Données d'exposition de la population française aux résidus de pesticides, plomb, cadmium, arsenic et radionucléides par la voie alimentaire (3)

Comparaison avec d'autres études

Comparaison avec les enquêtes françaises

Pour les résidus de pesticides, l'exposition est inférieure au calcul théorique du CREDOC de 1996 qui intégrait soit les LMR, soit les données de contamination de fruits et légumes les plus élevées et des niveaux moyens de consommation alimentaire (146.6 µg/jour/personne pour le phosalone, 90.4 µg/jour/personne pour le triazophos).
Pour les métaux lourds, les résultats ont été comparés à ceux de l'enquête de la Direction Générale de la Santé de 1992 (DGS), et à ceux obtenus en croisant les données de consommation avec les données de contamination de Decloître, 1998.
Les résultats de ces comparaisons sont présentés dans le tableau 6.

Tableau 6:
Comparaison des résultats d'enquêtes

  Enquête Exposition globale
    (µg/personne/jour)
Plomb Contamination (Decloitre, 1998) X Consommation 67.7
Repas dupliqué DGS, 1992 73 à 123
Repas dupliqué DGAL, 1998-1999 52
Cadmium Contamination (Decloitre, 1998) X Consommation 19.6
Repas dupliqué DGS, 1992 23
Repas dupliqué DGAL, 1998-1999 17

Pour les radionucléides, les résultats confirment ceux des plans de surveillance de la DGAL depuis plusieurs années. L'analyse de milliers de produits alimentaires de toutes natures, d'origine française ou étrangère, indique une contamination moyenne négligeable des denrées alimentaires de grande consommation.

Comparaison avec des enquêtes étrangères

Les données concernant le plomb et le cadmium sont nombreuses, contrairement à celles concernant l'arsenic. Les résultats sont présentés dans le tableau 7.

Tableau 7:
Comparaison de l'enquête DGAL 1998-1999 avec des enquêtes étrangères

Pays Plomb Cadmium Arsenic
  (µg/personne/jour)    
France (DGAL, 1998-1999) 52 17 109
Pays Basque espagnol 34 11 298
Pays-Bas 47 23  
Danemark 27 17 118
Suède 26 8.6  
Finlande 18 9.5  
Royaume-Uni 24 14 63
Espagne   11 à 29  
Nouvelle-Zélande 35 28 140
états-Unis 8 11  
Cuba 557 12  
Thaïlande   177  
Chine 86 43  
Japon 85 29 160 à 280

Discussion

L'exposition au plomb des consommateurs français est supérieure à celle détectée ces dernières années dans certains pays.
Pour le cadmium, l'exposition se situe dans le milieu de la fourchette des apports relevés dans les pays européens, et elle est du même ordre de grandeur que des résultats publiés en Espagne et au Danemark.
Pour l'arsenic, l'exposition est inférieure à celle des pays gros consommateurs de poissons et du même ordre de grandeur que celle de pays aux habitudes alimentaires comparables aux habitudes françaises. Le mode de calcul retenu pour étudier la situation française (valeurs < LOQ = LOQ) surestime l'exposition, ce qui peut suggérer des résultats moins favorables qu'ils ne le sont en réalité dans les comparaisons des situations nationales.

L'évolution de l'exposition aux éléments traces semble en nette régression par comparaison aux résultats publiés dans le cadre de l'inventaire National de la Qualité Alimentaire en 1983. S'agissant du plomb, la réduction de la contamination des aliments, qui apparaît par comparaison avec les études françaises antérieures, est vraisemblablement due en grande partie aux mesures correctives initiées depuis une quinzaine d'armées sur les principaux facteurs environnementaux et technologiques responsables de l'exposition à ce contaminant : réduction des sources d'émissions atmosphériques (essence sans plomb, usines métallurgiques) et mise en oeuvre des bonnes pratiques agricoles (agriculture raisonnée, épandage réglementé) et de fabrication, pour la préparation et le conditionnement de certaines denrées comme les conserves (emboîtage) et le vin (surbouchage).
Pour ce qui est du cadmium, la diminution des contaminations et de J'exposition est en partie attribuable à la modification des pratiques agricoles (réduction de l'utilisation d'engrais phosphatés enrichissant les sols en cadmium) et à la mise en place de mesures sanitaires (contrôle et réglementation) visant à interdire la culture des sols trop contaminés, en France comme dans d'autres pays.
Enfin, l'absence de données françaises de référence ne permet pas d'avoir le recul nécessaire pour comparer l'évolution de l'exposition des consommateurs français à l'arsenic total.

En France, l'exposition moyenne d'un adulte aux différents contaminants étudiés ne semble pas préoccupante.
En effet, en ce qui concerne les résidus de pesticides et les radionucléides, la situation réelle ne paraît pas poser de problème de santé publique et, pour les métaux lourds, l'exposition moyenne de la population est rassurante.
Cependant, l'exposition de certaines populations pour des raisons d'activité professionnelle ou de forte consommation de produits particulièrement contaminés, qui ne peut pas être étudiée par ce type d'enquête, devra faire l'objet de recherches spécifiques plus approfondies.
 

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