire le risque de cancer colorectal.
L'aspirine (acide acétylsalicyclique) fait partie de la famille
des salicylates. Ce sont des anti-inflammatoires.
Les fruits
et légumes contiennent naturellement des salicylates. Les
personnes qui consomment abondamment des fruits et légumes
ont des concentrations plasmatiques d'acide salicylique supérieures
à celles de personnes qui en consomment peu.
L'un des rôles
de l'acide salicylique, comme pour l'aspirine, est d'inhiber,
dans les cellules intactes la transcription des gènes des
cyclooxygenases permettant ainsi de lutter contre l'athérosclérose
et la carcinogenèse. Les auteurs ajoutent que d'autres composants
des fruits et légumes interfèrent avec les salicylates pour
magnifier l'action préventive des végétaux.
Salicylic
acid: a link between aspirin, diet and the prevention of colorectal
cancer (01-165)
Paterson
Jr, Lawrence JR QJM 94:8 Aug 2001
De l'intérêt
des polyphénols en général et des flavonoïdes en particulier.
Une revue très
documentée et clairement exposée sur les polyphénols et leurs
métabolites est parue cette année dans Current Medical Chemistry.
Ce qui frappe
tout d'abord est la diversité de ces molécules et leurs structures,
et même si la quantité journalière ingérée dans les aliments
est loin d'être précise, on peut dire que la majorité d'entre
eux, les flavonoïdes, est consommée sous forme de glycosides
solubles dans l'eau à partir des pommes et des oignons et
sous forme libre dans le thé et le vin, mais ils sont présents
dans la plupart des fruits et légumes.
Leur importance
physiologique est connue depuis 1936, date à laquelle Szent
Györgi, Prix Nobel 1937 pour la découverte de la vitamine
C, les a décrits comme des facteurs nutritionnels indispensables
au maintien de la perméabilité capillaire.
Leur rôle est
de deux ordres : ce sont des antioxydants majeurs et après
leur absorption intestinale, ils peuvent agir sur chacune
des cellules du corps humain, mais aussi, la plus grande partie
d'entre eux restant dans le tube digestif, ils interagissent,
in situ, avec les cellules épithéliales gastro-intestinales
sur la prolifération cellulaire et l'apoptose.
Les phénomènes
de l'absorption intestinale sont longuement décrits et discutés
ainsi que les effets anticarcinogéniques des polyphénols,
tant sur des modèles d'animaux que sur des cultures cellulaires.
Sur les cellules,
les auteurs remarquent que leur structure joue un rôle important
dans l'activité suppressive sur la cancérogenèse. Ils notent,
également, que l'association avec la vitamine C potentialise
leurs effets.
Les flavonoïdes
agissent sur les voies métaboliques du contrôle du cycle cellulaire,
de la différenciation et de l'apoptose. Leurs effets anticarcinogèniques
incluent, à la fois leurs pouvoirs antioxydants, l'induction
de la phase II du cycle, l'inhibition des protéines kinases
et des interactions avec les récepteurs aux oestrogènes.
L'effet protecteur
des fruits et légumes est sans doute très lié à la présence
des très nombreux polyphénols présents dans ces aliments.
Polyphenolic
compounds: interactions with the gut and implications for
human health (01-182)
Gee
JM, Johnson IT Current Medicinal Chemistry 8:11 Sept 2001
Si
vous buvez, n'oubliez pas les fruits et légumes.
Il est maintenant
démontré que des quantités modérées d'alcool ont un effet
cardioprotecteur, et, la protection est meilleure si l'alcool
est consommé sous forme de vin.
Les effets
favorables du vin sont, entre autres, attribués aux composés
polyphénoliques du raisin qu'il contient. Mais l'ensemble
des fruits et des légumes contient des polyphénols et ces
sources de molécules protectrices sont quantitativement plus
importantes et qualitativement plus diversifiées.
L'alcool, en
soi, a aussi des effets bénéfiques sur de nombreux facteurs
de risques vasculaires, bien que les mécanismes soient toujours
mal définis.
Les auteurs
concluent en disant que pour bénéficier de l'effet cardioprotecteur
du vin et de l'alcool, il est souhaitable de les consommer
avec modération en associant une alimentation riche en fruits
et légumes. Est-ce que ça ne vous rappelle pas le régime méditerranéen
?
Alcohol
and mortality: if you drink, do not forget fruits and vegetables
(01-233)
Suter PM
Nutrition Reviews 59:9 Sept 2001
APRIFEL - Agence pour la Recherche et l'Information en
Fruits et Légumes frais
60 rue du Faubourg Poissonnière
75010 PARIS
Tel : 01 49 49 15 15 Fax : 01 49 49 15 16
Email : aprifel@interfel.com
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