La
maladie de Lyme ou Borréliose de Lyme (1/3)
Rédacteur : Florence
Campagne
Mise à jour : Christiane
Perbet, ao ût 2001
Introduction
Définition
La borréliose de Lyme est une
maladie infectieuse transmise
à l'homme par un vecteur : une
tique dure du genre Ixodes.
Historique
Ce n'est qu'en 1982 aux Etats-Unis
qu'une étiologie infectieuse a été attribuée aux nombreux
cas d'arthrite observés quelques
années plus tôt dans la région de Lyme, dans le Connecticut.
Willy Burgdorfer découvrait la présence de la bactérie responsable,
le spirochète Borrelia Burgdorferi,
dans le tube digestif d'une tique.
Le
vecteur
Il existe plusieurs
espèces d'Ixodes vecteurs.
En France, Ixodes ricinus est
la tique qui infeste le plus fréquemment les humains.
Selon la lattitude les biotopes dans lesquels on trouve Ixodus
Ricinus varie : prairies en Irlande,
forêt en Europe continentale,
montagnes en Afrique du Nord.
En Europe continentale on peut accidentellement rencontrer
des Ixodes Ricinus en milieu ouvert.
Agent
infectieux
Le genre Borrelia est une
bactérie de forme hélicoïdale qui comporte une vingtaine
d'espèces, toutes transmises par des arthropodes vecteurs
(poux, tiques, etc.).
Trois espèces de bactéries responsables
de la maladie de Lyme, co-existant en
Europe, ont été décrites à l'Institut Pasteur, dans
l'Unité de Bactériologie Moléculaire et Médicale.
Elles semblent provoquer des manifestations cliniques différentes
chez l'homme : Borrelia burgdorferi
sensu stricto (seule espèce présente aux Etats-Unis)
entraîne préférentiellement des arthrites,
Borrelia garinii est plutôt associée à des symptômes
neurologiques et Borrelia afzelii
à des manifestations cutanées.
Seules trois espèces sont reconnues pathogènes, mais beaucoup
de génoespèces de borrélies ont été
décrites à l'Institut Pasteur dont peu ont été
reconnues comme espèce.
Le réservoir de Borrelia
burgdorferi est très vaste : il est constitué de mammifères
sauvages (rongeurs, cervidés), d'oiseaux,
d'animaux domestiques
(chiens, chevaux, bétail) et de tique
(transmission transovarienne possible).
L'Homme est un hôte accidentel, contaminé par la morsure de
tiques infectées.
Epidémiologie
La borréliose de Lyme apparaît
aujourd'hui comme la maladie à vecteur la
plus fréquente dans l'hémisphère Nord (de la partie
la plus occidentale de l'Europe au Japon, et de la Scandinavie
à l'Afrique du Nord).
D'après certaines études, 60
% à 90 % des tiques seraient porteuses de la bactérie
en certains endroits, mais la plupart des études montrent
des prévalences plus faible (cf. EUCALB).
Aux Etats-Unis,
où 90% des cas sont recensés dans les états de la côte Est,
près de 10 000 cas sont signalés chaque année.
En France l'incidence moyenne
serait, selon une étude faite à partir d'un réseau de médecins
sentinelles, de 16,5 pour 100.000
(Dournon et coll.1989).
En Belgique, on décrit plus de
500 nouveaux cas de borréliose caractérisée chaque année (Godfroid
et al., 1995).
Les taux d'incidence en Europe semblent présenter un gradient
croissant d'ouest en est, bien que des poches de forte
endémie puissent s'observer dans des régions de faible ou
moyenne endémie, ainsi en France 40
cas pour 100.000 habitants ont été observés dans le Berry-Sud
(Christian et coll.1996).
Symptômes
Les manifestations cliniques
:
1
- Manifestation primaire
Au stade primaire survient une lésion cutanée, 3 à 30 jours
après la morsure, l'érythème migrant
chronique de Lipschutz (EMC). C'est une lésion annulaire,
non inflammatoire, peu ou pas prurigineuse, centrée par le
point de piqûre, plus claire dans la partie interne qu'en
bordure et qui évolue de façon centrifuge, pouvant atteindre
jusqu'à 10 cm de diamètre.
Cet EMC se voit dans 50% des cas.
Il disparaît spontanément, sans traitement, après 3 à 4 semaines.
Asthénie, fébricule (petite fièvre),
céphalées ou myalgies (douleurs musculaires) peuvent survenir
lors de cette phase.
2 - Manifestations secondaires
Troubles neurologiques : Méningite
lymphocytaire, parfois isolée ou associée à :
- Douleurs radiculaires
- Troubles de la sensibilité
- Atteinte des nerfs périphériques et crâniens (syndrome de
Garin-Bujadoux-Bannwarth)
Troubles Cardiaques :
- Troubles de la conduction
- Péricardite
Troubles articulaires :
- Oligoarthrite régressive
3
- Manifestations tertiaires
Le stade tertiaire qui peut survenir 10
ans après la morsure, regroupe des lésions rhumatologiques,
dermatologiques et neurologiques
:
- Encéphalomyélite progressive
- Dermatite chronique atrophiante
- Arthrite chronique destructive
Traitement
Le traitement
consiste à absorber des antibiotiques
: Il est parfois nécessaire d'intervenir chirurgicalement
sur les articulations atteintes.
Une fois identifiée, et en dehors des
cas d'atteinte neurologique ou cardiaque justifiant
une hospitalisation, sous traitement adapté, la maladie de
Lyme reste bénigne.
Vaccin
Le vaccin, commercialisé en
1999 aux Etats-Unis par développé par la firme SmithKline
Beecham, ne protège que contre la seule
espèce pathogène présente aux Etats-Unis, B.burgdorferi,
et pas contre les deux autres qui circulent en Europe, I.garinii
et I.afzelii.
Son administration ne concerne que les
personnes entre 15 et 70 ans et son
efficacité (85%) n'est acquise qu'après la troisième
injection (les deux premières se font à un mois d'intervalle,
la troisième 12 mois après la première).
Un vaccin susceptible de protéger les
européens, qui devra être efficace contre les trois
espèces qui les menacent, est en cours
d'investigation.
Prévention
- conseils aux patients
Les tiques se trouvent sur
les herbes ou dans les arbres et s'accrochent sur un hôte
potentiel quand elles sentent sa présence. Dès
qu'elles se trouvent sur la peau, elles fixent leurs machoires
et commencent un repas de sang. La période de contamination
est de mai à octobre. La
larve, la nymphe et l'adulte peuvent contaminer l'homme.
- précautions à
prendre pour éviter d'être contaminé.
Il est conseillé au cours de promenades en forêts
ou dans les champs :
- de porter des vêtements longs, des chaussures fermées
pour éviter que les tiques se fixent sur la peau.
- de porter des vêtements clairs pour localiser les
tiques plus facilement
-
d'utiliser des répulsifs
- au retour de se débarrasser rapidement des tiques fixées
à la peau et se trouvant sur les vêtements.
- comment
extraire les tiques si vous en trouvez
Le risque de contamination est plus grand à partir
de 12 heures de contact avec le tique, il est donc essentiel
de le retirer le plus tôt possible.
La tique doit être extraite à l'aide
d'une pince à épiler en évitant de l'écraser,
ce qui augmenterait les risques de contamination.
Il a été déconseillé d'appliquer tout produit
(éther, pétrole,…) qui risquait de faire régurgiter
la tique et d'accroître ainsi le risque d'infection,
bien qu'une étude récente en Allemagne ait montré
que l'application de produit n'aurait
aucune influence sur le risque d'infection par B. Burgdorferi
(O. Kahl).
- aller
consulter si vous avez une auréole rouge (ou érythème
migrant) qui évolue, même si vous n'avez pas
vu de tique à cet endroit.
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