|
Prévention des risques de cancer liés à l'exposition solaire et aux UV Ministère de la Santé, 24 juin 2004 Synthèse I / Les risques liés à l'exposition solaire
A l'approche de l'été, le ministère de la santé et de la protection sociale, dans le cadre du plan national de mobilisation contre le cancer, a souhaité que l'information des citoyens soit maximale, afin de prévenir les dangers liés à une exposition solaire excessive ou inappropriée. Cette information prend la forme d'une vaste campagne, composée de deux actions de communication auprès du public : l'une est réalisée par l'Institut National du Cancer, qui se met en place, et qui s'adresse directement à la population au travers des médias populaires ; l'autre est réalisée par l'Institut National de la Prévention et de l'Education en Santé, qui s'appuie sur les professionnels de santé et du tourisme. Enfin, l'association Sécurité Solaire participe également à cet effort de communication, par la mesure permanente des indices UV région par région, qui seront repris par les grands médias TV. PUB 1. Dispositif de communication directement adressé au grand public (INCa) L'Institut National du Cancer (INCa) a pour mission de coordonner l'ensemble des actions de prévention, de dépistage, de soins et de recherche sur le cancer. Cet Institut dont la mise en place a été annoncée par le Président de la République le 4 février dernier, a souhaité consacrer sa première action publique à la prévention du mélanome, parce que ce cancer peut toucher chacun d'entre nous, mais que quelques règles simples de comportement face au soleil permettent de le prévenir. La campagne de l'INCa s'inscrit en complémentarité de la campagne de l'INPES, puisqu'elle s'adresse directement au public par l'intermédiaire de médias populaires (Radio, TV, affiches), autour des mêmes règles de comportement face au soleil. Cette campagne fait principalement appel à la responsabilité des parents, pour qu'ils protègent leurs enfants lors d'une exposition au soleil : en effet, c'est au cours des premières années de la vie que l'exposition au soleil entraîne le plus grand risque de développer un mélanome, qui n'apparaîtra en général qu'à l'âge adulte. Elle fait également directement appel à l'attention des enfants, qui peuvent parfaitement comprendre les règles simples de comportement face au soleil, au travers d'un petit film construit comme une comptine. 2. Dispositif de communication via les professionnels de santé et du tourisme (INPES) Dans le cadre de la mesure 20 du Plan cancer, l'INPES a prévu de mettre en place, dès le mois de juin 2004, des actions visant à informer le grand public sur les dangers liés aux expositions solaires excessives et à promouvoir les conseils pratiques pour s'en protéger. Aujourd'hui ce dispositif comprend un dépliant, une affichette diffusés dès le début du mois de juin, par l'intermédiaire des professionnels de santé et du tourisme. Il rappelle qu'une exposition excessive au soleil peut déclencher divers types de cancers de la peau (mélanome…) ainsi que des dommages oculaires graves (cataractes). Le dépliant informe sur les différentes mesures de protection notamment pour les enfants et les adolescents. Une étude sur les connaissances, attitudes et comportements des Français vis-à-vis du soleil a été réalisée en janvier 2004, auprès d'un échantillon représentatif de la population et d'un échantillon de parents et grands-parents d'enfants de moins de 6 ans. Elle sera valorisée à travers un dispositif de relations-presse (communiqué de presse) qui rappellera les risques solaires et les moyens de s'en prémunir. Ce dispositif est complété par la diffusion à partir de la rentrée d'un coffret pédagogique «Léa et le feu» destiné aux classes CE 2, CM1 et CM2 à partir de septembre 2004. Ce coffret dans une démarche globale visant à développer les compétences psychosociales aborde notamment les risques liés aux rayons du soleil. Il sera diffusé à 5 000 exemplaires (partenariat avec l'Education nationale, centres de loisirs, réseaux d'éducation populaire et partenariat avec le Ministère de la Jeunesse et des sports…). 3. Association Sécurité Solaire Cette association a prévu de son côté les actions suivantes : - La poursuite des actions de communication sur l'indice UV (10 chaînes TV dont les principales chaînes généralistes, 50 radios, 15 supports de presse nationaux et régionaux), - Un «programme pédagogique» auprès des enfants de 3 à 15 ans (coffret édité avec la Ligue contre le Cancer, livres, CD Rom, fiches questions/réponses –diffusées par les opticiens-). Ces documents seront diffusés dans les centres de vacances et de loisirs. Il est prévu de réaliser 2000 coffrets, 500 CD Rom, 100 000 fiches, - Des formations pour des responsables de centres de vacances et de loisirs, d'animateurs, de comités départementaux d'éducation pour la santé, et de caisses primaires d'assurance maladie (100 à 200 personnes). II/ Mesures pour prévenir les risques d'exposition aux UV artificiels 1. Réaliser un état des connaissances scientifiques concernant les effets sur la santé de l'exposition aux UV artificiels Jusqu'à une période récente, il était admis que les UV artificiels (UVA) n'étaient pas réellement dangereux pour les utilisateurs de cabines de bronzage, dès lors que les conditions d'utilisation étaient conformes à un certain nombre de règles d'usage. Or, depuis quelques années, plusieurs publications internationales remettent en cause ce fait, démontrant que les UV artificiels étaient associés à un risque accru de développement de cancers cutanés, et notamment de mélanomes. Aujourd'hui, les dangers d'une exposition aux UV artificiels (UVA) ne peuvent plus être niés. La responsabilité du ministère de la santé et de la protection sociale est de définir le plus clairement possible ce que sont les risques, en fonction de l'utilisation des appareils, et quelles règles doivent être mises en place pour maîtriser ces risques. A cette fin, le ministre de la santé et de la protection sociale va saisir les trois agences de sécurité sanitaire compétentes, l'AFSSAPS, l'InVS et l'AFSSE, afin de mettre à jour les connaissances scientifiques sur les risques liés à l'exposition aux UV artificiels, et les recommandations nécessaires. Ces travaux s'appuieront sur tous les acteurs professionnels et scientifiques concernés. 2. Evaluer et s'assurer de la mise en oeuvre de la réglementation Aujourd'hui, les cabines de bronzage sont soumises à une réglementation précise, qui doit permettre de s'assurer que les conditions d'utilisation sont conformes à des règles de bonne pratique et de minimisation des risques pour la santé. Toutes les cabines doivent être déclarées et vérifiées par un organisme agréé. Cependant, il existe encore un certain nombre de salons de bronzage qui ne respectent pas cette réglementation, soit parce qu'ils n'ont pas déclaré leur activité et que leurs appareils ne sont pas contrôlés, soit parce qu'ils n'appliquent les règles d'information du public, d'interdiction d'accès aux mineurs, de port de lunettes de protection ou de présence effective d'un professionnel formé. 3. Informer les utilisateurs et la population sur les risques liés à l'utilisation de cabines et bancs solaires. Aujourd'hui, l'information des utilisateurs de cabine de bronzage concernant les effets sur la santé des rayonnements UV artificiels est beaucoup trop faible. Certains utilisateurs pensent encore que l'exposition aux UV artificiels pourrait avoir des vertus préventives sur l'exposition au soleil d'été : il faut dire que cela n'est pas exact. Statistiquement, l'exposition aux UV renforce le risque de dégradation de la peau et de cancers cutanés. Il faut rappeler que l'effet des UV est cumulatif et que l'excès de séances constitue un danger réel. 4. Renforcer la réglementation L'évolution des connaissances scientifiques sur les risques associés aux UV artificiels doit conduire à adopter un principe de précaution vis à vis de ces installations. En outre, il est nécessaire de renforcer le pouvoir de contrôle des administrations sur le respect des règles et des pratiques. Voilà pourquoi, à l'issue du bilan des connaissances scientifiques, le ministère de la santé et de la protection sociale étudiera une évolution possible de la réglementation concernant les cabines de bronzage. Cette évolution pourrait concerner trois points principaux :
|