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Prescriptions
informatisées
Rédaction : Elisabeth
Faure, mai 2002
La prescription concerne :
- les substances médicamenteuses,
- les actes paracliniques (radiologie, biologie...),
- les actes paramédicaux (kinésithérapie,
soins infirmiers...),
- des règles hygiéno-diététiques,
- et la fourniture de matériels (cannes anglaises,
fauteuils roulants, appareils aérosols...).
Cadre
juridique de la prescription
Les prescriptions obéissent
à certaines règles fixées dans le Code
de Déontologie et le Code de la Santé Publique.
En voici quelques unes :
Dans
le code de Déontologie
Article 8
"Dans les limites fixées par la loi, le médecin est libre
de ses prescriptions qui seront celles qu'il estime les plus
appropriées en la circonstance.
Il doit, sans négliger son devoir d'assistance morale, limiter
ses prescriptions et ses actes à ce qui est nécessaire à la
qualité, à la sécurité et à l'efficacité des soins.
Il doit tenir compte des avantages, des inconvénients et des
conséquences des différentes investigations et thérapeutiques
possibles."
Article 34
"Le médecin doit formuler ses
prescriptions avec toute la clarté indispensable, veiller
à leur compréhension par le patient et son entourage et s'efforcer
d'en obtenir la bonne exécution."
Article 40
"Le médecin doit s'interdire,
dans les investigations et interventions qu'il pratique comme
dans les thérapeutiques qu'il prescrit, de faire courir au
patient un risque injustifié."
Dans
le Code de la Santé Publique
Les médicaments
sont classés en plusieurs catégories :
- Ceux en vente libre.
- Les médicaments de la liste I :
> "Substances ou préparations et médicaments
présentant des risques élevés pour la santé"
> sur ordonnance non renouvelable sauf
mention expresse du prescripteur.
- Les médicaments de la liste II :
> "Médicaments ou produits vénéneux présentant
pour la santé, des risques directs ou indirects"
> sur ordonnance, renouvelable sur 6
mois, sauf mention expresse du prescripteur.
- Les Stupéfiants : "Substances à risque toxicomanogène
et quelques psychotropes".
Sur l'ordonnace doivent
figurer (pour Listes I et II) :
- Nom, adresse, qualité
du prescripteur.
- Nom, prénom, sexe et âge du malade. S'il s'agit
d'un enfant, l'inscription du poids est conseillée.
- La date.
- La signature.
- Le nom des médicaments, leur posologie en chiffres,
leur mode et leur condition d'administration.
- La quantité prescrite ou la durée du traitement.
La délivrance des médicaments
se fait dans la limite des 3 mois suivant la rédaction
de l'ordonnance. Seule la quantité pour un mois peut
être délivrée sauf en ce qui concerne
les contraceptifs.
Règles
conventionnelles
Seuls les médecins conventionnés
sont soumis à ces règles.
- Pas d'ordonnances pré-imprimées,
sauf pour les règles hygiéno-diététiques.
- Ordonnance type dite "bizone" pour les affections de longue
durée.
- Les ordonnances doivent comporter en plus des indications
déjà citées, le n° d'identification du praticien à la Sécurité
Sociale.
- La thérapeutique doit
être conforme dans le cadre des recommandations des
références médicales opposables (1).
> Pour une prescription thérapeutique : RT
> Pour une prescription biologique : RB
> Pour une prescription radiologique : RX
> Pour une prescription endoscopique : RE
- La non-conformité de
la prescription aux références est possible mais dans ce cas
le praticien doit être en mesure de justifier médicalement
sa prescription, il devra alors indiquer HR.
Des ordonnances distinctes
devront être délivrées en cas de prescription associant :
- médicaments
- radiologie
- biologie
- matériels, etc...
(1) Les
RMO identifient, aux termes de l'article L 162-12-15 du code
de la sécurité sociale, des soins et des prescriptions médicalement
inutiles ou dangereux. La mise en place des Références Médicales
Opposables reste l’un des principes du dispositif conventionnel
de Maîtrise Médicalisée des dépenses (nouvelle convention
signée en décembre 1998 entre les Caissses d'assurance
maladie et les Syndicats médicaux). Elles visent à
éviter le superflu, voire le dangereux dans la prise en charge
de certaine maladies, la prescription de certains examens
ou médicaments. Parce qu’elles prennent en compte l’ensemble
des connaissances médicales et leur évolution, les Références
Médicales sont appelées à être réactualisées régulièrement
et complétées.
La
prescription informatisée
De part les cadres de plus
en plus complexes fixés à la prescription, le
médecin se trouve confronter à de nombreuses
contraintes :
- maîtrise médicalisée des dépenses
de santé et respect des RMO,
- respect de l'AMM,
- risques iatrogènes croissants des médicaments
actuels,
- multiplication des produits et des stratégies dans
la prise en charge des pathologies,
- sans parler de la pression des patients et celle des laboratoires.
Pour palier ces contraintes, de nouveaux moyens sont mis à
la disposition du médecin comme la prescription informatisée.
La fiabilité de cette dernière est égale
à celle du papier. Les mises à jour sont automatiques
et les logiciels d'aide à la prescription sont bien
rodés. De plus, le médecin y trouve des conditions
de travail plus ergonomiques et conviviales.
Pour que la prescription informatisée soit optimale,
il faut à la fois disposer d'une information légale
complète et bénéficier d'une offre logicielle
d'aide à la prescription.
Les avantages
d'une prescription informatisée
- Prise en compte de toutes
les données sur le médicament qu'il est très
difficile pour le médecin d'appréhender même
s'il a un portefeuille de médicaments usuels d'une
centaine de produits (pour le médecin généraliste).
Toutes les lignes du RCP (résumé des caractéristiques
du produit) ne peuvent pas être dans toutes les mémoires.
- Sécurisation de la
prescription
> en facilitant l'accès des praticiens à
l'information réglementaire et scientifique concernant
le médicament,
> et en générant des alertes lorsque la prescription
comporte des interactions ou se fait en présence d'une
contre-indication.
- Prise en compte du dossier patient.
Les différentes fonctionnalités
des modules d'aide à la prescription :
- intégration d'un base médicamenteuse de référence
c'est à dire agréée, fiable, complète
et présentant l'information de manière non biaisée
(convention
signée en juillet 1999 entre le LEEM (à l'époque
SNIP) et le Comité Economique du médicament),
- recherche d'un médicament par nom commercial du produit,
par DCI, par classe thérapeutique, par voie d'administration...
- les posologies par défaut, les principaux éléments
nécessaires à la prescription ou une monographie
complète,
- la détection des interactions sur une ordonnance,
- la recherche par indication,
- la détection des allergies ou contre-indications
(nécessite un lien entre le dossier médical
et les informations sur le produit),
- la proposition de médicaments équivalents
lorsqu'il existe une interaction ou une contre-indication
à un produit, ou à des fins d'optimisation économique
(génériques (convention)),
- la prise en compte des RMO (convention) et la possibilité
pour le médecine de créer des modèles
d'ordonnance pour une situation pathologique donnée.
Avec Internet, le médecin
a accès à une mise à jour en temps réel
des bases médicamenteuses comme Vidal ou encore Thériaque.
Prescription
informatisée à l'hôpital
A l'hôpital, le développement
des systèmes d'information a rendu inéluctable
la saisie de toutes les prescriptions. Mais la qualité
du système informatisé intégré
avec le système de gestion des données patients
a été beaucoup plus long à mettre en
place.
Les premières expériences
de prescription informatisée à l'hôpital
remontent à une quinzaine d'années, la première
expérience ayant été réalisée
à l'hôpital Robert Debré de Paris.
Plus récemment, une
étude d'évaluation sur la mise en place d'un
système de prescription informatisée a été
réalisée en 1999 dans le service hospitalier
de gériatrie de l'hôpital René Muret-Bigottini.
Cette étude a comparé la qualité formelle
des ordonnances manuelles à celles obtenues par le
système informatisé les deux premières
semaines de sa mise en route. Le référentiel
de qualité de l'ordonnance médicale était
basé sur le texte de loi hospitalières de 1991
précisant le contenu obligatoire de l'ordonnance de
prescription de médicaments.
Résultats : les ordonnances informatisées comportaient
nettement plus de renseignements que les ordonnances classiques
notamment en ce qui concerne le prénom du malade, l'âge,
le poids, la forme pharmaceutique et le dosage du médicament.
Conclusion : le système d'ordonnance informatisée
permet une très haute conformité aux exigences
légales et donc accroît la sécurité
de la prescription.
Source : Prescription informatisée
dans un service hospitalier de gériatrie - Amélioration
de la qualité formelle des ordonnances médicales.
Par S. Medjahed, O. Aouad-Massière, N. Bojic, M. Salahshour,
L. Astier, R. Ratiney, J. Belmin - Service de Médecine
Interne gériatrique, Service de Pharmacie, Hôpital
René Muret-Bigottini et Université Paris-Nord,
Sevran - 18 novembre 1999.
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Pour en savoir plus
Généralités
Généralités
sur la prescription
Les règles - Les sanctions.
Cour du Dr François Paysant, 23 février
1998 - Université de médecine de Rennes.
Voir le document
Médicaments
et pratiques médicales : Problèmes actuels
Rapport adopté lors de la session de juin 2000 - Dr
Daniel GRUNWALD Dr François-Xavier MERCAT.
Par le Conseil National de l'Ordre des Médecins.
Le
rapport
L'informatique et
les réseaux vont-ils modifier la prescription ?
Dossier de Medcost. Par Christine Bouchet, Laurent Alexandre,
Cédric Tournay - 15 février 2000.
Voir le document
Prima ' Prescriptions
Présentation d'un logiciel d'aide à la
prescription relié à la base médicamenteuse
Claude Bernard.
Voir le document
Articles
de la collection Informatique et Santé disponible
en texte intégral
Vers de nouveaux outils
logiciels pour sélectionner des médicaments lors de
la rédaction de l'ordonnance
"A l'heure actuelle, le médecin qui utilise un
système informatisé d'aide à la prescription pour rédiger
son ordonnance ne dispose pas de moyens sophistiqués
pour sélectionner des médicaments."...
Informatique et Santé. Par A. Venot et H. Falcoff,
Volume 11 - 1999 : 39-46
Voir le document
La prescription informatisée
des médicaments dans l'Unité de Soins du Futur
"La prescription médicamenteuse est un acte médical
complexe reconnu dans tous les pays comme effectué d'une
manière globalement insatisfaisante [1]. C'est à la
fois la sécurité, l'efficacité et le coût des prescriptions
médicamenteuses qui peuvent être critiqués : les systèmes
de prescription informatisée des médicaments peuvent
apporter des éléments de solutions pour améliorer le
processus de prescription."...
Informatique et Santé, Vol. 7, 1994. Article
écrit par J. Demongeot, P. Le Beux et G. Weil.
http://www.hbroussais.fr/Broussais/InforMed/InforSante/Volume7/vol7-pdf/7-11.pdf
La prescription pharmaceutique
informatisée dans PICS : Principe et Expérience
"La prescription médicale est soumise à la règlementation
de l'arrêté de 1949 et de la circulaire de 1967. Elle
revêt toutefois des aspects multiples dans les hôpitaux
incluant même la transmission orale (cependant peu usitée
dans les hôpitaux pédiatriques). Dans tous les cas,
elle pose quotidiennement de nombreux problèmes liés
essentiellement aux imprécisions relatives à la posologie,
la voie et heure d'administration, à la durée du traitement
mais aussi au mode de transmission et de retranscription.
Pour essayer de remédier à ces principaux inconvénients,
l'hôpital Robert Debré poursuit depuis 16 mois une expérience
d'implantation d'un réseau de communication entre les
services cliniques (16 services de spécialités pédiatriques,
1 service de pédiatrie générale, 1 service de gynécologie-
obstétrique) et la pharmacie."...
Informatique et Santé, Volume 2, 1989. Article
écrité par A. Venot et P. Degoulet.
Voir le document
De la prescription
informatisée au plan de soins évaluation en termes de
productivité et de sécurité du système VISIT
"Trois objectifs prioritaires guident l'informatisation
de la prescription dans l'unité de soins : Sécurité
de la démarche thérapeutique - Productivité - Optimisation
de la gestion économique."...
Informatique et Santé. Par A. Venot et P. Degoulet,
Volume 2 -1989 : 222-228.
Voir le document
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