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actualité médicale
Le séjour en altitude

Tourisme, randonnée aventure, trekking & expéditions sportives

Préambule :

Les nouvelles possibilités offertes aujourd'hui d'accès à l'altitude, l'engouement pour certaines offres de trekking (randonnée) en moyenne altitude proposées par les voyagistes spécialisés et l'accès à la moyenne montagne à des alpinistes d'une certaine " témérité " posent le problème d'une bonne information des prétendants à l'aventure d'altitude.
Tout comme on ne " descend " pas en plongée sous-marine sans information, sans précaution et sans entraînement, l'aventure d'altitude demande le respect de règles médicales bien précises dès lors que l'on atteint la zone des 3000 mètres.

Introduction : 

Le fait d'exposer son organisme à un environnement d'altitude inhabituel peut entraîner des manifestations physiques parasites voire morbides synonymes d'inadaptation de l'organisme à la raréfaction ou appauvrissement de l'air en oxygène (on parle d'hypoxie d'altitude). Soumis à un environnement d'altitude " hostile ", l'organisme humain sera capable d'adaptation progressive par des mécanismes adaptatifs qui permettront d'en limiter les effets.

Lorsque ces mécanismes d'ajustement sont pris en défaut apparaît alors une véritable " maladie spécifique de l'exposition à l'altitude " qui peut prendre à l'extrême la forme de vraies urgences médicales d'autant plus problématique à prendre en charge que les secours seront de toute évidence éloignés.

Les différents aspects de cette pathologie liée à l'hypoxie d'altitude : 

L'expression d'une inadaptation à " l'hypoxie d'altitude " prend différentes formes :

  1. Le mal aigu des montagnes bénin [M.A.M] : d'altitude de survenue rarement inférieur à 2000 mètres, il est très fréquent vers 3500 mètres. Les premières manifestations apparaissent dans les premières heures de l'exposition en altitude (4 à 8 heures) pour des sujets non-adaptés. Les maux de têtes(céphalées), un " état de malaise général " avec fatigue disproportionnée sans rapport avec l'effort accompli, perte d'appétit, nausées et/ou vomissements, vertiges avec au maximum sensation d'ébriété et insomnie en constituent l'essentiel des manifestations qui sont aspécifiques.
    Bénin le M.A.M trouvera une évolution favorable avec disparition des signes en 3-4 jours ; une aggravation des signes pouvant toutefois être notée jusqu'à la 36ème heure.

  2. L'œdème localisé de haute altitude : Une forme particulière isolée ou associée à un épisode typique de mal aigu des montagnes peut être observée avec des œdèmes sous cutanés diffus ou localisés à la face (paupières), aux poignets ou aux chevilles relativement fréquemment en particulier dans le sexe féminin au cours des périodes d'acclimatation à l'altitude : elle est communément dénommée Œdème Localisé de Haute Altitude.

  3. Le mal des montagnes compliqué d'œdème pulmonaire de haute altitude[OPHA] ou d'œdème cérébral de haute altitude[OCHA].
    Ces deux entités morbides qui sont d'apparition probable pour 5% des sujets qui s'aventurent pour des séjours de plusieurs jours au delà de la zone des 3500 mètres sont certainement la cause principale de décès répertoriés dans ces cas là. Certainement, car il existe une " grande méconnaissance " de ces pathologies et donc la relation avec un décès survenu à cette altitude n'est pas toujours clairement établie.

    L'OPHA : Tous les sujets y compris les " jeunes en bonne santé " peuvent être sujets à l'OPHA avec certes une variabilité de susceptibilité individuelle infinie. La survenue dépend de plusieurs facteurs intriqués : l'altitude variable de 2000 m à 7000 m, la rapidité de l'ascension, le respect ou non d'une " procédure d'adaptation à l'altitude " enfin l'intensité de l'exercice physique. Gravissime, d'évolution pouvant être fatale sans traitement, la régression des symptômes et la guérison sont aisément obtenues par un traitement bien conduit qui comprendra toujours une re-descente.
    Malgré l'intégrité de son appareil cardio-respiratoire, le sujet jeune présentera à la suite d'un effort d'intensité soutenue en altitude une incompétence de ce système qui conduira à un épisode " d'insuffisance respiratoire aiguë " lequel se manifestera par des difficultés respiratoires à type d'essoufflement(dyspnée) anormalement accentuée eu égard à l'effort accompli puis de repos accompagné de grande fatigue, d'une possible douleur dans la poitrine, d'une toux sèche volontiers productive d'expectoration typique " mousseuse rose ou sanguinolente ". Des " bruits " respiratoires à type de râles sont identifiés par les proches, le teint se modifie pour devenir " grisâtre " c'est la cyanose, signe constant et précoce. Une fièvre atteignant parfois 39°C est souvent observée, les symptômes du Mal Aigu des Montagnes[M.A.M] sont omniprésent.
    Une attitude adaptée (traitement médical et re-descente rapide) instaurée sans délai conduit à une guérison rapide et sans séquelle.
    A l'inverse, une méconnaissance de cette pathologie et donc un retard de prise en charge ou des décisions mal adaptées peuvent conduire à un enchaînement morbide rapidement fatal.
  4. L'OCHA :La deuxième complication constituée par L'œdème cérébral de haute altitude affecte un organe particulièrement sensible à l'hypoxie [baisse de concentration en oxygène] :le cerveau.
    Outre les effets directs de l'hypoxie altérant les " fonctions supérieures " comme la mémoire,…etc., des manifestations neuropsychiques liées à la constitution de l'œdème cérébral complètent et aggravent le tableau clinique de " mal aigu des montagnes " précédemment décrit.
    Les maux de tête impossibles à faire passer avec les traitements habituels se compliquent volontiers de vomissements incoercibles. La dégradation des fonctions cognitives , de l'humeur qui peut évoluer vers de vrais syndromes psychiatriques expliquent probablement pour partie les accidents de passionnés chevronnés qui auraient commis des erreurs de jugement inhabituelles.
    De même que pour l'OPHA, la récupération sera totale si la bonne décision est prise le plus tôt possible, c'est à dire avant la perte de connaissance qui si elle survient entraînera la mort dans 2 cas sur 3.

  5. Les accidents ischémiques , thrombo-emboliques et hémorragiques
    Par analogie avec les accidents thrombo-emboliques décrits dans les suites de vols longs courriers, des accidents semblables ont été décrits chez des sujets jeunes et en bonne santé se rendant en haute altitude qui peuvent passer inaperçus jusqu'à leur révélation plus ou moins tardive par une embolie pulmonaire. Une mauvaise hydratation majorée par une " viscosité sanguine " anormalement élévée(hématocrite de 50 à 60%) peuvent, associées à une immobilisation temporaire pour cause de mauvais temps ou de M.A.M, être à l'origine de ces accidents.

  6. La prévalence d'accidents vasculaires cérébraux ischémiques en altitude n'est pas négligeable si l'on considère qu'ils affectent plutôt des sujets jeunes réputés en bonne santé. Ils sont le plus souvent transitoires et donc régressifs sans séquelle en moins de 24 heures.

Prédispositions et facteurs aggravants les problèmes médicaux liés à l'altitude :

  1. La vitesse d'ascension : c'est probablement le principal facteur déclenchant le M.A.M, l'OPHA & l'OCHA. Elle doit rester en deçà de 300 à 500m par jour suivant les variabilités individuelles (acclimatation et réponse respiratoire à l'hypoxie) surtout dans les premiers jour d'ascension et ce dès la zone des 3000 M atteinte.
  2. La surcharge pondérale : accroît la sensibilité individuelle au M.A.M
  3. La migraine maladie : chronique et donc évolutive au niveau de la mer, elle rend les sujets plus sensibles aux maux de tête d'altitude
  4. Le froid et l'exercice physique soutenu : en majorant l'hypoxie augmentent les risques.
  5. La déshydratation : secondaire à une diarrhée ou primitive par insuffisance d'apports joue un rôle favorisant.
  6. Une infection des voies respiratoires : pulmonaires ou rhino-sinusiennes favorise la survenue de complications médicales dues à l'altitude.


Recommandations

"Face à l'hypoxie il faut savoir perdre son temps pour pouvoir passer du bon temps"

S'élever, pour visiter une région d'altitude, pour un trekking (marche en montagne), ou pour une " course " en haute montagne nécessite une bonne information sur l'environnement barométrique et les conséquences sur l'organisme humain afin, de dépister les sujets " à risques ", de prévenir les effets indésirables de l'exposition à l'altitude ou de traiter symptomatiquement loin de toute structure médicale les premiers signes sérieux.

Avant le départ :

Dépistage des sujets à risques :
" la condition & l'entraînement physique ne protègent pas de la pathologie d'altitude "

  • Il est toutefois conseillé de s'entraîner avant de s'aventurer pour des marches prolongées, des expéditions ou des ascensions difficiles

  • Une consultation de médecine de montagne préalable permettra :
    • d'identifier les problèmes médicaux qui récuseront le séjour en altitude du fait de leur possible aggravation par l'hypoxie (angine de poitrine sévère, épilepsie, asthme, syndrome psychiatrique…),

    • de dépister les sujets dits " à risques probables " qui ont déjà présenté des " inconforts " d'altitude[M.A.M & OLHA] ou des accidents [OPHA-OCHA] lors de précédentes expériences d'altitude , qui ont - de 18 ans ou + de 50 ans ou qui présentent un surpoids.
    • de proposer au maximum pour un séjour particulièrement exposé [haute altitude-longue durée-facteurs de risque individuel] un test d'exercice à l'hypoxie pratiqué par un médecin spécialisé dans ces affections afin de décider de la faisabilité et/ou des conditions d'un projet en altitude.[détection des sujets mauvais répondeurs à l'hypoxie]
    • d'informer et de donner des conseils précis.
    • d'aider à la constitution de l'indispensable trousse médicale de premier recours.
    • de prescrire si besoin " en préventif de M.A.M " de l'acétazolamide (diamox®) matin et midi 1 à 2 jours avant l'arrivée en altitude et stoppé à l'altitude maximum.
    • enfin utiliser un matériel adapté(chaussures-vêtements chauds et imperméables) et emporter des rechanges.

     

Pendant l'ascension :

Acclimatation lente et progressive(la durée d'adaptation est incompressible)
" ne montez pas trop vite et trop haut " - " montez haut mais dormez bas " stigmatisent et résument assez bien les précautions à prendre pendant les premiers jours d'ascension.

  • La vitesse d'ascension devra rester en deçà de 300 à 500 mètres de différentiel sur deux nuits successives en moyenne sur deux jours et ce dès la zone des 3000 mètres atteinte. Des paliers seront donc prévus dans le plan de progression.
  • Un traitement médicamenteux ne remplacera jamais une acclimatation naturelle variable en fonction des susceptibilités individuelles (en moyenne de quelque jours en dessous de 3000m à deux semaines vers 4-5000m et plusieurs semaines au delà).
  • Une hydratation de bonne qualité devra être privilégiée ce dès 2000 mètres pour être absolument nécessaire et indispensable au delà.
  • Attention à bien se protéger également du froid, facteur d'agression supplémentaire souvent majoré par les vents, qui accroît les effets de l'hypoxie.
  • ATTENTION aux arrivées aériennes en altitude (villes d'altitude ou alti-surfaces) qui ne dispensent jamais de période d'acclimatation.
  • Si malgré toutes les précautions prises, des troubles apparaissent, il faudra savoir les signaler aux autres membres de l'équipe, les reconnaître et les identifier, en apprécier la sévérité et ne pas hésiter à interrompre la progression, se reposer, se traiter avec les produits dont vous aurez la maîtrise, voire redescendre très lentement de 500 mètres au moins.
  • Par ailleurs, on insistera sur une nourriture de qualité (nourriture liquide - fruits secs).
  • Enfin on protégera PEAU (face-lèvres -mains) et YEUX (port de lunettes profil enveloppant de type " glacier " avec verres de haute qualité de protection.)

 
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