Accueil > Actualité médicale > Actualités professionnelles > Lutte contre les déserts médicaux : vers une reconnaissance accrue du rôle des infirmiers ?
ONI, le 19 févr. 2013 (Actualités professionnelles)
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“La banalisation des transferts de compétence pourra, à terme, favoriser l’évolution de la profession d’infirmier vers un enrichissement de ses missions, au terme d’une formation de cinq ans et non plus trois seulement, comme l’ont souhaité les représentants de l’Ordre des infirmiers lors de leur audition“.[1] L’ONI se félicite que le rapport final « Présence médicale sur l’ensemble du territoire » ait pris en compte cette préconisation majeure portée par l’Ordre.
Compte tenu de la désertification de certains zones et de l’inégale répartition de l’offre, il y a urgence à mettre en place un plan efficient d’amélioration des prises en charge de premier recours. « Nous devons repenser la répartition des compétences entre professionnels de santé. D’abord en développant le parcours coordonné du patient – ce qui ne passe pas uniquement par les maisons de santé. Ensuite, il nous faut créer une véritable spécialité d’infirmier praticien en soins de premier recours, de niveau master, exerçant une fonction d’accueil et d’orientation du patient, de consultation et de prévention. Nous pourrons ainsi accorder à ces professionnels le droit de pratiquer des consultations, notamment de suivi de pathologies chroniques, et élargir le droit de prescription. Nombre de pays ont exploré cette voie, comme la Suède ou le Royaume-Uni qui sont des pays à faible densité médicale, ou encore le Québec », explique Didier Borniche, président de l’ONI.
Pour l’Ordre national des infirmiers, de telles évolutions sont inévitables et la réflexion en France est mûre pour commencer à les mettre en œuvre. Il faut à cet égard se féliciter que le Premier Ministre, Jean-Marc Ayrault, ait dans son discours du 8 février dernier présentant la « Stratégie nationale de santé » pris la position ferme selon laquelle « Il faudra poursuivre nos efforts contre les déserts médicaux en agissant dès les études supérieures. Une réflexion doit s’engager pour rapprocher la formation et les besoins, qui concernera l’ensemble des professions de santé. »
Pour Didier Borniche : « L’Ordre, qui est ici au cœur de ses missions de promotion de la santé publique et de la qualité des soins, se veut partie prenante dans le cadre des débats sur la prochaine loi de santé publique annoncée début 2014. Il apportera son expertise au gouvernement et à la représentation nationale pour appuyer ces propositions en faveur de l’aménagement du territoire et de la santé publique, au bénéfice direct de nos concitoyens. Naturellement, nous demeurons à la disposition des pouvoirs publics pour enrichir ce débat et faire part de l’expérience des infirmiers présents sur les territoires ».
A cet égard, le travail du groupe sénatorial est une précieuse contribution à la future loi de Santé publique.
A propos de l’Ordre National des Infirmiers
Avec 128 000 inscrits, l’Ordre national des infirmiers est le deuxième des sept ordres de professions de santé en France. Il est chargé par la loi de veiller à maintenir les principes éthiques et à développer la compétence, indispensables à l'exercice de la profession. Il contribue à promouvoir la santé publique et la qualité des soins. Il assure la défense de l'honneur et de l'indépendance de la profession d'infirmier. Il en assure la promotion.
Il participe au suivi de la démographie de la profession d'infirmier et étudie l'évolution prospective des effectifs de la profession au regard des besoins de santé.
Il accomplit ses missions par l'intermédiaire des conseils départementaux, des conseils régionaux ou interrégionaux et du conseil national de l'ordre.
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