Dans l'hypothèse d'actes terroristes ou de guerre avec des armes biologiques, les quinolones et notamment la ciprofloxacine ont été retenues comme traitement de première intention dans le cadre du plan Biotox. Il s'agit d'utilisation dans un contexte exceptionnel : la seule contre-indication est alors l'allergie aux quinolones. En effet, le risque d'effet indésirable est incontestablement faible face au bénéfice d'un traitement de maladies extrêmement graves telles que le charbon, la peste, etc., pour lesquelles la mortalité est élevée (30 à 50%). Rappelons qu'en dehors de ce contexte très particulier d'utilisation, les précautions d'emploi et les contre-indications des quinolones n'ont en rien été modifiées. Françoise Haramburu . Sélégéline (Déprényl®) 5 mg: retour à l'indication initiale Pour cet antiparkinsonien de la classe des IMAO B, une étude avait évoqué un risque d'excès de mortalité chez les malades traités par l'association lévodopa-sélégéline. L'indication du Déprényl° comportait donc des restrictions concernant l'association avec la lévodopa depuis 1997. Des études ultérieures n'ayant pas confirmé le risque de surmortalité, les restrictions concernant l'association à la lévodopa ne sont plus de mise depuis octobre 2001. L'association avec la lévodopa fait simplement partie des associations à prendre en compte en raison de l'augmentation du risque d'hypotension orthostatique. Ghada Miremont-Salamé . Topiramate (Epitomax®) : attention aux yeux ! De rares cas de myopie aiguë avec ou sans glaucome secondaire, à angle fermé, ont été rapportés pour cet anticonvulsivant de deuxième intention. Ces cas sont survenus en général au cours du premier mois de traitement et ont été réversibles après l'arrêt du traitement. Devant une diminution brutale de l'acuité visuelle et/ou une douleur oculaire, l'arrêt du traitement doit être envisagé et le malade adressé immédiatement en consultation ophtalmologique afin de prendre les mesures adaptées pour réduire la pression oculaire. G.M.S. . Hydrate de chloral Nous avons déjà eu l'occasion de parler des effets mutagènes et cancérigènes de cette molécule (voir Infos n°23, mai 2000). Depuis le mois de septembre, l'hydrate de chloral n'est plus autorisé que dans une seule indication : la préparation à certains examens complémentaires nécessitant une immobilisation totale chez l'enfant, en dose unique, sous surveillance médicale et à l'hôpital. F.H. . Isotrétinoïne (Roaccutane®) et risque tératogène : modification des règles de prescription Malgré l'information et les mises en garde successives pour l'utilisation de l'isotrétinoine chez la femme jeune, du fait du risque tératogène de cette molécule, des grossesses continuent de survenir sous traitement. Les conditions de prescription ont donc encore été "durcies", avec modification de l'AMM : - une contraception efficace doit être mise en place un mois avant le début du traitement et un test de grossesse (hCG plasmatiques) doit être pratiqué le 2e ou 3e jour du cycle, avant de commencer le traitement. On entend par contraception efficace soit une contraception orale oestroprogestative bien suivie, soit un stérilet, une ligature des trompes ou (malgré une efficacité moindre) une pilule microprogestative en cas de contre--indication aux autres moyens contraceptifs associés à une contraception locale. La contraception doit bien évidemment comme par le passé être poursuivie pendant toute la durée du traitement et un mois après l'arrêt - il est indispensable que toute femme comprenne qu'une contraception, même bien suivie, ne peut être efficace dans 100% des cas et qu'il faut rapidement consulter en cas d'aménorrhée, - un test de grossesse tous les mois est obligatoire pendant toute la durée du traitement - il est obligatoire de mentionner sur l'ordonnance la date du dernier test de grossesse ainsi que "prise ou poursuite d'une contraception efficace" - la durée de prescription est limitée à un mois chez les femmes en âge de procréer - le pharmacien ne peut délivrer le traitement que si le test de grossesse date de moins de sept jours. F.H. Bupropion (Zyban®): mise en garde Avant même la commercialisation au mois de septembre, l'Agence des produits de santé a diffusé un communiqué de presse sur le risque de convulsions entraîné par ce médicament. Le bupropion est en effet contre-indiqué en cas d'antécédent de convulsions ou de facteur pouvant favoriser leur survenue (médicaments pouvant abaisser le seuil épileptogène tels que certains neuroleptiques, certains antidépresseurs, les antipaludéens, la corticothérapie par voie générale, le tramadol, la théophylline, les antihistaminiques H1 sédatifs, les quinolones ; les autres situations à risque sont le diabète traité par insuline ou sulfamide hypoglycémiant, les sujets prenant des stimulants ou des anorexigènes, la consommation excessive d'alcool, les antécédents de traumatisme crânien, le sevrage brutal d'alcool ou de benzodiazépine). La posologie doit être progressive (150 mg soit un comprimé la première semaine, puis 300 mg, posologie à ne pas dépasser et répartie en deux prises espacées d'au moins huit heures). De nombreux cas de convulsions ont en effet été signalés dans des pays où le bupropion est déjà commercialisé depuis quelques mois, notamment en Angleterre. En Nouvelle Zélande, les autorités sanitaires viennent de faire du Zyban un traitement de seconde intention, après échec d'autres programmes anti-tabac, tout en reconnaissant l'intérêt d'un traitement du tabagisme, une des causes les plus importantes de mortalité dans la plupart des pays. Rappelons par ailleurs qu'outre les médicaments pouvant abaisser le seuil épileptogène, le bupropion est un inhibiteur du cytochrome P450 2D6, ce qui suppose la prudence avec les médicaments suivants : o médicaments métabolisés par le CYP2D6, dont les concentrations plasmatiques peuvent être augmentées par le bupropion : bêta-bloquants (par ex. métoprolol), les antiarythmiques de classe Ic (par ex flécaïnide, propafénone), captopril, loratadine, codéine, hydrocodéine, dextrométorphane. (Diminuer éventuellement la posologie lors de l'ajout de bupropion à un traitement déjà en cours. Si ces médicaments sont commencés après le bupropion, commencer par la plus faible posologie.) o médicaments qui peuvent modifier le métabolisme du bupropion et augmenter les concentrations plasmatiques de bupropion et donc le risque d'apparition d'effets indésirables dose-dépendants : cimétidine, acide valproïque, cyclophosphamide, ifosfamide. (Si nécessaire, diminuer la posologie.) o autres interactions potentielles : lévodopa, augmentation du risque d'effet indésirable ; IMAO : attendre 14 jours après l'arrêt d'un IMAO pour commencer le bupropion. Dans le cas d'un IMAO réversible sélectif, le délai à respecter est fonction de la demi-vie d'élimination de l'IMAO Par ailleurs, il ne faut pas oublier que la dénomination bupropion était la dénomination aux Etats Unis (USAN) d'une molécule, connue depuis longtemps, qui était appelée dans de nombreux pays amfébutamone. Le préfixe amfé- rappelle qu'il s'agit bien d'un dérivé amphétaminique F.H. Si vous exercez en Aquitaine ou dans un département d'Outre Mer et souhaitez recevoir régulièrement ce bulletin par e-mail, merci d'envoyer un message à : pharmacovigilance@pharmaco.u-bordeaux2.fr. Précisez si vous préférez un document sous format .doc ou .rtf Si vous êtes dans une autre région, prenez contact avec votre Voir le site. |
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