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actualité médicale

Equation nutrition 20 - 24 décembre 2001

Edito
Santé News
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Bibliographie

Edito

Eh… dites, oh !

C'est parfois agaçant la nutrition…

… tant il est évident que notre alimentation est importante pour nous garder en bonne santé.

De plus en plus d'études scientifiques, sérieuses, randomisées, "statistiquement significatives", s'accumulent pour démontrer que notre façon de manger conditionne notre santé, même dès le plus jeune âge… Ainsi, il suffirait de manger des fruits et des légumes au sortir du sein maternel, pour avoir plus d'aptitudes à découvrir de nouvelles saveurs et enrichir sa palette alimentaire au cours de sa vie future. Des fruits et des légumes qui, rappelons le, sont sans doute les aliments les plus protecteurs contre un grand nombre de cancers (dont celui de l'estomac, comme le soulignent ce mois ci des auteurs Japonais). 
Et qui sont aussi de puissants détoxifiants. Nous qui, à l'Aprifel, prônons la diversité - et pas seulement végétale ! - ne pouvons que nous en réjouir.

Les fruits et les légumes sont, pour reprendre une formule marketing, une source de bienfaits… Une évidence ?
Plus :  un vrai "consensus". Et les consensus sont suffisamment rares en nutrition pour qu'on les souligne, comme le rappelait récemment Pierre Louisot devant l'Académie de l'Agriculture. Au point qu'on affiche aujourd'hui des aubergines et des courgettes sur les Abribus pour convaincre les citadins qu'il y a urgence à consommer davantage de fruits et de légumes.

Il y aura toujours des esprits avisés pour nous dire que nous ne sommes pas végétariens (qui en doute ?), que la qualité n'est plus ce qu'elle était (est-ce si sûr ?), que les fruits et les légumes sont parfois déconseillés à certains allergiques (c'est tellement rare…), que la vitamine C des haricots verts fond comme neige au soleil sur les étals des supermarchés et dans la casserole des ménagères… et que "au moins 5" ce n'est pas 10 !
ça vous inquiète ? Nous, franchement pas.

Dr Thierry Gibault

Santé news

Mange tes carottes mon "petit poulet"
Pr Léon Perlemuter
Université Paris XII

Les bases de la diversification
Habituellement, on conseille d'abord de compléter le lait par un produit farineux, comme des céréales cuites, puis on introduit progressivement d'autres aliments solides, tels la purée de fruits, les légumes et les viandes.
La plupart des auteurs considère que l'ordre dans lequel les aliments sont introduits n'a aucune importance. D'autres affirment que l'administration de légumes puis de fruits est logique pour que le goût sucré n'interfère pas avec l'acceptation des légumes. En réalité rien n'était jusqu'à présent vérifié de façon scientifique.  C'est peut-être chose faite aujourd'hui…

La carotte et le poulet : un couple enviable !
Voici une remarquable étude, conduite par des nutritionnistes de Philadelphie, - dont les habitants se targuent du label de "capitale gastronomique" des Etats-Unis. Cette étude est destinée à évaluer la meilleure manière de sevrer les enfants afin de varier leur alimentation.
L'idée avancée est que l'acceptation de nouveaux aliments solides pendant la période du sevrage est meilleure si les enfants ont déjà eu l'expérience de mets à saveur, odeur (flaveur) et texture variées.
Ainsi, l'introduction d'un légume nouveau (ici, la  purée de carotte) et d'un aliment nouveau (ici, la purée de poulet) seraient largement facilitée.

De l'ordre dans les carottes

Les auteurs testent en réalité 3 hypothèses :
les enfants ayant  absorbé auparavant des carottes ou des légumes variés accepteraient mieux l'introduction de purée de carottes (légume nouveau), les enfants ayant auparavant absorbé carottes et légumes accepteraient mieux l'introduction de purée de carottes que ceux ayant eu des pommes de terre, ceux qui ont déjà absorbé des fruits et légumes ne rejetteraient pas les carottes comme ceux qui n'ont pas eu cette expérience.

L'absence de hasard fait bien les choses
Pour l'étude, les auteurs ont recruté 8 garçons et 8 filles répartis en 3 groupes comparables : âgés de 4,5 ± 0,2  mois pesant  7,3  ± 0,2 kg, en bonne santé.
Les mamans ont accepté le principe de nourrir leurs enfants pendant 12 jours, à la maison en leur donnant des aliments infantiles sous forme de petits pots.
Elle ont reçu aussi : biberons, cuillers et... masques, pour éviter d'influencer les bébés au cours des repas par leurs mimiques maternelles.

L'étude a été divisée en 2 périodes successives
 période 1  

groupe 1 : purée de carottes
groupe 2 : purée de pommes de terre
groupe 3 : purée de pois, pommes de terre, mélange varié

 période 2

Evaluation de l'acceptation de la carotte et du poulet. Les mesures sont faites à la fois sur les quantités absorbées, mais aussi sur la vitesse d'absorption du repas et une évaluation sur échelle par la mère.

Pour les bébés : les fruits et les légumes d'abord !
Les résultats sont tout à fait étonnants : les enfants qui ont été d'abord nourris par des carottes ou des légumes mélangés, absorbent ensuite beaucoup plus facilement les carottes ou un nouvel aliment (ici de la purée de poulet) que les enfants du groupe 2 nourris aux pommes de terre !
Au terme de cette étude minutieuse et très imaginative, les auteurs concluent que les enfants ayant eu des expériences alimentaires de flaveurs variées, comme par exemple l'absorption précoce de fruits et légumes, acceptent beaucoup mieux l'introduction de nouveaux aliments. Et si vous en parliez à vos jeunes mères de patientes ?

Zoom

Nutrition et sécurité alimentaire : même combat !

Pour le nutritionniste, la qualité de l'alimentation représente la fraction non énergétique des aliments (micronutriments et microconstituants). Pour le spécialiste de la sécurité alimentaire (comme pour le commun des mortels d'ailleurs), la qualité c'est la présence ou non de contaminants…

Le vaste monde des xénobiotiques
Un même vocable pour 2 approches : n' y-a-t-il pas, au delà des mots, une communauté d'intérêt de ces 2 réalités ? Les contaminants (pesticides, résidus hormonaux, benzo(a)pyrène, amines hétérocycliques, mycotoxines…), appartenant au vaste monde des xénobiotiques (substances étrangères à la vie de l'organisme), qu'ils soient naturels ou non (la plante elle-même fabrique de nombreux pesticides), sont potentiellement toxiques. Bien sûr toutes les mesures en amont (producteur) et en aval (consommateur) susceptibles de les réduire, sont à priori utiles. En outre, la diminution des pesticides peut accroître la teneur en micro-nutriments et en micro-constituants des végétaux. Certaines de ces substances, sous des formes variées (amines hétérocycliques…) ont toujours existé, d'autres sont nouvelles.

Des défenses efficaces
L'organisme a mis en place des mécanismes naturels de protection contre ces molécules qui peuvent être impliquées dans la survenue de certains cancers. Lorsque la voie d'administration est orale, la première barrière est représentée par le système digestif, avec ses lignes de défenses physiques : le mucus et le pH de l'estomac, l'épithélium du grêle, la flore intestinale saprophyte au niveau colique. La seconde barrière est représentée par le foie, qui a un rôle majeur de détoxification bénéfique et/ou d'élimination (après glycuro conjugaison notamment). La dernière étape est représentée par les mécanismes de lutte contre les dommages de mutagenicité grâce à des processus de réparation de l'ADN. Le tissu adipeux peut également intervenir (surtout en cas d'administration percutanée ou respiratoire court-circuitant le foie) en stockant des substances liposolubles comme certains pesticides. D'où un effet protecteur de l'excès de masse grasse et, à l'inverse, un effet délétère de l'amaigrissement.

Des facteurs de protection classiques
Les facteurs nutritionnels et, globalement, la qualité de notre alimentation, exercent des effets protecteurs de mieux en mieux établis. Certains sont largement connus : la vitamine C dans l'inhibition de la transformation des nitrites en nitrosamines ; les fibres, comme piégeur de substances cancérogènes, réduisant le contact et le temps de contact avec la muqueuse colique, associé à leur rôle symbiotique de prébiotiques (substrats pour la microflore colique) ; les micro-nutriments et micro-constituants ayant un effet anti-oxydant, soit direct, soit en tant que constituant d'enzymes, comme la glutathion peroxydase séléno-dépendante.

Les nouveaux candidats protecteurs
Il faut souligner le rôle, moins connu mais sans doute majeur, de nombreux micro-constituants végétaux dans les étapes de détoxification, d'activation, d'élimination hépatique et de réparation génomique.

Parmi les candidats : glucosinolates, isothiocyanates et composés indoles des choux ; sulfides et thiols de l'ail, de l'oignon et des crucifères ; polyphénols (en particulier quercitine et composés phénoliques des végétaux) ; chlorophylle…

Les secrets de la détoxification
La détoxification comporte deux phases :

     La phase I inclut des réactions d'oxydation, de réduction ou d'hydrolyse conduisant à des xénobiotiques plus hydrophiles. Elle est assurée par 2 groupes d'enzymes : cytochrome P450 et groupe des flavines monoxygénases à coenzymes flaviniques, moins importantes.

     La phase II correspond à un mécanisme de détoxification via des réactions de conjugaison, rendant les métabolites de la phase I plus polaires et solubles, et plus facilement éliminables. Les enzymes de cette phase sont des glutathions transférases et des isoenzymes de l'UDP glycuronyl transférase. Cette glycuro conjugaison permet l'inactivation et l'élimination des hormones sexuelles absorbées par voie orale et explique l'absence d'effet des résidus d'hormones naturelles ingérées.

Ce n'est pas tout. On a montré que les indoles et isothyocyanates augmentent l'activité des enzymes de la phase I et de la phase II, que la quercétine inhibe l'expression des protéines et de l'ARN des enzymes du CYP1AI induite par le benzopyrène, et que l'expression génétique et l'activité des cytochromes sont modulées par de nombreux micro-constituants nutritionnels : diminution par les flavonoïdes, isothiocyanates, indoles, terpènes, augmentation par les caroténoïdes.

Fort de ces notions ardues, on comprend comment une alimentation variée et équilibrée, riche en fruits et légumes sources de vitamines et de phyto-microconstituants, mais aussi riche en sélénium et zinc constitutifs de nombreux enzymes, contribue à diminuer les effets des xénobiotiques.

Dr Jean-Michel Lecerf  (Institut Pasteur de Lille)

D'après

- VAN POPPEL G, VERHOEVEN DTH, VERHAGEN H, GOLDBOHM - Brassica vegetables and cancer prevention. Epidemiology and mechanisms
- Advances in Nutrition and Cancer 2. ZAPPIA Edit, KLUWER ACADEMIC, PLENUM PUBLISHERS, New-York, 1999, 159-168
- CHYANG KANG Z, TSAI SJ, LEE H - Quercitin inhibits benzo(a)pyrene-induced DNA adducts in human Hep G2 cells by altering cytochrome
P-450 1A1 gene expression - Nutr. Cancer 1999, 35, 175-9
- MARTIN A - Les risques d'origine alimentaire - Cah Nutr Diet 2001, 36, 296-300

Actualité scientifique

Des légumes crus et du tofu contre le cancer de l'estomac

Dr Thierry Gibault d'après un article original deXin-En Huang, Kazno Tajima, Shinkan TokudomeDepartment of Public Health, Nagoya City University Medical School 1 Kawasumi, Mizuho-ku, Nagoya 467-8601 Japan

Si les habitudes alimentaires pourraient être une des causes principales du cancer de l'estomac (1-3), on a actuellement peu de connaissances sur leur importance dans le pronostic du cancer de l'estomac. Afin de répondre à cette question, d'un grand intérêt pour les oncologistes, une analyse pronostique a été effectuée au moyen de données fournies par le Aichi Cancer Center  esearch Institute and Hospital.

L'analyse consistait à étudier des renseignements recueillis, de janvier 1988 à décembre 1994, sur 877 patients (578 hommes et 299 femmes) ayant un cancer de l'estomac. Ces éléments portaient sur les habitudes alimentaires des patients, le grade histologique et le stade clinique des tumeurs ainsi que les résultats du suivi. La survie de tous les patients a été suivie jusqu'en décembre 1998 et le taux de survie a été évalué au moyen de la méthode Kaplan-Meier. L'analyse des hasards proportionnels (calculés après avoir rassemblé des renseignements, tels que l'âge, le sexe, le grade histologique et le stade clinique de la maladie) a été utilisée pour évaluer l'effet de chaque aliment sur l'évolution fatale du cancer.

Une réduction importante de la mortalité
Les résultats liés à la consommation de légumes crus (0,74; IC à 95 % = 0,56-0,98), de tofou (0,65; IC à 95 % = 0,42-0,99) et de chair de poulet (0,61; IC à 95 % = 0,39-0,95) plus de trois fois par semaine ont montré une diminution importante du risque de mortalité dû à un cancer de l'estomac.Après avoir soigneusement examiné les possibles biais et facteurs de confusion (4), les principaux résultats suggèrent que la consommation fréquente de légumes crus et de tofu est bénéfique, tandis que le tabagisme est associé à un pronostic négatif pour le cancer de l'estomac.

Des micronutriments aux effets multiples dans les légumes
Premiers mécanismes pour expliquer ces résultats : les micro-nutriments (caroténoïdes, vitamine C, fibres alimentaires, vitamine E, sélénium)  présents en abondance dans les légumes crus. Les systèmes expérimentaux contenant ces micro-nutriments semblent capables de réduire les lésions de l'ADN et la mutagénèse (5). En plus de leurs effets anticancéreux directs, ces micro-nutriments renforcent les fonctions immunologiques : les caroténoïdes provoquent une augmentation de la prolifération des lymphocytes T et B et une amélioration de la communication intercellulaire (6). Une immunocompétence accrue diminuerait ainsi la probabilité de complications et de décès causés par des agents infectieux.

Secrets du soja ? Les isoflavones
Mais la conclusion la plus intéressante de cette étude est que la consommation fréquente de tofu diminue les risques de cancer de l'estomac. Des études suggèrent que le nombre relativement bas de cancers du sein, du côlon et de la prostate, en Chine et au Japon, résulte d'une consommation fréquente de produits à base de soja (7). Des travaux japonais (2) et coréens (8) ont montré que la consommation de tofou diminuait les risques de cancer de l'estomac.
Une explication biologique possible de ces résultats est que les produits à base de soja constituent un apport alimentaire incomparable d'isoflavones, comme la génistéine. En plus de leur action anti-métastatique, les isoflavones provoquent une inhibition spécifique des topo isomérases de l'ADN (9) et des tyrosine-kinase (10). Ces composés régulent également le cycle cellulaire (11), inhibent la prolifération cellulaire (12), ont une action anti-angiogénique (13) et favorisent l'apoptose (14). In vivo, des expériences récentes réalisées sur des souris, ont montré qu'un supplément alimentaire en protéines isolées de soja diminuait la prolifération des métastases pulmonaires de cellules B16BL6 et inhibait la croissance de tumeurs pulmonaires (15).
Ainsi, une modification des habitudes de vie pourrait améliorer la survie de patients ayant un cancer de l'estomac. Cette conclusion devrait être prise en compte dans notre pratique clinique.

Références

1/ Tajima K, Tominaga S. Dietary habits and gastro-intestinal cancers: a comparative case-control study of stomach and large intestinal cancers in Nagoya, Japan. Jpn.J. Cancer Res 76,706-16,1985.

2/ Inoue M, Tajima K, Hirose K, Kuroishi T, Gao CM. Life-style and subsite of gastric cancer - joint effect of smoking and drinking habits. Int. J. Cancer 56,494-9, 1994.

3/ Huang XE, Tajima K, Hamajima N, Xiang J, Inoue M, et al. Comparison of lifestyle and risk factors among Japanese with and without gastric cancer family history. Int. J. Cancer 86, 421-4, 2000.

4/ Huang XE, Tajima K, Hamajima N, Kodera Y, Yamamura Y, et al. Effects of dietary, drinking and smoking habits on the prognosis of gastric cancer. Nutr Cancer 38, 30-6, 2000.

5/ Schorah CJ., Micronutrients. vitamins, and cancer risk. Vitam Horm 57, 1-23,1999.

6/ Bendich A. Carotenoids and the immune response. J.Nutr. 119,112-5,1989.

7/ Messina MJ, Persky V, Setchell KD, Barnes S. Soy intake and cancer risk : a review of the in vitro and in vivo data. Nutr Cancer 21,113-31,1994.

8/ Ahn YO. Diet and stomach cancer in Korea. Int. J. Cancer Suppl 10,7-9,1997.

9/ Feller SM, Wong TW. Identification and characterization of a cytosolic protein tyrosine kinase of HeLa cells. Biochemistry 31,3044-51,1992.

10/ Okura A, Arakawa H, Oka H, Yoshinai T, Monden,Y. Effects of genistein on topoisomerase activity and on the growth of [Val 12.ha-ras-transformed NIH 3T3 cells. Biochem Biophys Res Commun 157,183-9,1988.

11/ Kroemer G, Petit P, Zamzami N, Vayssiere JL, Mignotte B. The biochemistry of programmed cell death. FASEB J 9,1277-87,1995.

12/ Peterson G, Barnes S. Isoflavones inhibit the growth of human prostate cancer cell lines without inhibiting epidermal growth factor receptor autophosphorylation. Prostate 22, 335-45,1993.

13/ Fotsis T, Pepper M, Adlercreutz H, Fleischamann G, Hase T, Montesano R,et al. Genistein, a dietary-derived inhibitor of in vitro angiogenesis. Proc Natl Acad Sci USA 90, 2690-94,1993.

14/ Hoffman B, Liebermann DA. Molecular controls of apoptosis: differentiation/growth arrest primary response genes, proto-oncogenes, and tumor suppressor genes as positive and negative modulators. Oncogene 9,1807-12,1994.

15/ Yan L, Yee JA, McGuire MH, Graef GL. Effect of dietary supplementation of soybeans on experimental metastasis of melanoma cells in mice. Nutr Cancer 29,1-6,1997.

Le regard de la diététicienne

Certains végétaux frais sont-ils plus particulièrement adaptés aux besoins
des enfants ?

Les enfants, à partir de 2-3 ans peuvent parfaitement consommer l'ensemble des fruits et légumes frais que l'on trouve sur le marché.
On peut cependant conseiller :

Pour les fruits
Les fruits les moins acidulés : poire, banane, cerise, prune, pêche, melon, abricots seront consommés toujours bien mûrs. Ils correspondent parfaitement aux goûts de l'enfant (saveur douce et texture assez molle) et sont le plus souvent très appréciés.
La pomme, plus croquante, sera donnée, avant 3 ans, émincée finement ou cuite en compote. Pour les enfants de 4 à 8 ans, il est préférable de choisir des pommes de petit calibre, à chair fondante, (Reinette, Gala, Golden, par exemple).
Les fruits acidulés (orange, pomelo, kiwi, ananas, fraise, …) peuvent être consommés sans problème par les enfants, s'ils les apprécient. Certains enfants ressentent, en revanche, très fortement la composante acide du fruit. Elle peut leur être désagréable : il ne faut bien sûr pas les forcer et proposer à nouveau le fruit quelque temps plus tard.
Les oléagineux consommés entiers sont fortement déconseillés jusqu'à l'âge de 3-4 ans : ils peuvent provoquer un étouffement.

Pour les légumes
Certains légumes provoquent des désagréments digestifs : fermentation, stimulation du transit. Ces petits troubles prennent souvent plus d'ampleur chez l'enfant. Pour en limiter les effets, il suffit de limiter la quantité consommée du légume incriminé (chou, haricot en grains frais, artichaut, salsifis, …). On l'associera, au cours du même repas, à un autre légume mieux toléré (carotte, courgette, …) ou à un féculent (pomme de terre, riz, pâtes, …).
Les crudités stimulent également le transit : elles doivent impérativement, chez l'enfant, alterner avec les légumes frais cuits, qui sont moins irritants.

Questions ? Réponses
Chez l'enfant, consommer du potage ou manger des légumes, est-ce équivalent ?
Certains enfants consomment très peu de légumes : le potage est alors une façon de répondre à leur besoin en eau, minéraux et fibres attendries par la cuisson.
Une assiettée de potage de légumes maison contient environ 150 g de légumes variés (en général 4 ou 5 différents), ce qui est loin d'être négligeable. Cependant, soupes et potages ne peuvent remplacer les crudités, sources essentielles de vitamine C.
Il sera donc impératif de compléter le repas par un fruit cru, si l'enfant n'apprécie aucun légume cru.

Véronique Liégeois - Diététicienne

Bibliographie

Antioxydants : Pensez aux kiwis !
Les antioxydants contenus dans les fruits et les légumes ont des effets bénéfiques sur la santé humaine et en particulier sur les dommages que causent les radicaux oxydants à l'ADN.

Le kiwi a été pris en exemple par une équipe du Royaume Uni pour en apporter la preuve in vivo et in vitro. Les auteurs ont fait consommer 500 ml de kiwis homogénéisés, chaque jour, à des volontaires pendant une semaine, alors que des témoins buvaient le même volume d'eau, sans changer leurs habitudes alimentaires. La semaine suivante les témoins devenaient volontaires et vice versa. Le plasma et les lymphocytes étaient prélevés et isolés à différents temps de l'expérience. La mesure des modifications par cassures de l'ADN et le degré d'oxydation des bases mesurés après contact des lymphocytes avec de l'eau oxygénée. Le dosage des antioxydants dans le plasma a été réalisé : vitamines C, D, alpha et gamma tocophérols, rétinol, bêta carotène, bêta cryptoxanthine, lycopène, lutéine / zéaxanthine et phytofluène. Les mêmes tests ont été réalisés avec une préparation de kiwis pour les tests in vitro. Sur cette préparation ont été également recherchés la quercétine, le kaemférol et l'isorhamnétine ainsi que l'activité de la catalase.

L'effet de supplémentation en kiwis a montré une augmentation de la vitamine C plasmatique, avec un pic après 3 heures et un retour à la normale après 24 heures. Il n'y a pas de modifications dans le groupe témoin.

L'ADN du groupe testé était protégé de façon majeure, dans les lymphocytes, contre l'oxydation et les cassures à 3 heures, 8 heures et 24 heures avec un minimum de dommages 8 heures après la consommation.

Pour les tests in vitro, les résultats sont superposables.

Les antioxydants retrouvés sont prioritairement la vitamine C, mais aussi les alpha et gamma tocophérols, le bêta carotène,

La lutéine / zéaxanthine et la bêta cryptoxanthine, alors que le rétinol, le lycopène, l'alpha carotène, la quercétine et le kaemférol ne sont pas détectables.

L'action du jus de kiwis montre une diminution de 54% des cassures de l'ADN, alors qu'aux mêmes concentrations, la vitamine C seule n'amène qu'une bénéfice de 24%.

La diversité a du bon.

Kiwifruit protects against oxidative dna damage in human cells and in vitro (01-171)
Collins BH, Horska A, Hotten PM et al Nutrition and Cancer 39:1 Juan 2001

Les fruits et légumes : des anti-inflammatoires
L'administration d'aspirine et connue pour réduire le risque de cancer colorectal. L'aspirine (acide acétylsalicyclique) fait partie de la famille des salicylates. Ce sont des anti-inflammatoires.

Les fruits et légumes contiennent naturellement des salicylates. Les personnes qui consomment abondamment des fruits et légumes ont des concentrations plasmatiques d'acide salicylique supérieures à celles de personnes qui en consomment peu.

L'un des rôles de l'acide salicylique, comme pour l'aspirine, est d'inhiber, dans les cellules intactes la transcription des gènes des cyclooxygenases permettant ainsi de lutter contre l'athérosclérose et la carcinogenèse. Les auteurs ajoutent que d'autres composants des fruits et légumes interfèrent avec les salicylates pour magnifier l'action préventive des végétaux.

Salicylic acid: a link between aspirin, diet and the prevention of colorectal cancer (01-165)
Paterson Jr, Lawrence JR QJM 94:8 Aug 2001

De l'intérêt des polyphénols en général et des flavonoïdes en particulier.
Une revue très documentée et clairement exposée sur les polyphénols et leurs métabolites est parue cette année dans Current Medical Chemistry.

Ce qui frappe tout d'abord est la diversité de ces molécules et leurs structures, et même si la quantité journalière ingérée dans les aliments est loin d'être précise, on peut dire que la majorité d'entre eux, les flavonoïdes, est consommée sous forme de glycosides solubles dans l'eau à partir des pommes et des oignons et sous forme libre dans le thé et le vin, mais ils sont présents dans la plupart des fruits et légumes.

Leur importance physiologique est connue depuis 1936, date à laquelle Szent Györgi, Prix Nobel 1937 pour la découverte de la vitamine C, les a décrits comme des facteurs nutritionnels indispensables au maintien de la perméabilité capillaire.

Leur rôle est de deux ordres : ce sont des antioxydants majeurs et après leur absorption intestinale, ils peuvent agir sur chacune des cellules du corps humain, mais aussi, la plus grande partie d'entre eux restant dans le tube digestif, ils interagissent, in situ, avec les cellules épithéliales gastro-intestinales sur la prolifération cellulaire et l'apoptose.

Les phénomènes de l'absorption intestinale sont longuement décrits et discutés ainsi que les effets anticarcinogéniques des polyphénols, tant sur des modèles d'animaux que sur des cultures cellulaires.

Sur les cellules, les auteurs remarquent que leur structure joue un rôle important dans l'activité suppressive sur la cancérogenèse. Ils notent, également, que l'association avec la vitamine C potentialise leurs effets.

Les flavonoïdes agissent sur les voies métaboliques du contrôle du cycle cellulaire, de la différenciation et de l'apoptose. Leurs effets anticarcinogèniques incluent, à la fois leurs pouvoirs antioxydants, l'induction de la phase II du cycle, l'inhibition des protéines kinases et des interactions avec les récepteurs aux oestrogènes.

L'effet protecteur des fruits et légumes est sans doute très lié à la présence des très nombreux polyphénols présents dans ces aliments.

Polyphenolic compounds: interactions with the gut and implications for human health (01-182)
Gee JM, Johnson IT Current Medicinal Chemistry 8:11 Sept 2001

Si vous buvez, n'oubliez pas les fruits et légumes.
Il est maintenant démontré que des quantités modérées d'alcool ont un effet cardioprotecteur, et, la protection est meilleure si l'alcool est consommé sous forme de vin.

Les effets favorables du vin sont, entre autres, attribués aux composés polyphénoliques du raisin qu'il contient. Mais l'ensemble des fruits et des légumes contient des polyphénols et ces sources de molécules protectrices sont quantitativement plus importantes et qualitativement plus diversifiées.

L'alcool, en soi, a aussi des effets bénéfiques sur de nombreux facteurs de risques vasculaires, bien que les mécanismes soient toujours mal définis.

Les auteurs concluent en disant que pour bénéficier de l'effet cardioprotecteur du vin et de l'alcool, il est souhaitable de les consommer avec modération en associant une alimentation riche en fruits et légumes. Est-ce que ça ne vous rappelle pas le régime méditerranéen ?

Alcohol and mortality: if you drink, do not forget fruits and vegetables (01-233)
Suter PM Nutrition Reviews 59:9 Sept 2001

APRIFEL - Agence pour la Recherche et l'Information en Fruits et Légumes frais
60 rue du Faubourg Poissonnière
75010 PARIS
Tel : 01 49 49 15 15 Fax : 01 49 49 15 16
Email : aprifel@interfel.com

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