Les piq ûres
de moustiques et apparentés
Méconnaissance et sous estimation du risque
Généralités
et rappels :
Le voyageur
sérieux sait combien un « moustique » (l’anophèle
femelle) est impliqué dans la transmission du paludisme.
Ce qu’il sait moins en revanche c’est que le « moustique »
est aussi largement impliqué dans la transmission d’autres
maladies (la dengue avec l’Aedes, le culex pour l’encéphalite
japonnaise,…)et plus généralement les arthropodes
(moustiques, mouches, fourmis, tiques, scorpions.) qui sont
des vecteurs de transmission de germes pathogènes.
Le trio
infernal hôte-vecteur-parasite défie toutes les
parades :
Lors d’un voyage
en « zone intertropicale » un des risques majeurs que l’on
encourt est la contamination par voie sanguine d’une pathologie
infectieuse transmise par un vecteur (par exemple : moustique,
…)
Evidemment
ces insectes représentent des dangers importants pour
le touriste qui n’en a pas conscience . Ils véhiculent
en effet de véritables maladies nombreuses et potentiellement
mortelles comme le très connu « paludisme », la fièvre
jaune, la dengue, la maladie du sommeil, les filarioses, etc….
Le risque de
contracter « la maladie » n’existe que dans un contexte de
transmission intense (zone d’endémie & séjour
exposé= saison des pluies – mode de vie rurale ou champêtre
– durée suffisante)
Il faut donc
se méfier de tous les insectes (et pas seulement des
moustiques, mais aussi des autres arthropodes, des punaises
également vecteur d’infection) et donc bien se protéger
le jour et la nuit car s’ils ne sont pas toujours dangereux,
les insectes sont souvent nuisibles par leur bruit ou leur
odeur.
La dengue sévit
elle aussi en zone intertropicale après s’être
longtemps concentrée en Asie du sud-est. Il existe
4 formes de dengues pouvant chacun provoquer de la fièvre
et qui sont transmis par la piqûre de moustique(aedes).
Les filarioses
sont des affections tropicales d’origine parasitaire causées
et transmises par des vers ronds. Elles atteignent 150 millions
de sujets dans le monde principalement en afrique intertropicale
et en asie du sud-est. Un peu en amérique centrale
et nord de l’amérique du sud.
Les trypanosomiases
et la plus connue d’entre-elles la maladie du sommeil sont
également transmises par un insecte : la glossine ou
mouche « tsé-tsé » .
Les leishmanioses
sont des parasitoses communes à l’homme et à
certains animaux, transmises par des petits insectes velus
et volant à la tombée de la nuit.
L’encéphalite
japonnaise, véritable encéphalite virale est
elle aussi transmise par un moustique(culex). C’est une arbovirose
que vous pouvez prévenir par l’utilisation d’un vaccin
en préventif.
Le paludisme,
affection la plus connue et certainement la plus dangereuse,
sévit en zone d’endémie. Aucune vaccination
n’existe à ce jour et seule une chimioprophylaxie (prise
de traitement médicamenteux préventif) bien
conduite peut vous protéger contre cette maladie. Cependant
il faut garder à l’esprit qu’il existe de très
nombreuses zones de résistances au antipaludéens
de synthèse et que les autres moyens de protection
sont pour cette raison indispensables.
Les mesures
de protections contre les moustiques sont celles qui présentent
le meilleur rapport bénéfice/risque. Sans piqûres
de moustiques il n’existe pas de risque de contracter la maladie
par les modes habituels de contamination.
Recommandations
"La
prévention reste toujours notre première arme"
Les mesures anti-vectorielles s’avèrent dans certains
cas encore plus intéressantes que la célèbre
chimioprévention antipaludéenne Nivaquine®/Paludrine®
ou Savarine®. Il convient donc bien d’insister sur l’observance
réelle d’une protection contre les piqûres d’insectes
en marge de toutes préventions médicamenteuses
(antipaludéen pour le palu) ou vaccinale (fièvre
jaune/vaccin stamaril®) afin de réduire au maximum
le risque de piqûres. L’échec des campagnes de luttes
anti-vectorielles à l’échelle d’un continent
à rendu nécessaire la recherche d’autres stratégies
individuelles parmi lesquelles l’usage des moustiquaires.
Première
ligne de défense: « aucun moyen préventif n’assure
à lui seul une protection totale
-
La protection
qui doit être vestimentaire et domiciliaire fait
appel à des agents mécaniques ou physiques
(vêtements, climatisation, moustiquaires,….) et
à des agents chimiques (pyréthrinoïdes=
deltaméthrine ou perméthrine))
-
Le port
de vêtements clairs, amples et couvrants avec de
longues manches et longues jambes en tissus plutôt
épais ( les moustiques peuvent piquer à
travers les tissus fins) est vivement recommandé
dès que le soleil se couche.
-
Parallèlement
il faut éviter autant que possible de majorer le
risque en s’exposant inutilement au dehors.
-
Le soir,
concentrer ses efforts pour réduire le risque de
piqûre, maximum à cette période de la journée,
en utilisant des répulsifs ou répellents(insectifuges)
sur les parties découvertes du corps. (DOLMIX®
force 3, Cinq sur cinq®, Insect écran lotion®…Mousticologne®
crème, stick…) et penser à imprégner
les vêtements.
-
L’éfficacité
de votre répulsif dépendra de la concentration
et du type de produit actif que contiendra votre « lotion
». Demander à votre distributeur des produits contenant
comme principe actif du « EHD » à une concentration
de 30 à 50%, du « DEET » à 35-50% ou du
« DMP » à 40%.
-
A l’extérieur,
utilisez les très communes spirales ou serpentins
insecticides ou tortillons fumigènes et imprégner
vos vêtements sur leur face externe ou vos toiles
de tentes en les pulvérisant avec de la permethrine
disponible en officine.
-
La mise
en place de moyens mécaniques de protection des
ouvertures (grillages fins, protections des bouches d’air
conditionné) et individuels pour la nuit (moustiquaire
personnelle imprégnée d’insecticides et
non trouée).
-
L’utilisation
d’insecticides sous toutes formes le soir dans le lieu
de sommeil (diffuseur électrique avec tablettes
ou flacons de liquides, mais pensez à l’éventuelle
absence de courant électrique, soyez donc prévoyant
et munissez vous quand même de spray insecticides.
-
Dormir
de préférence dans une chambre climatisée(la
climatisation ne fait que réduire l’agressivité
des moustiques) sous une moustiquaire imprégnée(K-Orthrine
Flow 25 =200 ml pour 8 litres d’eau à le double
avantage d’être efficace et économique. Imprégnation
valable 3-6mois). La moustiquaire doit être en bon
état(sans trou !)et utilisée correctement(bordée
sous le matelas ou touchant le sol)
-
Tous ces
répulsifs sont toxiques de par une possible absorption
transcutanée et/ou ingestion et seront donc utilisés
avec prudence chez le jeune enfant et contre-indiqués
chez la femme et le nourrisson de moins de 30 mois.
-
L’usage
systématique de moustiquaire imprégnée
en zone d’endémie palustre diminue le risque de
transmission et constitue, associée aux autres
mesures de protection contre les piqûres d’insectes la
meilleure prophylaxie, en particulier pour les séjours
de courte durée.
-
Deux
mesures principales de prévoyance devront cependant
être observées simultanément pour
tout voyage à risque de l’adulte et surtout de
l’enfant qui présente pas définition un
risque accru d’emblée grave = > il ne faudra
donc pas négliger tout complément (prophylaxie
médicamenteuse ou vaccin) en deuxième «
rideau ».
-
Ne pas
oublier les possibles attaques au niveau des pieds et
de ce fait, prendre l’habitude de toujours marcher avec
une paire de chaussures fermées et montantes ;
-
Pour
les expatriés en zone d’endémie, un billet
open peut-être une sage précaution...
|