L’action biologique de la nitroglycérine enfin dévoilée!

Après plus de 100 ans d’utilisation empirique de la nitroglycérine (trinitrate de glycérine) en tant que vasodilatateur, des chercheurs du Duke University Medical Center et du Howard Hughes Medical Institue(Durham, EU) viennent non seulement de mettre en évidence les mécanismes intimes de son action biologique, mais également fournissent une explication au phénomène de tolérance observé quelquefois vis à vis de ce composé.

les résultats sont présentés dans les comptes rendus de l’académie des sciences américaines, en avance sur leur site web, par Zhiqiang Chen et al.

La nitroglycérine (Alfred Nobel, 1867) est utilisée pour traiter l’insuffisance cardiaque et l’angine de poitrine depuis longtemps, sans vraiment connaître les mécanismes sous-jacents à son action.

Les auteurs ont isolé et purifié une enzyme mitochondriale, une nitrate réductase appelée ‘mitochondrial aldehyde deshydrogenase’ (mALDH), qui catalyse la formation de dinitrate-1,2- glycérine + nitrite à partir de la nitroglycérine, et qui conduit à la production de GMP cyclique, à l’origine de la vasodilatation.

La nitroglycérine agit in vitro et in vivo sur la relaxation des muscles lisses des endothéliums vasculaires, et il a été de plus montré que la mALDH pouvait être inhibée dans les vaisseaux sanguins, expliquant ainsi les phénomènes de tolérance à la nitroglycérine quelquefois observée chez les patients.

La mitochondrie semblant être le siège du catabolisme de la nitroglycérine (qui est toxique pour les cellules), les auteurs expliquent que des patients devenus tolérants à cette molécule le sont à cause de l’hyperactivation de la mALDH qui conduit à une rétro-inhibition de son activité.

«Nos études suggèrent que certaines classes de médicaments comme les sulfamides hypoglycémiants utilisés par les diabétiques ou bien les hydrates de chlore utilisés dans les troubles du sommeil, inhibent l’activité de la mALDH», a commenté Jonathan Stamler qui a dirigé les recherches.

Les auteurs évoquent également des différences de sensibilité à la nitroglycérine à cause d’un terrain génétique plus ou moins favorable, sous-tendu par un polymorphisme du gène de la mALDH. Le statut génétique vis à vis de la mALDH pourrait aider selon eux à estimer l’impact thérapeutique de la nitroglycérine pour chaque individu.

Source: Proc Natl Acad Sci USA 11 juin 2002 ;99(12), publication en ligne avancée, doi:10.1073/pnas.122225199

PI

Descripteur MESH : Nitroglycérine , Génétique , Patients , Chlore , Hypoglycémiants , Sommeil , Troubles du sommeil , Catalyse , Muscles , Sulfamides , Vaisseaux sanguins , Cellules , GMP cyclique , Muscles lisses , Relaxation , Thérapeutique , Vasodilatation

INSCRIPTION NEWSLETTER

Recherche scientifique: Les +