Bulletin
d'information
du Département de Pharmacologie du CHU de Bordeaux
Numéro 40 - Janvier 2002
L'équipe du Centre de Pharmacovigilance de Bordeaux
vous présente ses vœux les meilleurs pour l'an 2002 .
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C.H.U
Hôpitaux de Bordeaux
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AINS sélectifs de la COX2 et risque cardiovasculaire ?
Un article paru il y a quelques mois dans le JAMA (1) avait
mis l'accent sur le possible rôle prothrombotique des inhibiteurs
sélectifs de la COX2 et sur leur éventuelle implication dans
la survenue d'accidents cardiovasculaires, qui semblait plus
fréquente que sous AINS classiques ou sous placebo. La méthode
utilisée (reprise de plusieurs études dont l'objectif n'était
pas d'évaluer le risque cardiovasculaire) était cependant
critiquable et les résultats sujets à caution. Les publications
les plus récentes insistent sur le fait que, même si l'hypothèse
d'un risque accru sous "coxibs" n'est pas exclue (ils n'ont
pas l'effet antiagrégant plaquettaire des AINS "classiques"),
aucune étude ne permet de la confirmer à l'heure actuelle.
Reste que quelques cas d'accidents thrombotiques artériels
ont été décrits chez des malades à haut risque thrombotique
traités par coxibs. Ceci pose le problème de la conduite thérapeutique
chez des malades à haut risque en l'absence d'informations
complémentaires. (Un communiqué de presse de l'Agence des
produits de santé a été diffusé au mois d'août 2001 :Voir le site
)
Antoine Pariente
1. Mukherjee D et al.
Risk of cardiovascular events associated with selective cox-2
inhibitors. JAMA 2001; 286: 954-9 .
Lévofloxacine (Tavanic®) et atteinte tendineuse
Une enquête récente de pharmacovigilance, portant sur les
dix premiers mois de commercialisation de cette fluoroquinolone
a montré que, comme les autres fluoroquinolones, la lévofloxacine
peut entraîner des atteintes tendineuses. Deux éléments se
dégagent de cette enquête en tant que facteurs favorisants
d'une lésion tendineuse : l'âge supérieur à 65 ans et l'association
à des corticoïdes. à la demande de l'Agence des produits de
santé, le fabricant à envoyé une lettre à tous les médecins.
Ce n'est certes pas un scoop, puisque la toxicité des fluoroquinolones
sur les tendons est maintenant bien connue.
Françoise Haramburu .
Raltitrexed (Tomudex®) et effets indésirables
Indiqué dans le traitement des métastases des cancers colorectaux,
le raltitrexed peut entraîner des effets indésirables particulièrement
graves :
- hémorragies digestives : associées ou non à une mucite et/ou
une thrombopénie,
- atteintes hépatiques : le plus souvent il s'agit d'élévation
des transaminases ou des phosphatases alcalines et de la bilirubine.
Des cas d'hépatite mortelle ont été signalés,
- insuffisance rénale : assez fréquente, elle survient parfois
après une diarrhée ou autre situation favorisante (déshydratation,
hypovolémie, hémorragie abondante). La fonction rénale doit
être vérifiée avant l'instauration du traitement et avant
chaque cure,
- effets hématologiques : outre les thrombopénies déjà mentionnées,
des neutropénies sévères peuvent survenir.
à la demande de l'Agence des produits de santé, le fabricant
vient d'envoyer un courrier aux cancérologues et gastro-entérologues
ainsi qu'aux pharmaciens hospitaliers.
F.H. .
Contraceptifs oraux de "3e génération" et risque thrombo-embolique
veineux
Depuis six ans, la polémique sur le risque thrombo-embolique
des contraceptifs oraux de troisième génération était vive.
Fin 95, trois études épidémiologiques montraient une possible
augmentation du risque thrombo-embolique veineux des pilules
contenant comme progestatif du gestodène ou du désogestrel*
par rapport aux pilules de deuxième génération (dans lesquelles
le progestatif est du lévonorgestrel). Après maintes discussions
entre experts européens, l'Agence européenne a rendu son verdict
en septembre dernier :
- l'utilisation de tout contraceptif oral comporte une augmentation
du risque thrombo-embolique veineux, particulièrement au cours
de la première année,
- ce risque est un peu plus important chez les femmes prenant
une pilule contenant au moins 30 µg d'éthinylestradiol (EE)
et du désogestrel ou du gestodène que chez celles prenant
une pilule avec la même quantité d'œstrogène et du lévonorgestrel
(risque multiplié par 1,5 à 2),
- le risque avec 20 µg d'EE pourrait être équivalent à celui
de 30 µg d'EE
- il n'y a aucune donnée pour les pilules contenant moins
de 20 µg d'EE,
- les données disponibles ne permettent pas, en raison d'effectifs
insuffisants, de conclure pour les pilules contenant un autre
progestatif que le lévonorgestrel, le gestodène ou le désogestrel
(il n'y a pas de données suffisantes notamment pour le norgestimate,
autre progestatif de 3e génération).
Au total, le risque thrombo-embolique veineux est estimé à
:
- 5 à 10 cas pour 100 000 années-femmes (AF) chez les femmes
de 15 à 44 ans, en bonne santé et ne prenant pas de contraceptif
oral,
- 20 cas pour 100 000 AF chez les femmes prenant une pilule
contenant moins de 50 µg d'EE et du lévonorgestrel,
- 30 à 40 cas pour 100 000 AF chez les femmes prenant une
pilule contenant au moins 20 µg d'EE et du gestodène ou du
désogestrel.
Rappelons que le risque thrombo-embolique veineux au cours
de la grossesse est de 60 cas pour 100 000 grossesses.
En pratique, ces données ne justifient pas de modifier un
traitement en cours, le risque restant faible. Il est cependant
nécessaire de tenir compte des facteurs de risque et de respecter
les contre-indications des contraceptifs oraux lors de la
première prescription ou de la poursuite d'une contraception
orale.
* contraceptifs contenant gestodène ou désogestrel commercialisés
en France
- avec gestodène : Harmonet®, Méliane®, Mélodia®, Minesse®,
Minulet®, Monéva®, Phaéva, Tri Minulet®
- avec désogestrel : Cycléane®, Mercilon® , Varnoline®
F.H.
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