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Le
saturnisme (2ème partie)
Sommaire
:
Définition
Sources
de contamination par le plomb
Physiopathologie
métabolisme
du plomb
toxicité
Signes
cliniques
saturnisme
aiguë
saturnisme
chronique
personnes
à risque
Diagnostic
Traitement
Législation
Pour en savoir plus
Diagnostic
- Interrogatoire
pour reconnaître les facteurs de risque et rechercher
les sources possibles de contamination
- Examen clinique : il est assez souvent négatif.
Il permet de découvrir une pâleur cutanéomuqueuse,
un ballonement abdomidal, une corde colique gauche, des troubles
du comportement et un retard dans les acquisitions psychomotrices.
- La plombémie qui correspond au taux de plomb
dans le sang. C'est le marqueur essentiel de l'intoxication
par le plomb. Son dosage permet de confirmer une exposition
récente au plomb et de la classer dans l'une des 6
classes de la classification du Center for Diseases Control
(CDC). La limite se situe entre 60 et
80 µg / 100 ml . Au delà, on considère qu'il
y'a imprégnation pathologique ou exposition dangereuse.
Le dosage de la plombémie nécessite un prélèvement
veineux et requiert une technique basée sur la spectrophotométrie
d'absorption atomique. Des techniques non invasives par fluorescence
X mesurent au niveau du tibia ou des phalanges l'accumulation
du plomb dans le tissu osseux. De même, les taux de
plomb dans les dents ou les cheveux sont des marqueurs rétrospectifs
d'exposition réelle.
-
Un hémogramme est souhaitable à la recherche
d'une anémie hypochrome microcytaire
- Dosage de la protoporphyrine-zinc sanguine, de l'ALA
urinaire et de la plomburie spontanée ne sont pas
indispensables
Après
confirmation biologique du diagnostic il
convient d'apprécier l'ancienneté et les conséquences de l'intoxication
chez l'enfant : bilan biologique sanguin (ferritinémie), rénal
(créatininémie, protéinurie par bandelette), radiographie
des genoux à la recherche de bandes claires métaphysaires
témoignant de l'accumulation de plomb au niveau des cartilages
de conjugaison, évaluation du développement psychomoteur.
Traitement
Il
doit comporter d'une part l'élimination du plomb sous
une forme non toxique et d'autre part un traitement symptomatique
destiné à atténuer ou à guérir
les accidents déclarés.
- Traitement
spécifique : il est fondé sur le principe
de la fixation du plomb sous une forme non toxique et à
son élimination sous contrôle méthodique.
Pour celà, on dispose de chélateurs capables
de mobiliser le plomb fixé dans les tissus. Actuellement,
il y'a trois agents chélateurs efficaces dans le traitement
du saturnisme :
> le BAL (British
anti-Lewisite) ou Dimercaprol administré par voie intramusculaire
stricte et mobilisant de préférence le plomb
des tissus mous.
Posologie : 3mg/Kg et par injection - 6 fois/jour pendant
2 jours - 4 fois/jour le 3ème jour puis 2 fois/jour
pendant 10 jours.
> l'EDTA calcique
administré par perfusion lente en une heure, actif
sur le plomb osseux.
Posologie : 1 gramme dilué dans 250 ml de soluté
isotonique glucosé ou salé - 1 à 2 fois/24
heures (cure de 3 à 5 jours à répéter
après une intervalle de 7 jours).
> le DMSA (acide dimercaptosuccinique)
qui est un chélateur oral. Il est depuis peu sur le
marché français et favorise préférentiellement
comme le BAL l'excrétion du plomb à partir des
tissus mous.
- Traitement
symptomatique : pour les douleurs abdomidales, on peut
utiliser l'injection intra-veineuse lente d'atropine ou de
la chlorpromazine par voie intra-musculaire ou une perfusion
de soluté glucosé isotonique. Pour les accidents
neurologiques, rénaux, on utilise des méthodes
classiques non particulières au saturnisme.
Législation
- Avril
1993 : création du Comité technique Plomb
par le Ministère de la Santé.
- Circulaire du 1er décembre 1993 (circulaire DGS/VS3.SP2/93/N°73)
: la Direction Générale de la Santé préconise l'extension
à tous les départements français du dépistage des enfants
intoxiqués au plomb, et débloque une enveloppe de 14 millions
de francs pour développer au niveau départemental des politiques
de lutte contre le saturnisme infantile. En 1994, vingt-trois
programmes départementaux débutent
- Circulaire du 6 décembre 1993 complètant la circulaire
DGS/VS3.SP2/93/N°73 de la DGS : rappelle les modalités
d'une mise en oeuvre d'un programme de rénovation de l'habitat.
- Janvier 1995 : mise en place d'un système national
de surveillance du saturnisme par la DGS
- Avril 1995 : interdiction de l'utilisation du plomb au
niveau des canalisations
- Ao ût 1997 : interdiction de l'utilisation du plomb
au niveau des brasures
- 13 janvier 1999 : Allocution de Bernard Kouchner qui annonce
pour l'habitat que la loi d'orientation contre les exclusions
prévoit de nouvelles mesures pour lutter contre le saturnisme
à savoir la mise en place d'un plan de prévention
du saturnisme dans chaque département (plan intégré dans
le cadre des programmes régionaux pour l'accès à la prévention
et aux soins prévus par la loi d'orientation contre les exclusions
du 29 juillet 1998). Elaborés sous la responsabilité des préfets,
ces plans associeront obligatoirement les collectivités locales,
les représentants du corps médical, les organismes d'assurance
sociale et les associations travaillant auprès des personnes
défavorisées. La mise en place du dossier médical de liaison
entre les services départementaux de PMI et les services de
promotion en faveur des élèves favorisera un meilleur suivi
des enfants. Tout médecin dépistant un cas de saturnisme
devra en informer le médecin de la DDASS ou le médecin
responsable de PMI.
D'autre part, les critères déterminant le risque d'intoxication
au plomb seront fixés par décret en Conseil d'Etat en application
de la loi d'orientation contre les exclusions. Un seuil
de 150 µg/l est instauré par arrêté comme
seuil de déclenchement des mesures d'urgence. Dans les
zones à risque arrêtées par le préfet, après consultation
du Conseil Départemental d'Hygiène et du Conseil Municipal,
un état des risques d'accessibilité au plomb sera réalisé
à l'occasion de toute transaction immobilière portant
sur les immeubles ou parties d'immeubles construits avant
1948.
- Décret n° 99-363 du 6 mai 1999 : la liste des "maladies
faisant l'objet d'une transmission obligatoire de données
individuelles à l'autorité sanitaire" est élargie
à : infection aiguë symptomatique par le virus de l'hépatite
B, infection par le virus de l'immunodéficience humaine,quelque
soit le stade, suspicion de Creutzfeldt-Jakob et saturnisme
chez les enfants mineurs.
Textes de
loi
Code
de la santé publique - Mesures d'urgence contre le
saturnisme
Loi n° 98-657 du 29 juillet 1998 art. 123 2° Journal Officiel
du 31 juillet 1998
Voir le document
Code
de la santé publique - Salubrité des immeubles
Dispositions générales art. 26 à art. 32
Voir le document
Mesures
d'urgence contre le saturnisme prévues aux articles L. 32-1
à L. 32-4 du code de la santé publique et modifiant le code
de la santé publique (deuxième partie : Décrets en Conseil
d'Etat)
Décret no 99-483 du 9 juin 1999
J.O. Numéro 133 du 11 Juin 1999 page 8544
Voir le document
Mesures
d'urgence contre le saturnisme prévues à l'article L. 32-5
du code de la santé publique et modifiant le code de la santé
publique (deuxième partie : Décrets en Conseil d'Etat)
Décret no 99-484 du 9 juin 1999
J.O. Numéro 133 du 11 Juin 1999 page 8545
Voir le document
Pour
en savoir plus
Le
saturnisme infantile
Définition - Quelques repères historiques -
Bibliographie très dense (rappel des définitions
et des effets du plomb sur la santé, épidémiologie,
populations exposées, dépistage, prévention
et éducation sanitaire, amélioration de l'habitat,
l'expérience américaine).
Dossier bibliographique réalisé par Chantal
Lheureux - Centre de documentation en Santé Publique
de la faculté Saint-Antoine, Paris.
Voir le document
Saturne
Sud
Le Réseau Saturne Sud est un réseau de dépistage
et de prévention du saturnisme chronique de l'enfant.
Il a pour mission d'aider les professionnels de santé à repérer,
diagnostiquer et prendre en charge les enfants atteints de
saturnisme infantile.
Voir le document
Lutte
contre le saturnisme
Les mesures d'urgence visant à répondre à un risque d'intoxication
par le plomb, les travaux, la délimitation des zones
à risque, textes de loi et adresses utiles.
Voir le document
Surveillance
du saturnisme infantile en France - Bilan des activités de
dépistage
L'intoxication par le plomb, risque connu depuis longtemps,
en particulier en médecine du travail, a vu un regain d'actualité
ces vingt dernières années, suite à la découverte de cette
pathologie chez l'enfant et parce que les niveaux d'exposition
reconnus comme dangereux pour la santé sont de plus en plus
bas.
Document réalisé par Martine LEDRANS (Réseau National de Santé
Publique) et Jocelyne BOUDOT (Direction Générale de la Santé).
Voir le document
Saturnisme
chronique de l'enfant
Introduction, les effets pathogènes, les sources de
contamination, les enfants à risque, signes d'alerte,
démarche diagnostique, prise en charge
Par les Pr Jean-Louis BERNARD, pédiatre à Marseille
et Pr Pierre COCHAT, pédiatre à Lyon - 1997. Voir le document
Intoxication
professionnelle par le plomb
Conditions et circonstances d'apparition, physiopathologie,
description clinique, traitement, aspect médico-légal.
Par l'Institut Universitaire de Médecine du Travail
de Rennes, 1997.
Voir le document
Enquête
sur le saturnisme infantile dans les logements anciens des
Yvelines
Le saturnisme est un problème ancien redécouvert en 1985 à
Paris; quelques cas d'enfants hospitalisés, sérieusement atteints,
ont attiré l'attention. Les recherches effectuées à Paris
ont mis en évidence des cas d'enfants intoxiqués par les anciennes
peintures au plomb dans leurs logements.
Bulletin épidémiologique hebdomadaire N°
8 / 1999 du 23 février 1999.
Voir le document
Intoxication
par le plomb
Introduction, étiologies, métabolisme, physiopathologie,
toxicité aiguë, toxicité chronique, diagnostic
biologique, traitement des intoxications, réglementation
- réparation.
Consultation du Corpus medical. Par le Dr Anne Maître
- 1999.
Voir le document
Saturnisme
infantile
Définition, quelques dates, liens utiles, sources du
plomb, population à risque, effets pathogènes,
traitements, dépistage et quelques chiffres en Ile
de France, pour en savoir plus.
Par le centre régional d'éducation pour la santé
d'Ile de France.
http://www.cresif.org/promot/themes/saturn.htm
Dossier
réalisé par Elisabeth
Faure
Décembre 2000
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