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La
polyarthrite rhumatoïde (2/3)
Diagnostic
Le
diagnostic est délicat car le début de la maladie
peut être pris pour une arthrite banale. Or le diagnostic
précose est indispensable pour éviter l'évolution
de la maladie et l'attaque des articulations.
Au début de la maladie,
la symétrie et la multiplicité (au moins 3)
des articulations touchées, la durée des raideurs
matinales, la persistance des inflammations malgré
un traitement sont les premiers critères.
Les radiographies sont normales et le facteur rhumatoïde
n'est pas présent.
Dans les formes évolutives,
des examens complémentaires sont indispensables en
complément des données cliniques.
- recherche du facteur rhumatoïde
dans le sang, qui n'est détectable que 6 mois après
le début de la maladie et n'est pas présent
dans 20 à 30% des cas.
- Lorsque les facteurs rhumatoïdes
IgM sont absents, la mise en évidence des anticorps anti-kératine
et des anticorps antipérinucléaires a une bonne valeur diagnostique
et, de plus en plus, une valeur pronostique.
- radiographies des articulations
et quantification des lésions pour évaluer
les pincements articulaires, les érosions osseuses,
les destructions épiphysaires, les luxations secondaires.
Traitement
La PR peut être traitée
avec efficacité, si le traitement est appliqué
très tôt d'où l'utilité du diagnostic
précoce. Sa prise en charge doit être globale
(ANDAR), et ne pas se limiter au traitement médicamenteux.
L'accompagnement psychologique et l'information du malade
est indispensable pour l'aider à lutter contre la maladie.
La rééducation fonctionnelle, les traitements
locaux, les interventions chirurgicales dans certains cas
font partie du traitement.
Le traitement
médicamenteux
1. Les traitements symptomatiques
qui calment la douleur
- Les antalgiques qui soulagent
la douleur à faible dose et diminuent l'inflammation,
mais ont des effets indésirables sur le tube digestif
(aspirine, paracétamol et ses dérivés...)
et une efficacité limitée.
- les anti-inflammatoires
constitués de 2 groupes principaux :
- les corticoïdes, c'est à dire la cortisone
et tous ses dérivés de synthèse.
Leur utilisation prolongée par voie générale
et à forte dose nécessite une stricte surveillance
médicale, car leurs effets secondaires sont nombreux
(décalcification, diabète, ulcère digestifs...).
L'utilisation des corticoïdes par infiltration locale
est efficace, mais leur répétition peut causer
des effets secondaires au niveau général.
- les anti-inflammatoires non stéroïdiens administrés
par voie générale ou locale, exposent les
malades aux risques digestifs, allergiques...
2. Les traitements de fond
qui freinent l'évolution de la maladie
- les anti-rhumatismaux
- les sels d'or : abaissent le taux de facteur rhumatoïde
et sont un des meilleurs traitement de fond contre la PR,
- les dérivés thiolés : la D-penicillamine,
produit de dégradation de la pénicilline,
- les antipaludéens,
- les immunodépresseurs
- le méthotrexate,
qui est le plus utilisé même s'il peut
avoir des effets indésirables,
- Arava® (léflunomide)
du Laboratoire Aventis, qui est un immunomodulateur
capable de ralentir la prolifération des lymphocytes
T activés. Il a obtenu récemment une autorisation
de mise sur le marché dans le cadre d'une procédure
européenne centralisée réservée aux molécules innovantes.
3. Une nouvelle génération
de médicaments pour contrôler la maladie en agissant sur les
cytokines (anti-TNF).
Les inhibiteurs de la TNF (Tumor Necrosis Factor), une cytokine
pro-inflammatoire sécrétée par les macrophages qui joue un
rôle pivot dans la pathogenèse de la polyarthrite rhumatoïde
ont prouvé leur efficacité dans le traitement
de la PR, dans les cas réfractaires au méthotrexate.
2 types de molécules
:
La réadaptation
fonctionnelle
La rééducation fonctionnelle par kinésithérapie
ou ergothérapie permet de combattre les mauvaises attitudes
et de garder la mobilité des articulations. Elle est
adaptée au degré d'évolution de la maladie.
Le traitement
local
- les infiltrations locales
de corticoïdes ou d'anti-inflammatoires
- les ponctions pour évacuer
le liquide synovial
- la synoviorthèse
: destruction de la synoviale par injection dans la jointure
d'une substance radioactive ou non
Le traitement
chirurgical
Le remplacement des articulations
par des prothèses au niveau des hanches ou des genoux
peut permettre à certains malades de retrouver leur
mobilité, après une bonne rééducation
fonctionnelle.
Interventions les plus pratiquées :
- synoviectomie articulaire (exérèse du pannus synovial),
- arthrodèse,
- atteintes tendineuses traitées par synoviectomie chirurgicale.
Les cures
thermales
Elles améliorent
souvent les symptômes de la maladie. La PR est prise
en charge à 100% par la Sécurité Sociale.
Conseils
aux personnes atteintes de PR
L'ANDAR (Association
Nationale de Défense contre l'Arthrite) donne de précieux
conseils aux personnes atteintes de PR : "Les
personnes désormais réduites à vivre
avec cette maladie doivent s'efforcer de mener une vie aussi
normale que possible, en s'attachant à conserver les
activités qui leur apportent détente et plaisir."
Donc conserver son autonomie
en gardant son activité professionnelle, ses activités
sportives dans la mesure où elles n'induisent pas de
douleur.
Ne pas laisser s'installer
des mauvaises positions, qui sont souvent des positions de
confort, mais sont nuisibles. Des aides techniques peuvent
être utilisées mais seulement dans les cas où
l'atteinte articulaire empêche de faire un mouvement
particulier.
Un dérouillage articulaire
quotidien (dans un bain chaud par exemple) est indispensable
pour diminuer l'inflammation et les déformations.
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