De
nouvelles méthodes de barrière sont peut-être d'un emploi plus
facile
Diaphragmes, éponges et
capes cervicales évoluent.
La prochaine génération de diaphragmes et de capes
cervicales devrait être plus facile à insérer et à retirer,
tout en ayant une meilleure stabilité pendant les rapports
sexuels.
Cette génération sera en caoutchouc silicone, dont
la durée de conservation est supérieure à celle du latex et
dont l'emploi est possible par les femmes allergiques au caoutchouc
naturel.
Quant aux futures éponges vaginales, elles devraient
surtout se distinguer par des doses inférieures de spermicide
pour réduire leur pouvoir irritant.
Diaphragmes
D'après plusieurs études conduites
aux Etats-Unis auprès de 2.800 femmes, le diaphragme serait
un peu plus efficace que l'éponge contraceptive ou la cape
cervicale en utilisation typique.1 Mais les diaphragmes
actuels ont plusieurs inconvénients : leur taille doit être
déterminée par un prestataire, ils sont en latex, leur insertion
et leur retrait sont parfois compliqués et ils ne doivent
pas rester en place plus de 24 heures.
Pour éliminer certains de ces
inconvénients, deux nouveaux dispositifs ressemblant au diaphragme
ont été développés, le Lea-Contraceptivum et la barrière intravaginale
SILCS. Ces deux dispositifs n'existent qu'en une seule taille,
ce qui élimine l'intervention du prestataire. De plus, ils
sont en silicone et non en latex.
Le Lea-Contraceptivum est en
forme de cupule et possède un anneau de retrait. Il peut demeurer
en place jusqu'à 48 heures. Il possède aussi une valve anti-reflux
laissant s'écouler les sécrétions cervicales et qui assure
qu'il s'ancre bien en position. Commercialisé sans ordonnance
en Allemagne, il n'est pas encore approuvé par la U.S. Food
and Drug Administration (FDA). Une étude réalisée par FHI
et par Contraceptive Research and Development (CONRAD), un
organisme américain, a montré que les taux de grossesse enregistrés
avec ce contraceptif sont comparables à ceux observés avec
d'autres méthodes de barrière, qu'il s'agisse de la cape cervicale,
de l'éponge vaginale ou du diaphragme.2 Selon CONRAD,
le taux de grossesse à 12 mois du Lea-Contraceptivum est de
15 %, alors qu'il se situe entre 10 et 21 % pour les diaphragmes
actuels employés avec un spermicide.3
Mais la FDA demande que des
essais cliniques soient conduits sur des échantillons plus
nombreux. Un tel essai est en cours chez CONRAD. L'approbation
de la FDA est indispensable avant qu'un contraceptif puisse
être adopté par les programmes américains d'aide internationale.
La barrière intravaginale SILCS
est le fruit d'un autre organisme américain, le Program for
Appropriate Technology in Health (PATH), et d'une société
privée, SILCS. Dans un essai clinique mené par CONRAD, elle
est comparée au diaphragme standard en latex. Sa forme et
sa surface alvéolée sont conçues pour faciliter l'insertion
et le retrait. Son prix devrait être modéré et son fabricant
est d'accord pour le développer tout en gardant à l'esprit
les besoins des marchés des pays en développement.
Le potentiel des diaphragmes
pour réduire la propagation des maladies sexuellement transmissibles
(MST) n'a pas été très étudié, et les scientifiques ignorent
s'ils protègent contre le VIH. Il est cependant possible que
les diaphragmes jouent un certain rôle prophylactique, car
ils recouvrent le col utérin, qui pourrait être le principal
site de transmission de ce virus.4
Eponges
vaginales
Deux éponges contraceptives,
Protectaid et Pharmatex, sont aujourd'hui disponibles, principalement
au Canada et en Europe. Une troisième éponge, Today, introduite
sur le marché américain en 1983, puis retirée en 1995, devrait
être de nouveau commercialisée. Des essais cliniques pour
tester l'efficacité d'une quatrième éponge, Avert, sont prévus
et pourraient commencer bientôt.
Ces quatre éponges sont chacune
fabriquées en une seule taille, ce qui permet aux femmes de
les acheter sans ordonnance et sans l'assistance d'un prestataire.
Elles agissent toutes en obturant le col utérin, en absorbant
les spermatozoïdes et en libérant des spermicides. Elles ont
une efficacité de plusieurs heures (parfois jusqu'à 24 heures),
quel que soit le nombre de rapports sexuels durant cette période.
Pour beaucoup d'utilisatrices, ces éponges ont un avantage
important, celui de pouvoir être insérées des heures en avance.
Mais si l'éponge doit demeurer sur le col au moins 6 heures
après le dernier rapport, il faut aussi que la femme évite
de dépasser la durée maximale d'insertion recommandée.
Commercialisée en Europe, l'éponge
Pharmatex contient 60 mg de chlorure de benzalkonium (BZK),
un spermicide. L'éponge Today, qui renfermait 1.000 mg d'un
autre spermicide, le nonoxynol-9 (N-9), était un succès sur
le marché américain, jusqu'à ce que son fabricant décide d'arrêter
sa production pour des raisons financières indépendantes du
produit. Ces doses de spermicide sont capables de tuer les
agents pathogènes responsables de nombreuses MST, mais ils
peuvent irriter la muqueuse vaginale. Théoriquement, chez
les femmes qui utilisent souvent et pendant longtemps des
éponges avec de telles concentrations, des lésions vaginales
peuvent se produire et faciliter la transmission du VIH. C'est
pourquoi les chercheurs s'intéressent à des éponges contenant
moins de spermicide.
Commercialisée au Canada depuis
1996 et récemment approuvée sur le marché européen, l'éponge
Protectaid contient trois spermicides (N-9, BZK et cholate
de sodium) à des doses relativement faibles. L'éponge Avert
devrait renfermer 100 mg de N-9. Ces deux éponges ont l'avantage
d'être vendues déjà humides, sans nécessiter d'eau pour leur
emploi.
Peu d'essais cliniques ont
été effectués pour connaître l'action prophylactique des éponges
contraceptives contre les MST. Seuls les résultats des études
réalisées avec l'éponge Today sont disponibles.
En Thaïlande, FHI a mené une
étude auprès de 225 femmes exposées à un risque élevé de MST
et a observé que les utilisatrices de l'éponge Today au N-9
contractaient moins souvent une chlamydiose ou une blennorragie
que les non-utilisatrices.5 Une autre étude réalisée
à Nairobi, au Kenya, avec 138 prostituées a montré que le
risque de contraction d'une blennorragie était réduit de 60
% chez celles employant une éponge au N-9 par rapport à un
groupe témoin qui utilisait un placebo.6 Cependant,
la fréquence des ulcérations génitales (un important facteur
de risque pour les infections par le VIH) était supérieure
chez les femmes employant l'éponge au N-9. Sur un total de
60 utilisatrices du N-9, 45 % ont contracté le VIH, contre
36 % dans le groupe des 56 femmes recevant le placebo. Il
faut souligner que les sujets étudiés se servaient de l'éponge
au N-9 plusieurs fois par jour et pour de longues périodes.
Les chercheurs ont conclu «qu'il est possible qu'un emploi
moins fréquent de l'éponge réduise le risque d'effets néfastes
et protège même contre le VIH.»
Avec l'éponge Today imprégnée
de N-9, on estime que le taux moyen de grossesses à 12 mois
est de l'ordre de 17 % en utilisation typique (14 % chez les
femmes nullipares, 27 % chez les femmes unipares et multipares).7
Avec l'éponge Protectaid, on a enregistré des taux de
grossesse à 12 mois de 23 % en utilisation typique quelle
que soit la parité de la femme.8
Capes
cervicales
Les capes actuelles peuvent
rester sur le col utérin jusqu'à 48 heures. Mais elles sont
en latex, elles doivent être sélectionnées par un prestataire
afin de s'assurer de la bonne taille, et elles peuvent s'avérer
difficiles à insérer ou à retirer.
Deux nouvelles capes cervicales
sont en cours de développement. La première, appelée FemCap,
est en silicone. La femme peut la porter pendant 48 heures.
Ressemblant à un chapeau au bord recourbé (venant au contact
des parois vaginales autour du col utérin), cette cape est
plus facile à positionner. Elle n'exerce aucune pression sur
l'urètre comme le font les diaphragmes actuels. C'est peut-être
pour cette raison qu'on enregistre moins d'infections urinaires
avec la FemCap qu'avec ces derniers, bien que ce phénomène
puisse aussi résulter de sa dose plus faible en spermicide.
Une attache a été récemment ajoutée pour faciliter son retrait.
Cette FemCap modifiée est actuellement testée par CONRAD en
collaboration avec FHI.
Une étude menée conjointement
par ces deux organismes a montré que l'efficacité contraceptive
de la FemCap employée avec un spermicide était inférieure
à celle d'un diaphragme standard utilisé avec un spermicide.9
La FemCap semble aussi moins fiable que les capes habituelles.
Selon les résultats de CONRAD, le taux de grossesse à 12 mois
(calculé d'après les grossesses déclarées à six mois) est
d'environ 23 % avec la FemCap. Avec les capes habituelles,
ce taux est en moyenne de 18 % (de 15 % chez les femmes nullipares
à 30 % chez celles ayant eu un ou plusieurs enfants).10
Une deuxième cape cervicale,
Oves Cap, est aussi nouvelle sur le marché. Elle est en silicone
et peut demeurer en place pendant trois jours consécutifs.
Equipée d'un anneau amovible, elle est à usage unique. Bien
que vendue en France, cette cape n'est pas encore approuvée
par la FDA. CONRAD conduit actuellement des essais cliniques
pour tester son acceptabilité, sa facilité d'insertion et
sa tenue durant les rapports sexuels.
Les capes cervicales ont toutes
l'inconvénient d'exister en au moins deux tailles, ce qui
rend nécessaire l'intervention d'un prestataire. Par ailleurs,
en dépit des hypothèses émises par des chercheurs selon lesquelles
l'emploi des capes cervicales puisse entraver la pénétration
du VIH par le col utérin, leur éventuelle action prophylactique
contre les MST doit toujours se confirmer par le biais de
la recherche.
-- Kim Best
Notes
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of vaginal contraceptives: addendum to final report. Unpublished
paper, Family Health International, 1985; Trussell J, Sturgen
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study of cervical caps. Unpublished paper. Los Angeles Regional
Family Planning Council, 1986.
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of a new vaginal barrier contraceptive used with and without
spermicide. Contraception 1996;53(6):329-35.
- Hatcher RA, Trussell J,
Stewart F, et al., eds. Contraceptive Technology, Seventeenth
Revised Edition. (New York: Ardent Media, Inc., 1998)818-21.
- Haase A. The pathogenesis
of sexual mucosal transmission: obstacles to and opportunities
for prevention. Microbicides 2000 Conference. Alexandria,
VA, March 13-16, 2000; Anderson D. Genital tract inflammation,
microbicides, and HIV transmission. Microbicides 2000 Conference.
Alexandria, VA, March 13-16, 2000.
- Rosenberg MJ, Feldblum PJ,
Rojanapithayakorn W, et al. The contraceptive sponge's protection
against Chlamydia trachomatis and Neisseria gonorrhoeae.
Sex Transm Dis 1987; 14(3):147-52.
- Kreiss J, Ngugi E, Holmes
K, et al. Efficacy of nonoxynol 9 contraceptive sponge use
in preventing heterosexual acquisition of HIV in Nairobi
prostitutes. JAMA 1992;268(4):477-82.
- Family Health International;
Trussell.
- Colin P, Creatsas G, Serfaty
D, et al. Multinational, open phase II study of the efficacy,
safety and acceptability of the Protectaid contraceptive
sponge. Annual meeting of the Society of Gynecologists and
Obstetricians of Canada, Ottawa, Canada, June 1999.
- Mauck C, Callahan M, Weiner
DH, et al. A comparative study of the safety and efficacy
of FemCap, a new vaginal barrier contraceptive, and the
Ortho All-Flex diaphragm. The FemCap Investigator's Group.
Contraception 1999;60(2):71-80.
- Bernstein; Trussell.
Network, 2000, Volume 20, Numéro
2

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