Des
besoins importants après la grossesse
Le fait
d'associer la planification familiale aux autres services de
santé pendant et après la grossesse peut contribuer à une meilleure
santé reproductive. Un tableau intitulé Quand commencer une
méthode après une grossesse est inclus. La formation : une étape
essentielle donne des exemples de différents programmes de formation
récemment effectués.
Une
femme qui vient d'accoucher doit non seulement se remettre
de ses couches, mais aussi s'occuper du nouveau-né, tâche
particulièrement difficile pour celles qui accouchent pour
la première fois. Beaucoup de femmes qui viennent d'accoucher
souhaiteraient espacer, voire limiter leurs grossesses pour
mieux prendre soin du nourrisson et d'elles-mêmes.
Bien
que ces besoins soient réels, les services de santé négligent
souvent les soins particuliers au post-partum, notamment la
nécessité de commencer la contraception dès le retour de la
fécondité. Citons par exemple l'Equateur, où les trois quarts
des femmes font des visites prénatales, mais seulement le
tiers obtiennent des soins pendant le post-partum.1 Une enquête
menée dans deux hôpitaux au Kenya a révélé que sur les 92
pour cent de femmes interrogées qui voulaient adopter la planification
familiale, seulement 2 pour cent d'entre elles ont quitté
l'hôpital après l'accouchement munies d'une méthode de contraception.2
Environ un tiers des femmes dans le monde qui n'ont accès
à aucune planification familiale sont enceintes ou viennent
d'accoucher.3
Comment
faire pour mieux aider les femmes après l'accouchement ?
La Fédération internationale pour la planification familiale
(IPPF) encourage ses membres à associer la planification familiale
aux autres services, déclare le docteur Pramilla Senanayake
qui est secrétaire générale adjointe de l'organisation. "Nous
leur avons dit, explique-t-elle, qu'une approche plus globale
était de loin la meilleure, et qu'il vaudrait mieux s'associer
et collaborer avec les autres groupes fournisseurs de soins
relatifs au post-partum." Une telle approche pourrait éviter
le gaspillage des services et de l'expertise et réduire les
coûts tout en répondant à la demande d'intégration des services
faite à la Conférence internationale sur la population et
le développement qui s'est tenue au Caire en 1994.
Quand
commencer les méthodes après une grossesse
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Mères qui allaitent
|
Mères qui n'allaitent
pas
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Immédiatement
- MAMA (protection jusqu'à six mois)
- Préservatifs (masculins ou féminins)
- Spermicides
- Stérilisation
Immédiatement ou avec un délai
- DIU (insertion dans les 48 heures1 ou après six
semaines)
Attendre six semaines
- Diaphragme
- Cape cervicale
- Eponge vaginale
- Méthodes progestatives (PP, Norplant, DMPA)
Attendre six mois
- Contraceptifs hormonaux combinés (pilules ou injectables)2
|
Immédiatement
- Préservatifs (masculins ou féminins)
- Spermicides
- Stérilisation
- Méthodes progestatives (PP, Norplant, DMPA)
Immédiatement ou avec un délai
- DIU (insertion dans les 48 heures1 ou après six
semaines)
Attendre trois semaines
- Contraceptifs hormonaux combinés (pilules ou injectables)
Attendre six semaines
- Diaphragme
- Cape cervicale
- Eponge vaginale
|
Femmes dans le post-abortum
(Avortement du premier
trimestre)
|
Hommes
|
| Immédiatement
|
La vasectomie
(la stérilisation masculine) peut être effectuée immédiatement
après la grossesse pour n'importe quel couple. |
Femmes dans le post-abortum
(Avortement du deuxième
trimestre)
|
Notes
:
- Il se peut que le risque d'expulsion soit plus
élevé lorsque l'insertion est effectuée entre 10
minutes et 48 heures, comparé aux insertions effectuées
immédiatement.
-
- L'utilisation peut commencer après six semaines
seulement si la lactation a été bien établie et
d'autres options ne sont ni disponibles ni acceptables.
En général, les contraceptifs hormonaux combinés
ne sont pas recommandés pour les mères qui allaitent.
|
Immédiatement
- Préservatifs (masculins ou féminins)
- Spermicides
- Méthodes progestatives (PP, Norplant, DMPA)
- Stérilisation
- Contraceptifs hormonaux combinés (pilules ou injectables)
Immédiatement ou avec un délai
- DIU (insertion dans les 48 heures1 ou après six
semaines)
Attendre six semaines
- Diaphragme
- Cape cervicale
- Eponge vaginale
|
L'Organisation
mondiale de la Santé (OMS) vise le même objectif. L'OMS a
réuni, en mai dernier, une commission d'experts chargés de
trouver une solution aux besoins des femmes en période du
post-partum et de leurs nourrissons. Le rapport du groupe
est attendu au cours de l'année et il devrait préconiser des
soins appropriés pour la mère en post-partum et l'enfant,
notamment en matière de nutrition, d'aide sociale et de prévention
du sida, en plus de la planification familiale.
"Il
est primordial d'associer les services de santé maternelle
et infantile à la planification familiale," dit le docteur
Roberto Rivera, directeur des affaires médicales internationales
à FHI. "La meilleure manière de répondre à des besoins toujours
accrus en matière de santé reproductive après la grossesse
est de proposer aux femmes des services variés. Ces services
qui comprendraient, entre autres, la planification familiale
aideraient à protéger la santé des femmes et de leurs enfants,
empêcheraient l'utilisation coercitive des contraceptifs,
et amélioreraient la qualité des soins," dit-il encore.
Des
prestataires au Mexique, au Chili, en Zambie, aux Philippines
et dans d'autres pays mettent actuellement au point des services
intégrés du post-partum qui comprennent la planification familiale.
Beaucoup d'entre eux lient les soins maternels et infantiles
à la fourniture de contraceptifs. Certains préconisent l'allaitement
qui, tout en améliorant la santé de la mère et de l'enfant,
est une protection contraceptive. D'autres encore relient
les services prénataux et de planification familiale aux soins
de suivi dans le post-partum.
Des
ressources limitées
Les
prestataires de soins qui disposent de peu de moyens, de temps
et de formation peuvent croire qu'il est impossible d'offrir
des services variés. Pourtant, d'après le docteur Enrique
Suárez, il en résulterait des clientes satisfaites, un bon
suivi et des soins améliorés. Le docteur Suárez est le directeur
de la Federación Mexicana de Asociaciones Privadas de Salud
y Desarollo Comunitario (FEMAP), une organisation mexicaine
non gouvernementale qui offre des services périnataux intégrés
depuis le début des années 80. "Si vous voulez que le message
passe, il faut considérer chaque femme dans sa totalité car
la planification familiale n'est pas la seule chose dont elles
ont besoin," dit le docteur Suárez.
A l'heure
actuelle les services périnataux de la FEMAP fonctionnent
de la manière suivante : des agents communautaires, environ
10.000 au Mexique, aiguillent les femmes enceintes vers les
dispensaires de FEMAP qui leur proposent des soins prénataux.
C'est au moment des visites que les docteurs et les infirmières
donnent des informations concernant la nutrition, le développement
du foetus et l'allaitement. Les femmes reçoivent aussi du
counseling en matière de planification familiale et subissent
des examens de dépistage, tant du cancer des organes reproductifs
que des maladies sexuellement transmissibles. Quand vient
le moment d'accoucher, les femmes sont admises dans l'un des
sept hôpitaux de la FEMAP, ou dans un hôpital affilié à l'organisation,
où le personnel soignant s'occupe d'elles et réitère les informations
données lors des visites prénatales.
Une
fois à la maison, ces femmes sont à nouveau contactées par
les agents qui leur donnent, si besoin est, des renseignements
supplémentaires en matière de planification familiale, et
leur rappellent qu'elles doivent retourner régulièrement au
dispensaire FEMAP pour les visites du post-partum. Lors de
ces visites qui concernent aussi bien la mère que le nourrisson,
les vaccins, l'aide à l'allaitement, les bilans de santé et
d'autres services leur sont proposés. De nombreux prestataires
signalent qu'il est très important d'associer les soins infantiles
aux soins de suivi dans le post-partum, parce que les femmes
retourneront pour leurs enfants mais pas pour elles-mêmes.
Quand
le programme de la FEMAP a commencé en 1981, moins de cinq
pour cent de ses clientes retournaient pour des soins du post-partum ;
maintenant près de 40 pour cent d'entre elles reviennent.
Le taux de fréquentation des services prénataux est encore
meilleur car environ 80 pour cent des clientes enceintes de
la FEMAP y font appel. "Le succès du programme tient en partie
à ce qu'il éduque les femmes en matière de soins préventifs,
surtout avant l'accouchement," dit le docteur Suárez.
Les
pilules, les préservatifs, la stérilisation chirurgicale volontaire
et les DIU font partie de l'éventail des méthodes de contraception
qui sont proposées aux femmes lors des consultations périnatales
de planification familiale. Le taux de continuation relatif
à l'emploi de contraceptifs est élevé, soit environ 72 pour
cent après cinq ans. Comme la FEMAP est en mesure de bien
suivre les patientes, elle peut offrir une variété de méthodes
à court et à long termes avec la certitude que les femmes
seront satisfaites, dit le docteur Suárez.
Il est
très important de disposer d'un choix en matière de contraception
après l'accouchement, car plus l'intervalle entre les naissances
est long, mieux la mère et le nouveau-né se porteront. Un
enfant qui voit le jour moins de deux ans après un frêre ou
une soeur court deux fois plus de risques de mourir en bas
âge qu'un bébé né à un intervalle plus long. Il y a aussi
la possibilité accrue qu'un bébé naisse prématuré s'il suit
de très près une autre grossesse.4
L'Instituto
Chileno de Medicina Reproductiva (ICMER) offre, lui aussi,
un programme intégré de santé relatif au post-partum. Ce programme
qui a commencé dans un établissement de recherche a été transféré
au Consultorio San Luis de Huechuraba, un dispensaire situé
dans un quartier pauvre de Santiago. Dans le cadre de ce programme,
les femmes qui viennent d'accoucher sont invitées à venir
avec leurs enfants pour des visites de suivi, et cela sur
plusieurs mois. De même, chaque cliente reçoit un counseling
adapté à sa situation, ainsi que des services en matière d'allaitement,
de contraception, et de santé maternelle et infantile. Ces
services sont prodigués par des prestataires travaillant en
équipe.
Le docteur
Soledad Díaz, qui est directrice du programme, affirme que
les participantes disent apprécier l'information et les soins
prodigués avec beaucoup d'égards par le personnel. A Santiago,
plus de 95 pour cent des femmes qui ont participé au programme
pendant un an continuent la contraception, et leur taux d'allaitement
est plus élevé que chez les femmes de même milieu qui n'ont
pas participé.
"Le
degré d'allaitement nécessaire à provoquer l'aménorrhée de
la lactation demande beaucoup d'efforts aux femmes, et il
faut parfois que le personnel soignant les aide à persévérer,"
dit le docteur Díaz. Grâce à un tel soutien, une excellente
entente pourrait naître entre l'équipe sanitaire et les clientes,
surtout si les mères constatent une amélioration de la croissance
et de la santé du nourrisson. Des relations de ce genre peuvent
favoriser le degré d'acceptabilité des interventions contraceptives
et sanitaires," dit-elle.
Network,
Printemps 1997, Volume 17, Numéro 3 .

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