Le diéthylstilbestérol prévient l’ostéoporose observée dans la thérapie anti-androgénique du cancer de la prostate

Le diéthilstilbestérol (DES), un ancien traitement de déprivation androgénique, pourrait reprendre du service dans le traitement du cancer de la prostate, car il éviterait le phénomène d’ostéoporose observé dans les traitements conventionnels à base d’agonistes de la LHRH ou bien d’anti-androgènes non stéroïdiens, selon une étude publiée dans Journal of Urology.

Douglas Scherr et ses collaborateurs du New York Presbyterian Hospital-Cornell Medical Center à New York, ont évalué durant 18 mois la déminéralisation osseuse de 54 patients avec un cancer prostatique localisé, ainsi que 24 hommes avec une hyperplasie prostatique bénigne (PBH).

Parmi les hommes avec un cancer, 10 ont bénéficié d’une radiothérapie seule, 20 autres ont reçu en plus une monothérapie de DES (1 mg/j) et les 14 autres ont reçu un agoniste de la LHRH de manière additionnelle ou bien après une orchidectomie. Aucun des hommes avec une PBH n’a reçu de thérapie hormonale.

Tous les patients ont eu régulièrement des prises de sang et des échantillons urinaires à fournir, pour doser la testostérone, l’œstradiol et le collagen type I N-télopeptides (CNT), un marqueur du métabolisme osseux (mesuré d’après le rapport CNT urinaire/créatinine urinaire, CNT/C).

Il y a eu une augmentation significative du rapport CNT/C chez les patients sous thérapie anti-androgénique non traités par le DES (p<0,05). Les effets oestrogéniques du DES ont protégé de la déminéralisation osseuse, avec chez les patients sous DES, un taux de déminéralisation ne dépassant jamais celui des hommes avec une PBH ou celui de ceux sans déprivation androgénique.

Les taux moyens de testostérone ont été de 287ng/dL dans le groupe BPH et de 340 ng/dL dans le groupe de radiothérapie, alors qu’ils ont été de 24 ng/dL chez les hommes sous DES seul et de 11 ng/dL chez ceux recevant du DES avec de la LHRH.

Ces résultats indiquent selon leurs auteurs que le DES 1 mg seul ou en association avec d’autres anti-androgéniques, permet de prévenir le recyclage et la résorption rapides de l’os. Les auteurs préconisent le DES en monothérapie anti-androgénique à long terme.

Source : J Urology 2002;167:535-8

PI

Descripteur MESH : Androgènes , Prostate , Tumeurs de la prostate , Hommes , Patients , Radiothérapie , Testostérone , Association , Hyperplasie , Métabolisme , New York , Orchidectomie , Recyclage , Sang

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