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Mise au
point du Pr Beytout et du Dr Baud sur les possibles contaminations
infectieuses
Le 16 octobre 2001, Clermont Ferrand
Rédacteur Dr F. Girard
Tout d'abord, qu'est ce que l'anthrax ?
Il convient de bien préciser la définition française de l'anthrax
qui correspond à la coalescence de plusieurs furoncles à laquelle
s'associe un foyer nécrotique, d'où un aspect noirâtre et
le terme de charbon (anthrax en grec). Cette définition est
différente de l'anglosaxonne qui assimile furoncle isolé et
anthrax.
Sur quels critères un agent infectieux peut -il être considéré
comme dangereux ?
L'efficacité d'un agent infectieux repose sur la facilité
de sa voie de transmission, notamment interhumaine. Ainsi,
le virus de la grippe pourrait représenter un agent idéal
car très adapté à l'homme et très contagieux. Mais tous les
agents infectieux contre lesquels l'homme n'a pas développé
d'immunité naturelle et contre lesquels il n'existe pas de
vaccin sont potentiellement dangereux.
Quels autres agents peuvent représenter un danger en dehors
du charbon et de la variole ?
En fonction des remarques précédentes, on doit avouer qu'il
n'y a guère plus de chances que les français aient une immunité
naturelle vis à vis de la peste que vis à vis du charbon ou
de la variole. Les toxines botuliniques ont peu d'effet par
voie respiratoire, mais sont de redoutables poisons par voie
entérale. Il existe également des techniques biologiques peu
connues de transmission cutanée des divers agents infectieux.
Ces mêmes toxines botuliniques, tout comme les diphtériques,
peuvent être utilisées pour leur pouvoir neuroparalysant.
L'enterotoxine staphylococcique doit également être appréhendée
comme une arme biologique redoutable, les diarrhées très importantes
qu'elle déclenche générant une incapacité totale des sujets
concernés.
Quels sont les risques vitaux en cas de maladie du charbon
et de variole ?
La maladie du Charbon tue dans 50% des cas et la variole dans
30%.
Est-il facile de faire un diagnostic de maladie du charbon
?
La forme cutanée ne pose pas de problème de diagnostic, mais
la forme pulmonaire est assez peu différenciée et les images
radiologiques peuvent très facilement être assimilées à celles
d'une pneumopathie d'origine X.
Qu'en est-il du diagnostic positif d'une variole ?
Il est bien certain que les jeunes médecins n'ont pas vu de
variole puisqu'elle a disparu depuis une trentaine d'années
du territoire français. Il convient d'être très prudent face
à un tableau fébrile associant une altération importante de
l'état général et une douleur en coup de barre lombaire de
survenue précoce. En ce qui concerne l'éruption, elle se caractérise
par la survenue brutale, en un seul temps, d'éléments cutanés
qui n'épargnent ni les paumes, ni les plantes. Dans le doute,
il est bien sûr préférable d'hospitaliser les patients concernés.
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