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Nutrinews
n°105 - Novembre 2000
Pourquoi
les os des femmes se brisent-ils plus facilement que leur
cur ?
Si les femmes
sont peut-être plus romantiques que les hommes, leur cur
est indiscutablement plus résistant. En revanche, leur
squelette est plus vulnérable et la grande majorité des fractures
liées à l'ostéoporose survient chez les femmes.
Pourquoi ces spécificités féminines ? C'est ce qu'ont tenté
d'expliquer les spécialistes réunis par le CERIN fin octobre
à Paris lors du colloque européen "Femmes et Nutrition"*.
Cur
: l'impunité n'est pas totale.
Comme l'a rappelé le Pr W. Koenig (Ulm, en Allemagne),
l'infarctus du myocarde est peu fréquent chez la femme de
moins de 65 ans ; la mortalité par infarctus est 5 fois plus
basse que dans la population masculine du même âge. Elle augmente
ensuite progressivement, mais reste toujours inférieure à
celle des hommes.
C'est essentiellement grâce à leurs hormones que les femmes
sont protégées, jusqu'à la ménopause et un peu après.
En effet, les oestrogènes naturels produits par les ovaires
augmentent le taux de "bon" cholestérol HDL ; ils
diminuent également la tendance à former des caillots dans
la circulation sanguine (caillots susceptibles de boucher
les artères coronaires qui irriguent le cur), et exercent
un certain nombre d'effets bénéfiques au niveau de la paroi
des artères, en la rendant notamment plus souple.
Ces bénéfices se font encore sentir même après la ménopause
: les artères d'une femme sont en moyenne plus "jeunes"
de 10 ans que celles d'un homme de même âge, ce qui explique
que, chez la femme, les infarctus surviennent beaucoup plus
tard dans la vie.
Mais attention, l'impunité n'est pas totale. Comme chez l'homme,
certains facteurs augmentent le risque d'infarctus : les antécédents
familiaux, l'hypertension artérielle, un taux de mauvais cholestérol
trop élevé, le diabète, la sédentarité
et surtout le
tabac, qui annule l'effet protecteur des hormones. Le Pr S.Grover
(épidémiologiste à Montréal chargé d'évaluer le rapport coût/bénéfice
des actions de prévention au Canada) a montré que l'arrêt
du tabac serait bien plus efficace (et sans doute plus agréable
à long terme) qu'un régime sur l'espérance de vie féminine
: 3 ans gagnés avec l'arrêt du tabac contre seulement 2 mois
avec le régime. De quoi faire réfléchir, et justifier les
campagnes anti-tabac, alors qu'on constate une augmentation
croissante du tabagisme chez les Françaises.
Os : des produits laitiers et de
l'exercice physique.
En ce qui concerne les os, en revanche, les femmes sont
moins bien "loties" que les hommes. Ce sont
elles les principales victimes de l'ostéoporose et de ses
complications, les fractures : tassements vertébraux, fractures
du poignet et fractures du col du fémur.
Pourquoi ? Encore une histoire d'hormones
L'os est un tissu vivant : il est détruit et reconstruit
en permanence pour assurer son entretien ; chez la femme,
les oestrogènes jouent un rôle essentiel dans ces phénomènes,
notamment en favorisant la construction. à la ménopause, l'arrêt
de la production hormonale entraîne un déséquilibre : la destruction
est plus importante que la construction, la masse osseuse
diminue rapidement et le squelette se fragilise.
Mais il est possible de prévenir l'ostéoporose, ou
en tout cas d'en limiter le risque : grâce au traitement hormonal,
associé à l'activité physique, qui stimule la synthèse osseuse.
Sans oublier, bien sûr, de consommer suffisamment de calcium
(1200 mg/j soit l'équivalent d'un litre de lait, qu'il soit
entier, demi-écrémé ou écrémé) et de protéines (celles des
viandes, poissons, ufs et produits laitiers ont la meilleure
qualité nutritionnelle), calcium et protéines étant les deux
constituants essentiels de l'os.
Le Pr J.-Ph. Bonjour (Genève, Suisse) a en effet rappelé
que les sujets âgés qui se fracturent le col du fémur ont
des apports protéiques plus faibles que les autres ; et que
la normalisation de ces apports améliore la densité de l'os,
en stimulant les cellules chargées de la formation osseuse.
Certes, il n'est jamais trop tard pour faire de la prévention.
Mais c'est encore mieux d'être prévoyante et de s'y prendre
tôt, dès l'enfance et l'adolescence, au moment où se construit
le capital osseux sur lequel on devra compter toute sa vie.
Pour qu'il soit le plus élevé possible, on sait aujourd'hui
qu'il suffit de deux mesures très simples : une activité physique
régulière et des apports calciques adéquats (900 mg/j de 7
à 9 ans et 1200 mg/j de 10 à 18 ans).
Comme l'a souligné M.Barker (Sheffield, Royaume-Uni),
la nature du calcium semble importante : celui qui est contenu
dans le lait entraîne chez les petites filles et les adolescentes
un gain osseux qui se maintient dans le temps, ce qui n'est
pas le cas des autres formes de calcium.
Il ne reste plus qu'à faire passer le message aux enfants
et surtout aux adolescentes.
Femmes et nutrition
- 26/27 octobre 2000
Dossier de presse disponible sur simple demande au CERIN
45 rue Saint-Lazare - 75314 Paris cedex 09
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