|
L'Euthanasie
- Soins palliatifs
Rédigé par Me DURRIEU-DIEBOLT,
Avocat à la Cour
Euthanasie
Qu'est-ce que l'euthanasie ?
L'euthanasie active ?
L'euthanasie passive ?
Quand considère-t-on qu'une personne est décédée
? Quid des personnes en état de vie artificielle ?
Peut-on bénéficier légalement d'une euthanasie
?
Peut-on la demander à l'avance (dans un document
écrit par exemple) ?
Peut-on être poursuivi si on demande ou provoque
une euthanasie pour soi-même ou autrui (un membre de sa famille
par exemple) ?
La tentative
d'euthanasie est elle réprimée ?
Quelles
sont les sanctions encourues ?
Actualité
Soins
palliatifs
Droit
comparé
Qu'est-ce
que l'euthanasie ?
- Ethymologiquement, "euthanos"
signifie la "bonne mort".
- Au sens moderne du terme,
l'euthanasie signifie : provoquer ou hâter la mort pour
abréger les souffrances
- On distingue :
- L'euthanasie active
:
Elle suppose le geste d'un tiers qui donne la mort.
- L'euthanasie passive
:
C'est l'arrêt des traitements (sauf soins palliatifs)
qui abrège la vie lorsque le cas est désespéré.
Certains contestent cette distinction au motif que l'euthanasie
passive serait un refus d'acharnement thérapeutique
(légal).
Quand
considère-t-on qu'une personne est décédée ? Quid des personnes
en état de vie artificielle ?
Il n'existe pas de définition juridique de la mort.
Par contre, sont prévus des
procédures de constatation de la mort. Par exemple : le constat
de la mort préalable au prélèvement d'organes à des fins thérapeutiques
ou scientifiques.
Peut-on parler d'euthanasie
en cas de vie artificielle ?
Une personne en état de mort cérébrale n'est pas une personne
vivante, suivant les indications ci-dessus, en conséquence
de quoi on ne peut estimer que le fait de provoquer ou hâter
sa mort correspond à une euthanasie.
Pour considérer qu'il y a euthanasie, il faut nécessairement
la mort d'une personne vivante.
Peut-on
bénéficier légalement d'une euthanasie ?
Non.
- vous ne pouvez pas disposer
librement de votre corps : l'interdiction d'euthanasie constitue
l'une des applications du principe d'indisponibilité du
corps humain.
- en outre, l' euthanasie
est pénalement réprimée.
Elle peut constituer un meurtre, un homicide involontaire,
un délit de non assistance à personne en péril, un empoisonnement,
une provocation au suicide ...
De plus, la personne qui provoque l'euthanasie peut être
condamnée à payer des dommages et intérêts et si elle a
agit dans le cadre de sa profession, elle encourt des sanctions
disciplinaires.
- vous ne pouvez donc pas
bénéficier légalement d'une euthanasie.
- par contre, vous pouvez
refuser les soins,
ce qui peut revenir à une euthanasie passive.
Dans ce cas, le médecin ne peut pas être poursuivi.
Peut-on
la demander à l'avance (dans un document écrit par exemple)
?
- dans certains états des
états-Unis, est institutionnalisé le testament de vie qui
protège le droit à l'autodétermination du malade et décharge
le médecin de son obligation de poursuivre le traitement.
Peut également être désigné un mandataire chargé de défendre
le point de vue de l'auteur si celui-ci n'est plus en mesure
de le faire.
- en France,
l'euthanasie est réprimée pénalement.
Le droit pénal est déterminé non dans l'intérêt particulier
d'une personne, mais dans l'intérêt général.
Il s'ensuit que le consentement de la victime ou sa demande
ne peut justifier l'infraction.
- vous pouvez toutefois refuser
les soins, ce qui peut
revenir à une euthanasie passive, auquel cas vous pouvez
exprimé votre volonté par avance par écrit pour l'hypothèse
où vous ne seriez plus en mesure de manifester votre volonté.
Cependant, il convient de savoir que lorsqu'une personne
est dans l'impossibilité de s'exprimer, le consentement
aux soins ou le refus de soins est donné par ses représentants
légaux. La loi du 4 mars 2002 prévoit que lorsque le malade
est en état d'inconscience, le médecin doit rechercher l'accord
de la personne de confiance, la famille ou un proche, sauf
urgence ou impossiblité.
Les représentants légaux se substituent à l'intéressé, en
conséquence de quoi un écrit prérédigé peut rester lettre
morte si vos représentants légaux ne le respectent pas.
Peut-on
être poursuivi si on demande ou provoque une euthanasie pour
soi-même ou autrui (un membre de sa famille par exemple) ?
- pour soi-même :
Votre demande ne peut justifier légalement une euthanasie.
Vous pouvez toutefois refuser les soins.
Par contre, vous ne pouvez pas être poursuivi au motif que
vous avez sollicité une euthanasie :
- Le suicide n'est pas
réprimé.
- Les infractions applicables
en matière d'euthanasie ne peuvent être retenues : non-assistance
à personne en péril, empoisonnement, meurtre ..., qui
supposent d'agir sur autrui.
- pour autrui :
- L'euthanasie est constitutive
d'infractions pénales : meurtre, non-assistance à personne
en péril, empoisonnement ...
Toute personne qui a contribué à sa réalisation peut
être poursuivie comme coauteur ou complice.
Elle peut également être condamnée le cas échéant à
payer des dommages et intérêts à la famille ou à l'intéressé
en cas d'échec (la tentative d'euthanasie est punissable).
Si vous avez agi dans l'exercice de votre profession,
vous encourez en outre des sanctions disciplinaires.
- Enfin, dans le cadre
d'un conflit entre héritiers, dans l'hypothèse où l'un
d'eux a provoqué l'euthanasie :
La tentative de mort ou le fait de donner la mort peut
entraîner la déchéance de la succession.
En outre la complicité de mort ou la mort par un donataire
ou légataire peut entraîner la révocation de la donation
et/ou du testament pour cause d'ingratitude.
- Dans un cas, vous
ne serez pas poursuivi:
s'il s'agit d'un refus de soins exprimé par les représentants
légaux alors que l'intéressé n'était plus en mesure
de s'exprimer.
Il ne peut dès lors pas être engagé de poursuites ni
à l'encontre des représentants légaux, ni à l'encontre
des professionnels de santé qui sont intervenus.
En effet : le refus de soins est légal et en cas d'impossibilité
de s'exprimer, ce sont les représentants légaux qui
peuvent refuser les soins.
Maître Carine DURRIEU DIEBOLT
Avocat au barreau de Paris
23, rue Chapon
75003 PARIS
Tel : 01.42.71.56.10 ; Télécopie : 01.42.71.56.50
; toque : M 1775 |