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actualité médicale
Phlébites et transports en avion

" Maladie thromboembolique du voyageur "
ou " Syndrome de la station assise prolongée "

Généralités et rappels :

Les contraintes du vol comme :

- la baisse de la pression partielle en oxygène de la cabine passagers entraînant une hypoxie relative.

- la déshydratation due en partie à la ventilation de l’espace passager par de l’air réchauffé et déshydraté qui est favorisée par l’absorption de boissons alcoolisées.

- la position assise prolongée et l’immobilité dans un espace exigu entravant une bonne circulation du sang.

sont autant de facteurs à l’origine de constitution de " caillots " sanguins et donc d’obstruction des veines profondes des membres inférieurs ou thromboses veineuses profondes, plus connues sous le nom de phlébite.

Cette pathologie peut évoluer très rapidement par migration de ces thrombus (caillots) dans la circulation générale vers les poumons et entraîner une embolie pulmonaire, troisième cause de mortalité cardiovasculaire, pourtant de diagnostic trop souvent méconnu et de pronostic incertain. La prévalence est de 1 pour 4 millions de voyageurs mais d'1 pour 250.000 si la durée dépasse 12 heures.

Parmi les circonstances favorisantes, les vols moyen-long courrier – et plutôt en classe économique de plus de six (6) heures - font l’actualité depuis plusieurs mois et la fréquence des embolies pulmonaires en forte croissance est à rapprocher du syndrome thromboembolique de la station assise prolongée décrit pour la 1ère fois en 1940.

Ces phénomènes touchent plus particulièrement des sujets féminins prédisposés comme ceux qui ont des déjà des antécédents :

  • de phlébites ou d’embolies,
  • de pathologies favorisantes comme le syndrome post-thrombotique,
  • d’insuffisance veineuse chronique,
  • de pathologie cardiaque et/ou d’hypertension artérielle
  • Une intervention chirurgicale récente,
  • La grossesse,
  • le tabac, la prise de contraceptif oral ou d’hormonothérapie substitutive,
  • l’obésité, et l’hypercholestérolémie, sont autant de facteurs favorisants.

On considère que le voyage aérien est incriminé pour tout ou partie dans les 8 à 10% de survenues de thromboses veineuses profondes, et la prévention de cette pathologie est d’autant plus importante qu’elle se complique dans un tiers des cas d’embolies pulmonaires, pathologies graves et trompeuses.

Recommandations

Attention : même pour les passagers de 1ère classe ou classe affaire (business).
Cette pathologie potentiellement mortelle nécessite que des précautions soient prises.
Les mesures à mettre en œuvre pour limiter ce type d’accident reposent sur :

  1. le port de vêtements et de chaussures confortables pour le vol :
    1. pantalons amples avec ceinture lâche.
    2. Chaussures peu serrées.

  2. la prévention de la stase veineuse par :
    1. contraction des mollets (flexion-extension des pieds ),
    2. mobilisation régulière sur le siège,
    3. évitement de la position jambes croisées,
    4. déambulation dans l’avion.

  3. complétées par le port d’une contention élastique chez les sujets qui ont des antécédents d’insuffisance veineuse ou les sujets âgés .

  4. des mesures respiratoires simples :
    1. avec inspiration lente et profonde,
    2. abstention tabagique,

  5. des mesures d’hygiène alimentaire pendant le vol mais aussi précédent le vol :
    1. éviter de consommer avant le vol :farineux, laitages, boissons gazeuses. Les gaz contenus dans le tube digestif se dilatent en altitude entraînant une sensation de ballonnement.
    2. Lutte contre la déshydratation par absorption d’au moins 1 litre d’eau plate toutes les 4 heures.
    3. Ne pas boire de boissons alcoolisées ni avant, ni pendant le vol.

  6. les mesures pharmacologiques sont encore discutées :
    1. La prise de veinotoniques est d’un intérêt certain au moins contre la douleur du syndrome d’insuffisance veineuse.
    2. la prise d’aspirine doit être utilisée chez les sujets à risque faible à modéré.
    3. un traitement par injections sous cutanée d’anticoagulants (héparine de bas poids moléculaire) doit être envisagé chez les sujets à très haut risque.

  7. une information systématique des passagers candidats aux vols de six (6) heures au moins sur la nécessité de prendre de telles mesures. Des messages simples décrivant les mesures sus énumérées seraient distribués sur les vols moyen-long courrier
 
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