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actualité médicale
La femme enceinte en voyage

Le plaisir de voyager se partage…

Aujourd'hui nous voyageons plus que nous l'avons jamais fait, à la fois pour le plaisir et pour le travail. Pour la femme enceinte voyager doit donc rester possible. La grossesse n'est pas en soi une maladie. Elle expose cependant la femme voyageuse à quelques risques spécifiques qui fixeront les limites du voyage.

La femme doit donc être capable d'appréhender les cas qui lui poseront problèmes, qu'elle soit déjà enceinte ou alors qu'elle envisage de le devenir. Elle doit se convaincre que voyager reste une éventualité envisageable même pour des destinations lointaines voire exotiques pour autant qu'elle prenne en considération certains aspects ou paramètres importants ayant un possible retentissement sur son état.

Les différents aspects à prendre spécialement en considération pendant la grossesse :

NB : une grossesse multiple est une contre-indication relative aux voyages, notre propos ne concerne donc que les grossesses mono-embryonnaire simples.

1. Les limites légales :
Aucun règlement international ne régit ou ne réglemente les déplacements en avion pour les femmes qui attendent un enfant. (Recommandations IATA : 36 à 38 semaines pour les vols de moins de 4 heures).
L'accès à bord de l'avion est le plus souvent réglementé par la compagnie aérienne elle-même. Chacune d'elles édite ses propres règles qui sont en général le refus d'accès à bord au-delà du 7ème mois de grossesse voire même 6ème pour certaines compagnies d'outre atlantique. Ces limites sont tout à fait subjectives et surtout juridiques car médicalement la femme enceinte peut avec certaines précautions voyager " jusqu'à terme.
Pensez à tenir compte de la date de retour surtout !!
La grossesse ne dispense absolument pas, pas plus qu'en voiture d'ailleurs, du port de la ceinture de sécurité. Certains aménagements seront proposés.

2. Garantie assurance & protection sociale :
Une grossesse qui se déroule normalement n'est pas une maladie. Cependant il est indispensable de bien se faire expliquer les termes de la police d'assurance qui est adossée à votre billet d'avion et de s'assurer que sa propre protection sociale ou assurance médicale rapatriement prennent en compte l'éventualité d'un voyage et ce jusqu'à quel terme. En clair que la grossesse ne sera pas un cas d'exclusion de garanties. Un certificat médical pourra être demandé à l'embarquement par les autorités de l'immigration.

3. Vaccinations et traitements médicamenteux :
La femme enceinte est avant tout une candidate au voyage comme les autres. Il lui faudra donc s'assurer de la validité de ses vaccinations courantes (tétanos-poliomyélite-diphtérie) minimum requises pour son pays d'origine. Il lui faudra par ailleurs en fonction de la destination choisie satisfaire à un certain nombre d'autres vaccinations complémentaires fortement recommandées. En accord avec son médecin traitant, les dispositions seront prises pour effectuer les mises à jour possibles. En effet seuls seront autorisés les vaccins à virus tués ou inactivés (tétanos-poliomyélite-diphtérie-hépatiteA&B-encéphalite à tiques-rage) pour (typhoïde-ménigite) on évaluera l'absolue nécessité avant de les proposer.
On évitera en principe toute administration d'un vaccin vivant atténué (rougeole-oreillons-rubéole) à une femme enceinte. Le vaccin contre la fièvre jaune n'est par principe pas proposé. Une attestation médicale sera délivrée. La vaccination pourra être admise en cas de force majeure. L'allaitement n'est pas une contre-indication.
Concernant le paludisme, il est déconseillé aux femmes enceintes de se rendre en zone de forte transmission de paludisme ou de multirésistance. Néanmoins si le départ vers une région endémique s'avérait incontournable, les mesures préventives suivantes seraient appliquées avec encore plus de rigueur.

a. Mesures de protection renforcées contre les piq ûres de moustiques (cf infra)
b. Chimioprophylaxie - avec chloroquine (pays du groupe 1 = 100 mg/j)- (idem + proguanil) = savarine 200 mg/j (pays des groupes 2 & 3)
c. Traitement de réserve : aucune prophylaxie ne peut garantir une protection absolue. Ici la quinine sera indiquée en cas d'accès palustre.
d. Contraception : toute grossesse sera prévenue 1 semaine après la dernière prise de doxycycline et 3 semaines après la dernière prise de méfloquine.

4. Les autres aspects à prendre en considération :

  • Une première naissance prématurée, des difficultés du post partum.
  • Une phlébite, de l'hypertension artérielle pendant une précédente grossesse
  • L'inconfort et l'exiguïté des fauteuils d'avions pour les longs vols.
  • Accroissement de la sensibilité aux mal des transports(nausées)
  • La fatigue et l'effort physique des attentes debout (transferts - gares - aéroports )
  • La température extérieure et l'ensoleillement à prendre en compte avec attention à cause de l'inconfort physique induit, et des effets du soleil sur la peau (masque de grossesse)
  • Les risques infectieux courant qui sont autant de facteurs de risque majorés en voyage (tératogénicité de certains médicaments - fièvre qui peut déclencher le travail).
  • Le risque d'avortement spontané(fausse couche) plus grand au premier trimestre.
  • Les risques du troisième trimestre (hémorragies - hypertension artérielle - rupture prématurée des membranes)
  • Une éventuelle intervention médicale qui sera statistiquement plus fréquente chez la femme enceinte ce qui incitera donc à se poser la question sur les structures médicales disponibles dans le pays d'accueil (qualité et délai d'acheminement)
  • Respect des règles d'hygiène corporelles et alimentaires.
  • Eviter les longs trajets en voiture surtout dans de mauvaises conditions (routes et automobiles en mauvais état)

S'il s'agit d'un voyage touristique, il faudra bien peser les difficultés éventuelles pour le mener à terme et ne pas s'obstiner. Un voyage vers une région d'endémicité amarile ou de forte endémicité de paludisme sera déconseillé. Il sera peut-être préférable soit de choisir une autre destination, soit de reporter le voyage à plus tard.
La période idéale se situe entre 16 & 28 semaines de grossesse (4 à 7 mois). On s'éloigne alors du risque d'avortement spontané qui devient négligeable, le suivi médical et le recul permettent d'être rassurant, le confort relatif de la grossesse est acceptable et le risque d'accouchement prématuré n'existe pas encore. Tous les examens de routine devront être terminés avant le départ.
Une prévention renforcée et efficace d'affections comme la diarrhée du voyageur, les infections cutanées, urinaires, la toxoplasmose bien s ûr sera appliquée.
seront bannis les sports à risques et interdits (plongée avec bouteille)
ENFIN on gardera omniprésent à l'esprit que les accidents de la circulation sont les causes les plus fréquentes de rapatriement chez le voyageur


Recommandations

"La grossesse n'est pas une maladie, elle est compatible avec les voyages"

Etre enceinte et voyager est habituellement possible dans la plupart des cas en toute sécurité. D'importants points seront à garder présent à l'esprit et un minimum de précautions s'avèrera nécessaire.

Des mesures simples d'information et de prévention :

  • N'envisager de voyager enceinte que si toutes les précautions sont prises sans réserve.
  • Bien percevoir ce que signifie voyager avec toutes les contraintes inhérentes aux attentes, aux déambulations, aux stations debout prolongées dans les gares ou aéroports.
  • N'effectuer de voyage que si cela est conforme à vos habitudes et à vos souhaits.
  • Envisager alors plutôt le voyage entre la 16ème et la 28ème semaine de grossesse
  • Considérer les conditions socio-économiques du pays de destination et le niveau de qualité des soins qui peuvent y être dispensés.
  • Se renseigner auprès du voyagiste ou du transporteur que l'on interrogera afin de connaître les conditions générales et légales d'embarquement.
  • Lire et bien comprendre, le cas échéant se faire expliquer, les termes de sa propre police d'assurance et les règles qui régissent sa couverture sociale santé - famille.
  • Toujours programmer une visite chez le médecin qui suit votre grossesse au moment de la décision de voyager mais aussi la renouveler juste avant le départ.
  • Demander à son médecin un certificat médical justifiant et précisant votre état de santé (grossesse) qui pourra vous être demandé par le commandant de bord de l'avion et/ou les autorités de l'immigration.
  • Etre malade pendant la grossesse est toujours plus délicat. Il est donc très important de mettre l'accent sur la prévention des intoxications alimentaires et piq ûres de moustiques.
  • S'assurer de la validité de ses vaccinations courantes (minimum requises) et n'envisager qu'avec extrême prudence et pertinence (nécessité absolue) des vaccinations complémentaires recommandées pour certaines destinations.
  • Le vaccin contre la fièvre jaune n'est habituellement pas proposé.
  • Pour les vaccins contre la typhoïde et la méningite, on en évaluera l'absolue nécessité.
  • Concernant le paludisme, les zones de forte transmission ou de poly-chimiorésistances seront des destinations à fortiori proscrites pendant la grossesse.
  • En cas de séjour incontournable en zone endémique, des mesures préventives renforcées centrées sur la prévention mécanique contre les piq ûres de moustiques seront indispensables.
  • La chimioprévention si nécessaire et justifiée sera conduite avec Nivaquine (pays du groupe 1) et Savarine (pays des groupes 2 & 3)
  • Aucun médicament connu ou a fortiori inconnu (médicament étranger) ne sera absorbé sans un avis médical complètement éclairé (nom commercial et DCI = dénomination commune internationale).
  • Un dossier médical complet et particulièrement le volet obstétrical sera constitué avant le départ et tenu à portée de mains pendant le voyage.
  • Ne jamais surestimer les conditions d'accueil locales (hygiène - eau - aliments - équipement médical et disponibilité des moyens)
  • La grossesse multiple devra faire reculer la candidate aux voyages de part la nature même de la difficulté relative qu'elle représente déjà en restant sédentaire.

 
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