Bulletin
d'information
du Département de Pharmacologie du CHU de Bordeaux
Numéro 36 - Septembre 2001
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C.H.U
Hôpitaux de Bordeaux
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Antivitamines K
Nous avons à plusieurs reprises récemment évoqué les anticoagulants
oraux. Cela s'inscrivait dans le cadre de la campagne de bon
usage des antivitamines K (AVK) menée par l'Agence des produits
de santé. Les indications ont été revues, la surveillance
du traitement précisée. Voici quelques éléments importants.
Rappel des spécialités sur le marché
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D.C.I.
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spécialité
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dosage
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poso.
moy.24h
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coût/
j
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demi-vie
courte
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acénocoumarol
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Sintrom®,
MiniSintrom®
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4 mg
(quadrisécable)
1 mg
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1-8
mg
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0,12FF
0,47FF
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phénindione
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Pindione®
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50 mg
(sécable)
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25-150
mg
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0,22FF
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demi-vie
longue
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fluindione
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Préviscan®
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20 mg
(quadrisécable)
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20-40
mg
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0,79FF
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tioclomarol
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Apegmone®
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4 mg
(quadrisécable)
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1-8
mg
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0,15FF
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warfarine
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Coumadine®
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2 mg
sécable
10 mg sécable
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1-10
mg
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0,10FF0,27FF
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o La demi-vie est-elle
un critère de choix d'un AVK ?
La demi-vie n'est pas en soi un critère de choix puisque le
délai d'action dépend plus de la demi-vie des facteurs de
coagulation que de celle de l'AVK. Le retour à la normale
de la coagulation, à l'arrêt d'un AVK, dépend également de
la demi-vie des facteurs de coagulation. (Si nécessaire, l'action
de l'AVK peut être neutralisée par de la vitamine K1 ou, en
cas d'hémorragie grave, par l'apport de PPSB.) Malgré l'absence
de données formelles, il y a un consensus pour considérer
que les AVK à demi-vie longue permettent une anticoagulation
plus stable.
o Interactions
Outre les nombreuses précautions d'emploi et associations
à prendre en compte, il est indispensable de connaître les
contre-indications d'association, absolues et relatives :
- utilisation contre-indiquée : aspirine (=3g/24h), miconazole
(voie générale et gel buccal), millepertuis, phénylbutazone
(voie générale),
- utilisation déconseillée : aspirine à faible dose (voie
générale), anti-inflammatoires non stéroïdiens (voie générale),
chloramphénicol, diflunisal, fluoro-uracile.
o Quelle famille chimique utiliser ?
Outre les accidents hémorragiques communs à tous les AVK,
les dérivés de l'indane-dione (fluindione, phénindione) peuvent
entraîner des effets indésirables spécifiques, par un mécanisme
immuno-allergique : insuffisance rénale aiguë, hépatite, éruption
cutanée, fièvre, arthralgies.
Rappelons que l'essentiel des données disponibles sur les
AVK (grands essais cliniques, interactions), concernent la
warfarine (Coumadine®), médicament de référence, curieusement
un des AVK les moins utilisé en France (2,9% des malades traités
par AVK dans une étude récente).
o Education et information des malades
L'absence de compréhension ou la tendance à la mauvaise observance
sont des facteurs qui doivent faire remettre en cause un traitement
par AVK. Les points importants de l'information sont :
- la nécessité d'une bonne observance (prise régulière tous
les jours à la même heure)
- les risques d'un traitement insuffisant ou excessif
- le caractère indispensable de la surveillance biologique,
la valeur de l'INR à atteindre
- la nécessité d'une consultation en cas d'hémorragie, même
minime ou d'INR élevé
- la nécessité d'un carnet de suivi
- les dangers de l'automédication
- le danger des injections intramusculaires
- la nécessité d'informer tout professionnel de santé du traitement
en cours
- la nécessité d'une contraception chez la femme (et d'informer
son médecin en cas de désir de grossesse)
o Surveillance du traitement
L'INR est le seul examen utile et fiable pour surveiller un
traitement par AVK. Le premier contrôle doit être fait 36
heures (ou 48h) après la 1ère prise. En début de traitement,
faire un contrôle tous les deux à quatre jours, jusqu'à ce
que l'INR soit dans la zone recherchée lors de deux contrôles
consécutifs. Les deux ou trois premières semaines de traitement,
faire un contrôle deux fois par semaine. Pendant toute la
durée du traitement, contrôler l'INR au minimum toutes les
quatre semaines.
Lors de toute modification de posologie, en cas de pathologie
intercurrente, d'ajout ou de retrait d'un médicament, de vomissements,
diarrhée, il est nécessaire de faire au moins un contrôle
de l'INR trois à quatre jours plus tard. Les contrôles doivent
également être rapprochés en cas d'anticoagulation chroniquement
instable.
o Quel INR ?
Dans la majorité de cas, l'INR doit être entre 2 et 3.
Dans quelques cas, l'INR doit être plus élevé, entre 3 et
4,5 : prothèse mécanique mitrale ; prothèse mécanique aortique
de première génération, prothèse mécanique aortique de 1ère
ou 2ème génération avec facteur de risque embolique associé
(antécédent thrombo-embolique artériel, fibrillation auriculaire,
dilatation des cavités gauches, dysfonctionnement ventriculaire
gauche sévère) ; rétrécissement mitral avec facteur de risque
associé (dilatation de l'oreillette gauche, thrombus cavitaire,
rétrecissement mitral serré, antécédent thrombo-embolique
artériel).
Dans le cas très particulier de la prévention des thromboses
sur cathéter, les AVK sont prescrits à faible dose (warfarine
: 1mg/24h) et l'INR ne doit pas être modifié (il doit rester
proche de 1). (Dans ce cas, il suffit de faire un seul contrôle
de l'INR au 8e jour de traitement pour dépister une éventuelle
sensibilité excessive.)
o Conduite à tenir devant un INR trop élevé
Le risque hémorragique augmente de façon linéaire lorsque
l'INR est supérieur à 3.
- INR < 5, pas de saignement, pas d'intervention chirurgicale
prévue : supprimer la prise suivante puis réduire la posologie
- 5 < INR < 9, pas de saignement ou saignement minime : arrêter
le traitement, prescrire 1 à 2 mg de vitamine K1 per os, faire
un INR tous les jours ; reprendre l'AVK, à plus faible posologie,
lorsque l'INR revient dans la zone thérapeutique
- INR > 9 , hémorragie, même minime ou doute sur les capacités
à suivre les consignes : idem supra et hospitalisation
- saignement majeur ou INR très élevé : hospitalisation, vitamine
K1 en I.V. lente, à renouveler si nécesaire toutes les 6 heures,
PPSB Kaskadil® ou plasma frais congelé (PFC).
Remarque : après de fortes doses de vitamine K1, il faut un
certain délai avant que les AVK soient à nouveau efficaces.
Dans ce cas, il faut utiliser l'héparine en attendant le retour
d'efficacité des AVK, en évitant de trop augmenter la posologie.
F.H.
- Suspension d'AMM de la cérivastatine
La suspension de l'AMM de la cérivastatine le 9 aout 2001
(voir Infos n°35, juillet-août), largement médiatisée, nous
a valu d'être assaillis de questions ce jour là. Nous reviendrons
sur les inhibiteurs de l'HMG CoA réductase dans un prochain
bulletin.
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