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actualité médicale
Bulletin d'information
du Département de Pharmacologie du CHU de Bordeaux


Numéro 39 - Décembre 2001


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C.H.U
Hôpitaux de Bordeaux
Badiane et convulsions : confusion entre Chine et Japon
La badiane ou anis étoilé (Illicium verum) est largement utilisée, que ce soit en "thérapeutique" ou dans l'alimentation. C'est le fruit d'un arbuste, le badanier de Chine.
Récemment, des cas de convulsions ont été signalés aux Pays Bas, après consommation de tisane à base de badiane. Il s'agissait en fait de badiane du Japon (Illicium religiosum), dont la toxicité pour le système nerveux central est importante. Elle n'est utilisée ni en médecine, ni dans l'alimentation.
En France, deux cas récents de convulsions chez des nourrissons après consommation d'une infusion de badiane ont également été signalés. L'Agence des produits de santé vient de retirer du marché différents médicaments et produits contenant un mélange de badiane de Chine et de badiane du Japon. Elle vient de suspendre la délivrance en pharmacie de badiane sous forme de tisane (en vrac ou en sachets) ou de poudre (en gélules). Elle recommande de ne pas consommer de la badiane sous forme de fruit ou d'infusions, en particulier chez le nourrisson ou le jeune enfant. La liste des spécialités, tisanes et autres produits officinaux contenant de la badiane est disponible sur le site agprod.sante.fr.
Françoise Haramburu

Epoétine, érythroblastopénie et anticorps anti-érythropoiétine
Cinquante cas d'érythroblastopénie sous époétine (alfa ou bêta) ont été signalés au niveau mondial. Tous sont survenus chez des insuffisants rénaux chroniques qui, après une bonne réponse thérapeutique, d'une durée variable (3 mois à quelques années), ont présenté brutalement un échappement thérapeutique. Ils ont alors présenté une anémie sévère et une érythroblastopénie due à la production d'anticorps anti-érythropoiétine. Malgré l'arrêt du traitement, ces malades sont devenus dépendants des transfusions. Cet effet reste rare, puisqu'il est évalué à moins d'un cas pour 10 000 insuffisants rénaux chroniques traités. En cas de survenue brutale d'une anémie sévère, en l'absence d'une autre explication, un myélogramme et une recherche d'anticorps sont conseillés.
à ce jour, aucun cas n'a été décrit lors d'une utilisation non médicale : du fait de la mode de l'"EPO" chez les sportifs, la question du risque reste ouverte… F.H.

Associations de neuroleptiques
Une contre-indication d'association de neuroleptiques pouvant entraîner un allongement du QT (et secondairement la survenue de torsade de pointes) avait été introduite en octobre 2000. Les neuroleptiques concernés étaient : amisulpride (Solian®), chlorpromazine (Largactil®), cyamémazine (Tercian®), dropéridol (Droleptan®), halopéridol (Haldol®), levomépromazine (Nozinan®) , pimozide (Orap®), sulpiride (Dogmatil®, etc.), sultopride (Barnétil®), thioridazine (Melleril®), tiapride (Tiapridal®, etc.), trifluopérazine.
Cette contre-indication a été assouplie en novembre dernier, pour devenir une association déconseillée (c'est à dire une contre-indication relative). L'association est donc désormais possible, en l'absence d'alternative thérapeutique, avec une surveillance stricte, notamment contrôle de l'ionogramme et de l'ECG. Parallèlement, l'association d'un neuroleptique et d'un autre médicament connu pour pouvoir allonger le QT devient également une association déconseillée.
Une exception concerne le sultopride : l'association à un autre neuroleptique ou à un autre médicament pouvant allonger le QT reste une contre-indication absolue. Exception à cette exception : l'association à l'halofantrine (Halfan®), à la moxifloxacine, à la pentamidine (Pentacarinat®) ou à la sparfloxacine (Zagam®) devient une association déconseillée. F.H.

Infliximab (Remicade®) et insuffisance cardiaque
Un essai clinique de phase II visant à évaluer cet inhibiteur du facteur de croissance tumorale alfa (voir Infos) dans l'insuffisance cardiaque a entraîné de nouvelles recommandations. En effet l'analyse préliminaire de cet essai montrait une augmentation de l'incidence des hospitalisations et de la mortalité par aggravation de l'insuffisance cardiaque (7 décès dans le groupe de 101 sujets traités par infliximab versus aucun décès dans le groupe des 49 sujets sous placebo). En attendant d'en savoir plus quant au mécanisme en cause et à un probable effet-dose, les nouvelles recommandations sont :
- de ne pas initier de traitement par infliximab chez des sujets ayant une insuffisance cardiaque
- d'arrêter le traitement an cas d'aggravation d'une insuffisance cardiaque préexistante
- de surveiller la fonction cardiaque chez les sujets déjà traités ayant une insuffisance cardiaque compensée. F.H.

Courrier des lecteurs
Le dernier paragraphe du Bulletin d'information du Département de pharmacologie du CHU de Bordeaux (numéro 38, Novembre 2001) consacré au bupropion suscite quelques commentaires d'ordre (pharmaco)chimique.
Sur le plan des relations structure-activité, le bupropion, 1-(3-chlorophényl)-2-[(1,1-diméthyléthyl)amino]-1-propanone, est une amino-cétone qui présente une formule chimique proche de celle de la phénylpropanolamine, elle même membre de la classe des amines sympathomimétiques.
Toujours sur le plan structural elle s'apparente aussi à l'amfépramone développée sous forme de chlorhydrate pour ses propriétés noo-analeptiques et classée parmi les amphétamines.
Compte tenu de ces analogies structurales, il semble possible de comprendre que le bupropion puisse développer des propriétés pharmacologiques de type "amphétamine-like".
En outre, et compte tenu de la stéréosélectivité importante de la réponse pharmacologique dans le domaine sympathique, comment interpréter l'effet sélectif de ce médicament lorsqu'il est utilisé sous forme de mélange racémique (un carbone asymétrique sur la molécule "mère", deux après réduction métabolique possible de la fonction cétone.) ?
Christian Jarry, EA 2962 Pharmacochimie
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Références
L.Lassagna, Phenylpropanolamine - a review, John Wiley and Sons, New York, 1988.
S.Kirkiacharian, Guide de chimie thérapeutique, Ellipses, Paris, 1996.
The Merck Index, XIIth ed., Merck and Co. Inc, Whitehouse Station, N.J., 1996.



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