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Présentation du Plan "Halte Santé"
Centre SOS Habitat et Soins - 75 rue Maubeuge, Paris 10ème |
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Philippe Douste-Blazy
Ministre de la santé et de la protection sociale |
Nelly Olin
Ministre déléguée à la lutte contre
la précarité et l'exclusion |
La souffrance physique et psychique des sans abris constitue un obstacle majeur à leur réinsertion.
Pour y remédier, les personnes en situation précaire peuvent profiter de soins gratuits à l'hôpital. Mais cela n'est pas suffisant. En effet, une fois guéries, elles sont alors contraintes de retrouver la rue, un lieu si peu propice à la convalescence que les rechutes sont quasi inévitables.
Pour casser ce cercle vicieux de l'exclusion par la maladie, le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin a reçu les recommandations du Professeur PARQUET, qui a rendu un rapport en fin d'année dernière. Celui-ci démontre l'insuffisance de prise en charge des personnes précaires, et en particulier des sans abris pour la santé. Le rapport démontre notamment qu'entre l'hôpital et la rue, les sans abris souffrent de l'absence de structures d'accueil intermédiaires leur permettant d'effectuer une convalescence descente, évitant la rechute chronique. Il préconise la mise en place de telles structures.
C'est pour répondre à cette proposition que Philippe DOUSTE-BLAZY, ministre de la santé et de la protection sociale et Nelly OLIN, ministre déléguée à la lutte contre la précarité et l'exclusion, se sont rendus au centre SOS Habitat et SOINS de la rue Maubeuge à Paris, le samedi 3 juillet. Ce centre d'hébergement d'urgence et de soins infirmiers est une structure d'accueil pour les sans abris en convalescence.
Dans le cadre du comité interministériel de lutte contre l'exclusion qui se tiendra à Paris le mardi 6 juillet 2004, les deux ministres y ont annoncé deux mesures essentielles du plan national de lutte contre l'exclusion, dans son volet sanitaire :
- La création d'Equipes Mobiles de Santé Mentale permettant de constituer un véritable réseau de santé mentale-précarité et d'aller au devant de ces populations pour un montant de 2,1 millions d'euros par an.
- La création de lits de repos à orientation psycho-sociale pour un montant de 1,8 millions d'euros par an. |
Des lits de ce type (dits «lits infirmiers») existent déjà dans une vingtaine de départements dont 180 à Paris selon des modes de financement très disparates.
Les lits infirmiers et les structures d'aide à la santé mentale sont les SAS entre l'hôpital et la rue chargés d'assurer une convalescence durable aux sans abris. Ils permettent à la fois d'améliorer l'équité dans l'accès à la santé et d'accélérer la réinsertion des exclus. |
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Les unités mobiles et les lits infirmiers
Mesure :
Développer les possibilités de dispenser des soins aux personnes sans domicile fixe.
Constats :
Une proportion non négligeable de personnes sans domicile fixe souffrent périodiquement de problèmes de santé qui ne nécessitent pas, ou plus, une hospitalisation. Pour suivre leur traitement dans des conditions satisfaisantes, elles ont besoin d'un hébergement 24 H / 24 leur permettant de se reposer et de recevoir des soins. En outre, en matière de souffrance psychique, il existe, comme l'indique le rapport du Professeur Parquet remis au secrétariat d'Etat à la lutte contre la précarité et l'exclusion en 2003, une insuffisance de prise en charge des personnes sans domicile fixe.
Objectif :
- Améliorer l'orientation, la prise en charge, le suivi et l'accompagnement des personnes à la rue présentant des troubles sanitaires.
- Améliorer la continuité des soins, lorsque l'état de santé des personnes, sans nécessiter leur maintien à l'hôpital, exige du repos ou des soins.
Propositions :
Suite, notamment, au rapport Parquet, il est proposé :
- de développer 500 places de lits «halte santé» sur cinq ans,
- de créer 50 équipes équipes mobiles spécialisées année sur cinq ans pour favoriser la prise en charge des troubles psychiques chez les personnes vivant à la rue,
- d'améliorer la prise en charge de la souffrance psychique.
Modalités et conditions de mise en oeuvre :
- Constitution d'un groupe de travail composé des services du ministère de la Santé (DGS, DHOS, DSS) et de l'action sociale (DGAS), des services déconcentrés (DDASS), de CPAM, des associations et personnalités qualifiées spécialisées afin de donner un statut juridique et financier aux structures «halte santé», de définir un cahier des charges de mise en œuvre et de fonctionnement.
- Renforcement des équipes mobiles en personnels formés à la psychiatrie.
Calendrier : 2005
Impact budgétaire :
- Création de 10 unités mobiles par an : 2 150 000 € / an,
- Création de 100 lits halte santé par an : 1 820 000 € / an.
Soit pour :
- 2005 : création de 10 équipes + 100 lits = 3 970 000 €
- 2006 : idem
- 2007 : idem.
Indicateur de résultat :
Nombre de prises en charge réalisées ayant évité des hospitalisations itératives
Présentation de la structure et du public accueilli
Le centre d'hébergement d'urgence et de soins infirmiers géré par l'association Habitat et Soins se situe 75 rue de Maubeuge PARIS 10ème .
Il est ouvert depuis le 1er septembre 2003.
Il peut accueillir 40 personnes, dans 16 chambres réparties sur 2 niveaux (1er et 2e étage) et dispose d'une chambre pour couple.
Au rez-de-chaussée se trouvent :
une salle de soins équipée
le bureau du médecin et ceux du cadre infirmier, de l'assistant social et de l'équipe
logistique et l'espace propre au personnel paramédical et auxiliaire de vie.
Au sous-sol :
le réfectoire, les hébergés peuvent y prendre le petit déjeuner, le repas du midi et celui du soir.
Le centre est destiné à une population ayant connu une grande errance et qui s'en trouve très «abîmée» physiquement et moralement, leur état de santé nécessite un temps de repos ou de convalescence mais ne justifie pas une hospitalisation.
L'accès au centre est subordonné à une prescription directe ou validée par le médecin de garde du Samu Social de Paris.
Les principales pathologies rencontrées concernent la pneumologie (19%), la traumatologie (18%), la dermatologie (11%), le domaine cardio-vasculaire (10%).
Les prestations offertes
Il s'agit pendant le séjour, au- delà des soins, d'une prise en charge globale de la personne :
Sanitaire : rencontre avec le médecin , le cadre infirmier, soins assurés tous les jours le matin.
Sociale : présence d'un assistant social.
Prestations hôtelières : repas assurés, fourniture de literie et linge de toilette véritables en signe de respect des hébergés.
Ateliers :cuisine, alphabétisation, peinture art thérapie.
Moyens
24 postes à temps plein pour l'ensemble de l'équipe administrative, médicale et sociale (1 seul assistant social).
En 2003, le financement a été assuré uniquement par l'Etat.(488 158 € sur 4 mois).
Pour 2004, le budget s'élèvera à 1 325 000 € pour le fonctionnement de la structure (part médicale et part sociale comprises).
Source
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