Les inducteurs de l'ovulation sont de plus en plus utilisés, pour la première fois l'Assurance Maladie analyse leur usage

CNAMTS,
le 17 juin 2004

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a défini l’infécondité comme l’absence de conception après deux
ans de rapports sexuels non protégés.

La probabilité de concevoir un enfant dans un cycle est de 25%, et l’absence de conception au bout de 12
mois n’est pas un indicateur d’infécondité mais d’hypofertilité. 10% des couples sont dans ce cas qui peut
justifier la mise en route d’un bilan, mais pas la mise en oeuvre immédiate d’un traitement (sauf si
l’interrogatoire permet d'identifier des causes évidentes d’infertilité : infections, traitements… ). En effet, on
observe qu'au bout de deux ans, trois couples sur quatre ont un enfant.

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L’âge de la femme est l'autre élément essentiel à prendre en compte car la fécondité diminue à partir de 35
ans et n’est que de 6% à 40 ans. C'est pourquoi le bilan et l'orientation vers des centres spécialisés doivent
être plus rapides pour ces femmes dont les chances thérapeutiques sont plus faibles.
La prise en charge de l'infertilité du couple a connu au cours des vingt dernières années un essor
considérable. Utilisés depuis plus de quarante ans pour les plus anciens, les inducteurs de l'ovulation ont
transformé le pronostic des stérilités.

L'Assurance Maladie a souhaité savoir si le citrate de clomifène, l’inducteur le plus ancien, largement
prescrit en première intention est utilisé en conformité avec les recommandations de l'Agence
nationale d'évaluation médicale (ANDEM) et celles plus récentes de l’Agence Française de Sécurité
Sanitaire des Produits de Santé (Afssaps).

Elle a réalisé de mars à juin 2002 une étude sur 728 femmes résidant dans la région Midi-Pyrénées pour
lesquelles un traitement par citrate de clomifène avait été prescrit et il apparaît que :
• 23% des femmes ont eu un traitement avant 12 mois d'attente de conception. C’est chez
les femmes de plus de 34 ans que le délai le plus long avant traitement (30 mois en
moyenne) a été constaté.
• 30% ont eu un dosage hormonal de base
• 37,5% des conjoints ont eu un spermogramme
• 35 % des patientes ont eu une surveillance échographique en cours de traitement pour
vérifier l’efficacité du traitement et surtout l’absence d’hyperstimulation, source de grossesses
multiples.

L'Assurance Maladie s'interroge sur ces résultats
Sont-ils le fait d'une pression toujours plus grande de la part des couples qui veulent un enfant tout de suite ?
Ou d'une difficulté à appliquer les recommandations médicales ?
Il est probable que les deux facteurs jouent, c'est pourquoi au moment où l'AFSSAPS vient de réactualiser
ses recommandations, l'Assurance Maladie tient à sensibiliser les couples comme les professionnels
de santé au bon usage du Citrate de Clomifène.
Comme pour tous les inducteurs de l’ovulation, le traitement doit être précédé d’un bilan préalable
complet et accompagné d’une surveillance destinée à limiter les risques de complications (hyper
stimulation ovarienne) et de grossesses multiples (avec risque de prématurité).

Pour en savoir plus

L’Assurance Maladie analyse l’usage des inducteurs d’ovulation en Midi-Pyrénées
Quelques chiffres sur la prise en charge des inducteurs d’ovulation
Glossaire
Dires de gynécologues : les impatiences dans les consultations d'infertilité
Les recommandations de bonne pratique de l'Afssaps

 

 

 
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